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La fin d?une époque

17 octobre 2003, 20:00

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C?est un dossier ficelé par l?Icac qui a abouti hier à l?arrestation de l?assistant commissaire de police, Oozagheer Sunneechurra, pour des faits présumés de corruption. La justice établira, avec sa rigueur habituelle, si le prévenu est coupable ou non du délit qui lui est reproché. Mais, déjà, avec le développement intervenu hier, la commission anti-corruption a démontré qu?elle sait agir avec discrétion et efficacité.

Les premiers éléments de cette saga ont été exposés dans l?express du 1er mars dernier. Après avoir mené une enquête sur des allégations faites par des employés se disant lésés par l?hôtel Oberoi, notre journaliste Shyama Soondur se posait la question : « Oozagheer Sunneechurra, chef du Central Criminal Investigation Department, aurait-il commis un impair en acceptant un séjour gratuit à l?Oberoi alors que son département était saisi d?une affaire concernant l?hôtel ? »

Par la suite, les employés concernés ont fait une déclaration écrite sous serment pour formuler des allégations graves contre l?officier du C CID. A partir de là, la machinerie de l?Icac s?est mise en marche et le résultat a été la poursuite intentée hier. La commission anti-corruption, instituée sous le Prevention of Corruption Act 2002, est parfaitement dans son rôle quand elle s?intéresse à la corruption alléguée des fonctionnaires. Sans préjuger de l?affaire Sunneechurra, on peut dire que le traitement de ce dossier par l?Icac peut, en soi, mettre un frein à l?abus de la charge publique à des fins d?enrichissement personnel. L?impunité n?est plus garantie pour les véreux.

Au terme de son enquête, conduite sans faire de vagues cette fois, l?Icac a été en mesure de convaincre le commissaire de police qu?elle possède des éléments vérifiables constituant des preuves du délit allégué. C?est essentiellement ce genre d?investigation qui est attendu de l?Icac. Elle a sans doute mobilisé des moyens à la hauteur de la gravité de l?affaire pour parvenir au résultat d?hier.

Les preuves ne sont pas faciles à rassembler dans les affaires de corruption et cela explique, en partie, la raison pour laquelle le fléau s?est beaucoup étendu en l?absence d?une institution spécialisée. De par sa nature, l?Icac est mieux équipée que la police pour enquêter sur la fraude, là où les pratiques de « la monnaie dithé » sont passées dans les m?urs.

Depuis quelque temps, l?Icac a initié, toujours dans une grande discrétion, une enquête sur les pratiques douteuses aux centres de vérification des véhicules. Personne ne sait encore quelle sera la conclusion de cet exercice mais, d?ores et déjà, on peut dire qu?il tient parfaitement compte d?une forte perception publique à propos des lieux où un contrôle était nécessaire. Des informations sidérantes seraient mises au jour si les fonctionnaires de certains services étaient amenés à déclarer leurs fortunes.

Cependant, l?Icac doit se garder de donner l?impression de ne s?attaquer qu?aux petits poissons, au menu fretin. Il y a plusieurs catégories d?officiers qui ont su bénéficier jusqu?ici d?un climat, disons, favorable aux affaires. Certains des conseillers qui arpentent les couloirs du pouvoir ainsi que des professionnels de grande envergure qui sont employés dans la Fonction publique ont profité de leur statut privilégié pour s?enrichir illégalement. L?affaire Sunneechurra devrait signifier, pour eux également, la fin d?une époque.

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