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Fixer le cap

13 octobre 2003, 20:00

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La continuité de la politique économique annoncée par le nouveau ministre des Finances n?est pas une surprise. La rencontre entre Pravind Jugnauth et le secteur privé aura surtout été utile parce qu?elle a permis au grand argentier de détailler son plan de relance et d?en dévoiler ce qui constitue, à ses yeux, les priorités.

Le ministre a eu raison de fixer rapidement le cap pour créer un climat rassurant. Il est bien connu, dans le domaine de l?économie, que la confusion est fatale. La période de transition que traverse le pays en ce moment aurait pu être un facteur déstabilisateur pour les milieux d?affaires. L?inquiétude et l?attentisme s?installent facilement quand plane l?incertitude. C?est sans doute pour éviter cela que Pravind Jugnauth a choisi de lever les ambiguïtés et de définir son programme seulement deux semaines après son installation.

Hier, le ministre a défini sa vision à long terme ? doubler le revenu national en dix ans ? et fait des propositions concrètes et cohérentes pour atteindre ce but. Il a clairement indiqué que c?est le soutien à l?investissement qui occupera une place prépondérante dans sa stratégie. Il a fait le constat que seulement 58 % de l?investissement total réalisé cette année provient du secteur privé.

Le ministre propose des moyens pour augmenter le flux d?investissement. Il prévoit un nouveau cadre régulateur plus incitatif ainsi que des réformes structurelles. Le bon sens l?amène à préconiser des filières plus rapides pour le traitement des projets d?investissement. Il rappelle que le coût de l?argent a considérablement baissé avec la diminution du taux directeur de la Banque centrale et révèle que la réforme fiscale envisagée fera de Maurice un ?attractive investment destination?.

La politique officielle n?est toutefois qu?un des paramètres qui affectent l?évolution du pays. Le sort d?une économie ouverte est tributaire de l?environnement international, d?une part, et du comportement des milieux d?affaires locaux, de l?autre. Par conséquent, les responsables gouvernementaux n?ont pas une marge de man?uvre illimitée pour conduire leur politique affichée.

Si les détenteurs de capitaux entendent profiter tranquillement d?un système rentier plutôt que de prendre des risques, la tâche du ministre des Finances sera plus compliquée. Le gouvernement devra faire beaucoup d?efforts, par exemple, pour inciter les investisseurs conservateurs à s?engager dans l?aventure de la nouvelle économie et à investir dans l?industrie naissante de l?informatique.

De plus, Pravind Jugnauth devra soutenir son collègue Sushil Khushiram qui ne cesse de rappeler combien la concentration de l?actionnariat, le manque de transparence, la non-reconnaissance du mérite dans les compagnies familiales sont des entraves à l?expansion économique.

Après l?investissement, c?est la création d?emplois que le ministre des Finances a cité comme sa principale préoccupation. Il a aussi parlé de son intention d?assurer une meilleure répartition des richesses et de réduire les déficits et la dette publics. Pour conjurer le chômage, il s?appuiera sur les petites et moyennes entreprises dans une large mesure. Pour maîtriser la dépense publique, il compte avoir recours à un ?Medium Term Expenditure Framework? qui vise à améliorer l?efficacité des services publics.

Pour chacun des objectifs qu?il a énumérés, Pravind Jugnauth a dégagé des pistes d?action. Il lui faut maintenant tenir le gouvernail dans la bonne direction en dépit des vents contraires qui ne vont pas manquer de souffler.

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