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Une meilleure coordination pour lutter contre la pauvreté
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Une meilleure coordination pour lutter contre la pauvreté
Lorsque Roland Marie et Vivianne Selam, deux SDF qui dorment à la belle étoile à Beau-Bassin, auront leur propre maison grâce à un Prêt épargne Logement (PEL), la pauvreté n?aura pas été vaincue pour autant. Maurice n?aura pas encore trouvé de solutions à un de ses plus grands défis sur ce plan : le manque de coordination entre les agences qui luttent contre la pauvreté.
La liste des organisations qui ont participé à une journée portes ouvertes pour célébrer la Journée pour l?éradication de la pauvreté en témoigne. Elles étaient une quinzaine qui d?une façon ou d?une autre sont directement engagées dans la lutte contre la pauvreté et l?exclusion.
Cette carence dans la lutte contre ce fléau à Maurice préoccupe l?Union européenne qui financera à hauteur de Rs 150 millions un nouveau programme de lutte contre la pauvreté et l?exclusion.
« Chaque jour, l?action de Maurice est dans cette lutte prend de l?ampleur. Il existe toutefois une dispersion des actions », a indiqué Carlos Rey, le commissaire de l?Union européenne à Maurice.
Les remarques de Darma Mootien, président du Fonds pour l?intégration sociale des groupes vulnérables sont plus lapidaires.
« Nous ne manquons pas de volonté politique, de moyens financiers, de ressources humaines pour lutter contre la pauvreté. Le plus gros obstacle est le manque de coordination. Il y a de nombreuses organisations non gouvernementales qui d?une façon ou d?une autre s?occupent des pauvres. Ce manque de coordination aboutit à une dispersion d?énergies et à un gaspillage de ressources humaines et financières.»
Jusqu?ici, plus de 430 créateurs de petits projets ont bénéficié de l?aide financière de la Banque de développement, pour un montant global de Rs 11 millions.
Une approche cohérente
Pour faire reculer ce manque de coordination, Darma Mootien se dit en faveur de la mise en place d?un institut d?études sociales pour assurer une véritable formation professionnelle des travailleurs sociaux.
Carlos Rey souhaite quant à lui une approche plus cohérente dans le combat contre la pauvreté.
Yousouf Dauhoo qui est le président de SOS Pauvreté estime qu?il faut une action globale. « Le pays aurait dû être divisé en plusieurs régions. Chaque région aurait eu son propre plan d?action qui tiendrait compte de sa spécificité. Il faut effectuer une étude des besoins des pauvres dans chacune de ces régions. C?est alors qu?on sera en mesure de mieux répartir les aides. »
Dana Chengan, président du Mauritius Council of Social Services, partage en partie l?approche de Yousouf Dauhoo. « Il faut réaliser une enquête au niveau de chaque région. Elle servira à l?élaboration d?une stratégie spécifique. Il faut connaître les besoins des nécessiteux avant de fixer les priorités d?une lutte contre la pauvreté. »
Pour le président de Caritas île Maurice, Gaëtan Leclézio « le gouvernement doit prendre l?initiative d?approcher les organisations non gouvernementales pour une meilleure coordination des actions en faveur des pauvres ».
De l?avis d?Alain Franchon, président de l?ATD Quart Monde, l?approche doit changer. « Il ne sert à rien d?apporter de l?aide aux pauvres sans leur participation active dans le processus de l?aide qu?on veut leur apporter. Car les pauvres sont les premiers à detenir des connaissances sur leur situation. Il faut un partage de savoir entre ceux qui apportent de l?aide et les bénéficiaires ».
En tout cas, ce manque de coordination n?a pas empêché le pays d?améliorer sa performance dans le développement humain. Maurice est ainsi passée de 67e à la 62e place dans le classement établi par le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) concernant le développement humain.
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