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Grand-Baie de Rodrigues transformé en village éco-touristique

14 octobre 2003, 20:00

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Il est beaucoup question actuellement de développement de modèles éco-touris- tiques à Rodrigues. Serge Clair, le commissaire de l?île, en a d?ailleurs fait état lors de la visite de Sir Anerood Jugnauth, président de la République le week-end dernier. Ils ont tous deux abondé dans le même sens. Si les projets d?éco-tourisme ne se bousculent pas au portillon rodriguais, il y en a un cependant qui a démarré comme un projet d?études tertiaires et qui se réalise car toutes ses parties prenantes se sont piquées au jeu. C?est l??Eco-Village de Grand-Baie? qui vise à transformer ce village de Rodrigues en village éco-touristique. Le projet est signé par 18 étudiants en éco-tourisme de la DCDM Business School et leur chargée de cours Odylle Charoux, aussi directrice d?études. Chaque année, la DCDM Business School conçoit un projet social, histoire de faire d?une pierre deux coups, à savoir s?en servir pour renforcer les connaissances apprises et sensibiliser le public ciblé. Dans le passé, les élèves d?arts visuels ont élaboré des campagnes de sensibilisation contre la drogue ou en faveur de la sécurité routière. Cette année, en l?absence d?un chargé de cours en éco-tourisme, Odylle Charoux, spécialiste d?écologie et passionnée d?éco-tourisme, propose un projet d?éco-tourisme à Rodrigues. Au contact de Jean-Marie Richard, directeur d?Imagine Communications et amoureux de Rodrigues, les étudiants apprennent que le village de Grand-Baie à Rodrigues a bien besoin d?être développé au niveau touristique, mais de façon contenue. Idée confortée par d?autres étudiants de la DCDM Business School, originaires de Rodrigues. Après des recherches, ils se rendent compte que le site se prête à un développement éco-touristique. Girish Prayag, chargé de cours en marketing, et trois élèves se chargent du business plan et le projet est retenu comme Best business plan par la Jeune chambre économique de Maurice. Du 7 au 10 août dernier, une équipe de quatre personnes de la DCDM Business School, accompagnées par Michel Préfumo, Marketing Executive, effectuent une étude de faisabilité dans le village de Grand-Baie. Ils constatent que le village est excentré avec une population de 850 habitants dont la moitié sont des jeunes. Le lieu possède des ressources naturelles : un terrain en relief avec vue tant sur la montagne que sur la plage, une forêt naturelle, une cascade et une rivière qui se scinde en delta. A la rencontre de l?habitant, ils sont agréablement surpris par son sens de l?hospitalité. Ils s?étonnent qu?il n?ait pas d?autre alternative que la pêche et l?élevage et qu?il fasse vivre sa famille avec moins de Rs 2 000 par mois. Après une rencontre avec des décideurs, Michel Prefumo est certain que le projet de transformation de Grand-Baie correspond à la philosophie du comité de village, qui est emballé. Il a aussi une réunion avec les habitants pour recueillir leurs suggestions. Ils rêvent d?un musée créole interactif qui vanterait le savoir-faire rodriguais, du développement de gîtes, de tables d?hôtes et de rencontres entre l?habitant et le touriste? L?équipe de la DCDM Business School propose la construction d?un centre de formation en marketing qui servirait aussi de billetterie et de bureau. Les habitants de Grand-Baie sont quelque peu sceptiques car trop de personnes, dans le passé, leur ont fait miroiter de beaux projets restés à l?état de? projets. De retour à Maurice, la délégation de la DCDM Business School fait part de son constat. Odylle Charoux implique les étudiants en arts visuels pour dessiner l?intérieur du musée interactif, de même que Mariam Gopaul, chef du département Media and Communication à la DCDM Business School. Ils peaufinent les idées des habitants de Grand-Baie.

En quête de finances

Le projet finalisé comprend la construction du centre de formation au coût de Rs 1.2 million, l?aménagement du musée interactif, à Rs 6 millions, sous forme de 12 cases s?articulant autour d?un amphithéâtre. Le touriste y découvrira les techniques de la pêche et de la fabrication de produits tels le miel, la liqueur et la vannerie, entre autres. Les recettes des visites financeront les salaires des animateurs des cases. Les étudiants en arts visuels fabriquent toute une série d?objets, pouvant être vendus aux touristes, dont des bougeoirs en noix de coco, un casier de pêche en raphia transformé en coffret contenant des produits typiques de Rodrigues. Ils réalisent aussi le logo du futur village. Séduits par l?évolution du projet, étudiants et chargés se rendent encore une fois à Rodrigues, du 1er au 8 octobre de même que Mariam Gopaul, Michel Prefumo et Hans, Leena et Niraj, chargés de cours en arts visuels et en communication et leurs étudiants. Les habitants de Grand-Baie sont émerveillés devant les réalisations. Les étudiants mauriciens découvrent la peinture aux pigments de cactus et partagent cette technique avec les jeunes Rodriguais. Ce séjour leur permet aussi d?insérer ce projet dans le contexte plus large de l?environnement immédiat. Sont prévus le nettoyage de la forêt qui entoure Grand-Baie et du delta, le remplacement des mangliers envahisseurs par des roseaux endémiques ainsi que le réaménagement de la plage. En présence du projet final et sous le charme, Serge Clair avoue que c?est ce qu?il envisageait pour Rodrigues. Odylle Charoux et son équipe estiment que leur projet a toutes les chances de réussir. Il ne manque que les finances pour démarrer. Et leur priorité, c?est la construction du centre de formation. ?C?est le premier pas, explique Odylle Charoux, mais nous aurions souhaité démarrer la construction du centre en février 2004. L?éco-tourisme, c?est l?affaire de tout le monde, des décideurs, des entreprises en général et des particuliers qui veulent aider les Rodriguais. Si chaque entreprise mauricienne pouvait parrainer une case au coût de Rs 500 000, le projet serait bien avancé.?

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