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?Les pressions exercées sur l?offshore ont dévié l?attention des vrais enjeux?
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?Les pressions exercées sur l?offshore ont dévié l?attention des vrais enjeux?
Quelles sont les attributions principales de l?Offshore Institute (OI) ?
L?OI a pour vocation de promouvoir la formation et l?éthique au sein de l?industrie des services financiers. Le secteur a connu beaucoup de changements au cours de ces dernières années. Tant qu?il y aura des individus ayant des grosses fortunes et des entreprises engagées dans des transactions transfrontalières, nous aurons besoin de centres financiers compétitifs avec des prestataires professionnels bien formés.
L?institut parraine des programmes d?éducation et de formation destinés à l?industrie internationale des services financiers. Aussi, nos membres sont tenus de se conformer à notre code d?éthique qui gouverne, entre autres, le respect du client, des confrères, de la loi et des règlements.
L?éducation et l?éthique sont les principaux piliers des juridictions offshore.
Comment se positionner par rapport aux forces de compétition qui agissent sur les centres financiers à travers le monde ?
La manière dont une juridiction s?adaptera aux mutations qui s?opèrent dans les centres financiers à travers le monde déterminera sa résistance et sa solidité. La façon de conduire les affaires a beaucoup changé durant ces dernières années. Nous avons évolué à partir d?un type de juridiction qui est indépendant et sovereignty-based à une juridiction qui, de plus en plus, est basée sur la transparence, l?interdépendance et la coopération entre les différents centres.
Il est donc primordial de tenir compte de ces nouvelles exigences. L?éducation des cadres des secteurs privé et public est essentielle dans ce secteur d?activités. Elle peut agir comme un facteur catalyseur pour faciliter l?adaptation à ces changements.
Quelles sont les perspectives pour Maurice dans ce domaine ?
Maurice a la chance d?avoir une main-d??uvre éduquée. Vous avez les infrastructures nécessaires telles que l?université de Maurice pour poursuivre dans la voie de la formation dans les services financiers. Il y a des efforts qui sont entrepris par le gouvernement, mais aussi par la Financial Services Commission (FSC), la Financial Services Promotion Agency (FSPA) et les professionnels concernés.
Il faut concevoir des programmes de formation qui correspondent aux nouvelles attentes de ce secteur. Outre des gens formés ? entre autres ressources clés ? le pays dispose également d?un réseau de traités de non-double imposition. Ces traités servent très utilement les besoins sophistiqués de planification en matière de fiscalité internationale des entreprises et des individus.
Votre bilinguisme est un atout. Vous avez aussi une combinaison unique du common law et du droit civil. Ce sont là des avantages sur lesquels vous devriez capitaliser.
J?ai eu l?occasion de rencontrer les dirigeants politiques mauriciens durant mon séjour ici. Je crois qu?ils ont la volonté de voir émerger un partenariat solide et fructueux entre la FSC, la FSPA, les institutions éducatives et le secteur privé.
Je me ferai un devoir de préciser que le secteur privé doit s?efforcer d?amener le secteur offshore au sein de la mainstream economy. Il doit, par exemple, appliquer les mêmes principes de base en termes de business policy et de planification stratégique qu?il aurait appliqués aux sociétés, fonds d?investissement ou trust domiciliés dans le secteur onshore.
Quelles sont les conditions qui doivent être réunies pour passer à des services financiers offshore à haute valeur ajoutée ?
Il faut se dire que la juridiction mauricienne offre déjà des services sophistiqués tels que l?international tax planning. Il y a des centres financiers qui n?offrent que des services d?enregistrement des entités offshore. Ici, il y a des services qui sont offerts sur des plates-formes très sophistiquées.
Le gouvernement doit toutefois revoir sa stratégie de développement s?il veut davantage de services à haute valeur ajoutée. Il faut s?adapter aux changements dans le paysage financier international. Il y a des pressions supranationales qui agissent sur l?industrie des services financiers. Et le gouvernement et le secteur privé doivent trouver des moyens d?influencer ces nouvelles donnes. La formation professionnelle dans certains domaines techniquement très complexes est un des meilleurs moyens de passer à une étape supérieure de sophistication.
L?industrie des services financiers doit développer des programmes d?éducation qui soient axés sur la communauté générale et non pas exclusivement sur les professionnels. Il faut impliquer toute la communauté dans ce processus. Le gouvernement pourra alors bénéficier de son soutien dans ses efforts de promouvoir les services financiers en tant qu?un des principaux piliers de la croissance. Aussi longtemps que la population dans son ensemble se tiendra à l?écart des développements qui se font dans les services financiers, elle n?aura aucun intérêt à soutenir la stratégie de développement.
Les programmes d?éducation touchant aux services financiers démarrent à partir du niveau pré-universitaire. C?est une façon très fiable de susciter l?intérêt des jeunes pour les professions en question. C?est là le moment de les amener à réaliser qu?ils peuvent aspirer à une carrière au sein de l?industrie des services financiers.
Les institutions éducatives concernées devront aussi réfléchir à une articulation académique portant sur l?organisation des cours de formation menant à des diplômes de deuxième et de troisième cycles. En même temps, il faudrait avoir une politique de formation continue destinée aux professionnels.
Outre la formation, quelles sont les autres aspects d?un bon produit financier ?
Tous les partenaires concernés doivent pouvoir apprécier la nature même du produit financier par rapport à l?industrie internationale des services financiers. Il faut bien comprendre la signification des relations fiduciaires entre le prestataire des services et le bénéficiaire. Cette relation est basée sur la confiance.
Cette relation censée être basée sur la confiance n?est-elle pas remise en question avec les exigences du ?customer due diligence?, par exemple ?
Je ne crois pas que cette relation soit remise en cause. Je pense plutôt que les pressions qui sont exercées sur l?industrie ont quelque peu dévié l?attention des vrais enjeux. Les régimes d?anti-money laundering et de conformité aux règles doivent coïncider avec cette relation. Il ne faut surtout pas oublier que notre métier consiste à vendre des produits basés sur la confiance.
Nous retrouverons-nous dans une situation qui opposerait la régulation aux impératifs de la compétitivité de l?industrie ?
Je ne crois pas que vous auriez souhaité être dans un centre financier qui soit peu réglementé, donc peu crédible aux yeux de la communauté internationale. Avoir des systèmes de régulation robustes est une bonne chose. Cependant, ils doivent correspondre tant aux besoins domestiques qu?aux meilleures pratiques internationales.
Il est beaucoup question ces derniers temps qu?il y ait un ?level playing field? sur le marché international en termes d?adhésion aux normes de régulation et de supervision financière?
Les centres financiers comme celui de Maurice doivent s?assurer que les législations et les règles auxquelles ils se conforment sont également appliquées aux pays de l?Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE). Autrement, les juridictions qui ne font pas partie de l?OCDE sont nettement pénalisées dans un contexte de concurrence internationale. On ne peut jouer un match de foot quand les deux adversaires sont sujets à des règles et à des traitements différents.
Les pays de l?OCDE définissent, très souvent, les régimes de régulation financière auxquels les pays moins développés doivent adhérer. Toutefois, il se peut qu?ils ne s?y conforment pas eux-mêmes.
Propos recueillis par Akilesh ROOPUN
?Les centres financiers doivent s?assurer que les règles auxquelles ils se conforment sont également appliquées aux pays de l?Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE). Autrement, les juridictions qui ne font pas partie de l?OCDE sont nettement pénalisées dans un contexte de concurrence internationale.?
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