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P. Jugnauth privilégie la relance de l?investissement privé
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P. Jugnauth privilégie la relance de l?investissement privé
Le nouveau grand argentier a la ferme intention de compléter les chantiers de réformes hérités de son prédécesseur. Il a affirmé son souhait de réaliser les forts taux de croissance comme cela avait été le cas dans les années ?80. Pravind Jugnauth a également énuméré les conditions qui doivent être réunies sur le plan macroéconomique pour concrétiser ses intentions.
Ses préoccupations sont multiples et il a révélé les grandes lignes de son programme. Le vice-Premier ministre entend s?attaquer au déficit budgétaire, relancer l?investissement privé, poursuivre la réforme des institutions publiques, du cadre régulateur, des programmes et des lois relevant de la politique économique, et réformer la fiscalité.
Inquiétude majeure pour le ministre des Finances : le niveau de l?investissement privé. L?investissement représente 22 % du produit intérieur brut (PIB) alors que l?investissement provenant du secteur privé représente seulement 58 % de ce chiffre. ?Nous devons augmenter le niveau de l?investissement privé. En même temps, nous devons nous assurer que les investissements génèrent de meilleurs retours.?
Dans cette optique, Pravind Jugnauth a évoqué les conditions nécessaires pour encourager les investisseurs à faire confiance à l?économie mauricienne. Le Board of Investment (BOI) devra garder un regard constant sur le climat de l?investissement. Cela donnera une impulsion aux efforts visant à rationaliser les procédures d?application des entrepreneurs de même que les mesures incitatives mises en place par le gouvernement.
Pravind Jugnauth a aussi recherché la collaboration du secteur privé pour identifier et résoudre les problèmes des investisseurs. ?J?ai donné des instructions aux ministères tombant sous ma responsabilité d?agir rapidement sur les dossiers qui touchent aux projets d?investissement. Chaque semaine, je veille personnellement au traitement de ces demandes?, a indiqué Pravind Jugnauth. Dans ce contexte, le rôle du BOI en tant qu?organisme d?autorité sur les questions liées à l?investissement sera renforcé.
Le ministre des Finances s?est beaucoup appesanti sur la nécessité de maintenir une stabilité macroéconomique, une des conditions fondamentales pour attirer des investisseurs. Il a parlé de la politique anti-inflationniste du gouvernement au cours de ces trois dernières années. Cette politique a porté ses fruits ayant permis de contenir les pressions inflationnistes et aidé à faire baisser le Lombard Rate (taux d?intérêt directeur).
Baisse du coût des crédits
Le taux a chuté d?environ 205 points ces deux dernières années et demie. Cette baisse a agi positivement sur le coût des crédits pour les entreprises. Un Macroeconomic Coordination Committee regroupant les décideurs politiques sera institué afin d?apporter plus de cohérence dans l?élaboration des politiques.
Le ministre des Finances s?est également montré rassurant face à la crainte que le secteur public ne mobilise trop de ressources financières au détriment du privé. Son ministère s?attellera à élargir l?espace économique des entreprises.
Les petites et moyennes entreprises (PME) de même que la micro entreprise ne sont pas en reste. ?Nous voulons élargir la classe d?investisseurs. Nous voulons que nos jeunes compatriotes deviennent des créateurs d?emplois, plutôt que des deman- deurs d?emplois?, a-il fait ressortir.
Sur la création d?emplois, le ministre des Finances a rappelé certaines cruelles vérités : l?impact de l?investissement sur l?emploi est considérablement réduit. L?inves-tissement devient de plus en plus à haute intensité de capitaux et de technologie, d?où une influence diminuée sur la création de nouveaux emplois dans l?économie.
En sus de ce problème, il y a un déséquilibre croissant entre les aptitudes de notre main-d??uvre et les compétences requises au travail. Selon Pravind Jugnauth, la demande pour la main-d??uvre non qualifiée ou peu qualifiée ira en diminuant avec la montée en gamme de l?industrie du textile-habillement. ?Nous ne pouvons pas nous attendre que les emplois puissent être créés à l?échelle de ce que le pays avait connu durant les années du boom économique?, précise-t-il.
Sur le plan sectoriel, le processus de consolidation des secteurs d?activités existantes et la promotion des nouvelles industries telles les services financiers et les technologies de l?information et de la communication (Tics) se poursuivra. Il sera aussi question d?encourager la diffusion de nouvelles technologies au sein des secteurs traditionnels afin qu?ils puissent améliorer leur compétitivité.
?La croissance et les investissements sont les seuls moyens de combattre la pauvreté?, affirme le ministre. Il a aussi annoncé un nouvel agenda en faveur de l?intégration sociale.
D?autre part, la fiscalité sera utilisée en tant qu?outil de redistribution sociale. Les réformes du fisc seront entreprises afin d?améliorer l?équité du système sans pour autant alourdir le fardeau fiscal.
Les exigences de la politique économique et sociale du gouvernement ont mis beaucoup de pression sur le déficit budgétaire, explique Pravind Jugnauth. ?Il est évident que nous avons dû mobiliser des ressources massives pour pouvoir réaliser des projets dans l?éducation et la formation. Maintenant que ces investissements sont derrière nous, notre objectif est de ramener le déficit à 24 % du PIB.?
Mieux gérer la dette publique
Dans cette optique, le ministre des Finances compte mettre en pratique le Medium Term Expenditure Framework. Selon cette approche, les dépenses publiques seront liées aux priorités stratégiques et aux résultats attendus.
Le ministère des Finances veillera de près à l?utilisation disciplinée des ressources financières à la disposition de l?Etat. Une meilleure gestion de la dette publique et la poursuite des réformes déjà entamées au niveau de la collecte des revenus de la taxe sont d?autres moyens identifiés par le gouvernement pour assainir la trésorerie de l?Etat.
Le président du JEC, Gilbert Espitalier-Noël, de son côté, a partagé avec le nouveau ministre des Finances les principales appréhensions du secteur privé sur plusieurs sujets dont le faible niveau d?investissement, le déficit budgétaire et la remontée du chômage.
?Les problèmes structurels auxquels nous faisons face actuellement sont symptomatiques des économies qui se dirigent vers une forte prédominance des services?, a-t-il fait ressortir. Le président du JEC a néanmoins dit son optimisme que l?économie mauricienne puisse se mettre sur une trajectoire de haute croissance.
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