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Ambiance : attentes et soulagement
Il est 14 h 15 lundi dans la salle de réunion de la Plantation House, à Port-Louis. Le gratin du monde des affaires attend le premier discours que Pravind Jugnauth adressera au secteur privé. Tous les représentants des sphères les plus importantes de l?économie sont présents. La salle est comble, l?appréhension se lit sur les visages. Pravind Jugnauth arrive vers 14 h 25, encadré par les hauts cadres de son ministère, notamment Ayub Nakhuda, son secrétaire financier. Gilbert Espitalier-Noël et Raj Makoond l?attendent à l?entrée de la Plantation House. Une chose est sûre, l?invité est de marque et l?événement hors du commun.
C?est en effet la première fois qu?un ministre des Finances se déplace à la Plantation House, lieu symbolique s?il en est du pouvoir économique du secteur privé.
L?ascenseur tarde à arriver, pas la peine d?attendre? Pravind Jugnauth demande à monter au troisième étage à pied. Il est suivi par les dirigeants du Joint Economic Council et son staff. Arrivé dans la salle de réunion, le sourire et le bonjour que le ministre des Finances adresse à son auditoire sont un peu crispés.
Le discours de Gilbert Espitalier-Noël dure trois minutes, celui de Pravind Jugnauth en dépassera 15. Dans la salle, Mahmood Cheeroo, de la Chambre de commerce, Moukeshwar Gopal, de la Mauritius Export Processing Zone Association, et Aisha Timol, de la Mauritius Bankers Association, sont très attentifs. Le style de Jugnauth tranche avec celui de Bérenger. Il est moins théâtral, plus dans le genre d?un exposé fait par un élève studieux. D?un ton uniforme, il développe son approche. Pas d?innovation majeure au programme, mais des garanties sont données. La situation macroéconomique est dans l?orange ? le rouge disent certains ? le ministre des Finances se doit donc de rassurer et c?est ce qu?il fait.
Pravind Jugnauth promet que la dette publique va être réduite, que l?investissement sera relancé et que l?inflation sera contrôlée. Quand il aborde les sujets qui pourraient fâcher, comme une hausse ou un réaménagement du cadre fiscal à Maurice, il prend bien soin de rassurer son auditoire. Il reviendra ainsi plusieurs fois sur la fiscalité pour expliquer que les réformes viserontà créer un cadre plus égalitaire et qu?elles n?alourdiront pas le fardeau fiscal des contribuables.
Achevant son discours, Pravind Jugnauth paraît soulagé. Dansl?auditoire, on ne fait pas grise mine et ça le réconforte. C?est vrai qu?il avait choisi son entrée en matière en expliquant que le secteur privé est le partenaire privilégié du gouvernement et qu?à ce titre,le ministre des Finances se devait de lui réserver la priorité dans son orientation économique.
Après le discours, Gilbert Espitalier-Noël met fin à la rencontre.Le ministre des Finances passe alors une demi-heure avec ses hôtes autour d?une tasse de thé avant de traverser la rue pour regagner l?hôtel du gouvernement.
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