Publicité

L?ex-ACP Sunneechurra inculpé de corruption

17 octobre 2003, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Convoqué au quartier général de l?Independent Commission against Corruption (Icac) hier, l?ancien haut gradé de la police a été accusé provisoirement de corruption. Celle-ci concerne un séjour non payé pour cinq de ses proches et lui-même à l?hôtel Oberoi à Pointe-aux-Piments. Le n° 2 du Central Criminal Investigation Department (C CID), l?assistant commissaire de police, Oozageer Sunneechurra, a soumis sa démission jeudi.

Oozageer Sunneechurra, devait fêter ses 60 ans le 30 mai 2006. Après 38 ans de service au sein de la force policière, il avait fait une demande de congé de trois mois au commissaire de police lundi dernier. Il devait ensuite partir en congé pré-retraite. Mais, jeudi, il a décidé de soumettre sa démission.

Il avait été convoqué pour la première fois dans les bureaux de l?Icac pour des explications sur cette affaire le mardi 19 septembre dernier. Peu avant 9 heures, hier, l?ancien haut gradé se rend dans les locaux de l?Icac. Après son arrestation, il est rejoint par son homme de loi, Me Shakeel Mohamed au tribunal de Pamplemousses où il a comparu devant le magistrat Indiren Sivaramen.

Le surintendant de police, Chimunlall Ghoorah, responsable du Prosecutors? Office à la cour intermédiaire, et l?inspecteur Philippe Lebon ont été mandatés par le commissaire de police, Ramanooj Gopalsingh pour présenter le document signé de sa main concernant l?arrestation et l?accusation provisoire d?Oozageer Sunneechurra. L?acte d?accusation a été déposé en cour par le Police Prosecutor, Sowaruth.

motion de son avocat

L?affaire a été appelée devant le magistrat à 11 h 30. Me Mohamed demande que son client soit libéré sous caution. L?inspecteur Sowaruth informe le magistrat que la police n?a pas d?objection. Toutefois, précise-t-il, la police demande que l?ancien haut gradé soit interdit de quitter le pays aussi longtemps que l?affaire n?est pas terminée.

Me Mohamed présente alors une motion pour que l?accusation provisoire de Public Officer Accepting Bribe selon le Prevention of Corruption Act soit rayée. Pour lui, «there is no evidence whatsoever to warrant the lodging of the provisional information against the accused and same is therefore illegal». Il demande ensuite si l?arrestation a été effectuée par les hommes de l ?Icac. Le magistrat Sivaramen fixe alors la motion pour être débattue le mercredi 5 novembre.

Les trois officiers de l?Icac, le caporal Kooraram ainsi que les constables Boojeadhur et Naiken devront expliquer les raisons qui ont motivé l?arrestation de l?ancien n° 2 du C CID. À sa sortie du tribunal, Oozageer Sunneechurra clame son innocence et fait ressortir que son arrestation est illégale. Il compte, dit-il, se défendre jusqu?au bout pour que la justice suive son cours.

Selon la section 4 du Prevention Of Corruption Act, toute personne trouvée coupable de ce délit risque une peine d?emprisonnement ne dépassant pas dix ans.


Séjour gratuit à l?hôtel Oberoi

L?affaire commence quand des employés licenciés de l?hôtel Oberoi de Pointe-aux-Piments affirment qu?Oozageer Sunneechurra, alors no 1 du Central Criminal Investigation Department (C CID),a bénéficié d?un séjour VIP gratuit du 3 au 5 août 2002 dans cet établissement. Ce dernier fait l?objet de cinq affidavits. Fin juillet 2002, un haut responsable du groupe Oberoi est dépêché en Inde pour enquêter sur l?approvisionnement de l?hôtel. A son retour, il consigne une déposition à la police contre cinq employés affectés au bar, qu?il accuse de tentative de chantage sur l?hôtel.

Il aurait traité avec le directeur du C CID. Les employés sont arrêtés et libérés sous caution deux jours plus tard.

Le séjour de l?assistant commissaire de police d?alors et de ses proches à Oberoi fait suite à une enquête que son département avait initiée contre des employés, dont au moins un avait été licencié le 28 juillet 2002. Chubilall

Deewas, l?employé licencié, a allégué que ce séjour gratuit fait suite à la complaisance du directeur de la C CID envers l?hôtel par rapport à la dénonciation de pratiques susceptibles de nuire à la santé des clients. L?affaire a été référée à l?Icac pour enquête. L?ACP Sunneechurra a déclaré avoir demandé sa facture à plusieurs reprises à la direction d?Oberoi.

Publicité