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Les yaourts au centre d?une controverse

11 octobre 2003, 20:00

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La distribution de yaourts dans les écoles de la Zone d?éducation prioritaire (ZEP) a-t-elle été effectuée dans les meilleures conditions ? Les normes de fabrication ont-elles été respectées ? Indra Thanacody, le Chief Executive Officer de la Laiterie de Curepipe, l?affirme. La compagnie productrice de yaourts et de lait gélifié aromatisé (flans) fournissait tous les jours des pots de yaourt et des pains fourrés aux 11 450 écoliers qui fréquentent les 27 établissements de la ZEP. Jusqu?à ce qu?une soixantaine d?élèves ait été prise de malaise après avoir consommé des yaourts, le 2 octobre, à l?école primaire Marcel Cabon, à Cité La Cure. Le contrat alloué à la Laiterie de Curepipe par le Central Tender Board pour la fourniture de pains fourrés et de yaourts s?élève à Rs 19 millions pour un an.

« Le yaourt ne peut pas être incriminé d?autant plus qu?il est produit à la veille de la distribution. Celle-ci est effectuée dans des camionnettes isothermes à +6 degrés », affirme Indra Thanacody. Tout en étant navré par cet incident, il demande pourquoi seuls soixante élèves ont été malades. « Les mêmes yaourts ont été servis à 11 450 élèves. Pourquoi n?ont-ils pas été malades ? » Cet événement malheureux n?a pas entamé sa sérénité. « Nous sommes tranquilles. D?ailleurs cet incident n?a pas eu de répercussions sur les ventes car les consommateurs savent qu?ils peuvent se fier à nos produits. »

L?histoire aurait pu s?arrêter là. Mais un instituteur d?une autre école ZEP, située dans le faubourg portlouisien, qui accueille 400 élèves, pointe un doigt accusateur sur la Laiterie de Curepipe. Selon lui, la distribution des produits laitiers n?était pas effectuée dans les conditions optimales.

Il raconte qu?une dizaine de jours avant l?incident de l?école Marcel Cabon, une vingtaine d?élèves de son école avait constaté que la date des yaourts avait expiré. Informé par la direction de l?école, le livreur avait récupéré les produits avariés. Pour notre interlocuteur, il est dommage que les responsables de l?école n?aient pas pris de mesures contre le fournisseur à ce moment-là. « Lorsque les responsables de mon école ont su ce qui s?était passé à Cité La Cure, ils ont récupéré tous les yaourts qui n?avaient pas été consommés. S?ils avaient agi au début, on aurait pu éviter que ces enfants tombent malades. »

De plus, l?établissement n?est pas équipé pour conserver les yaourts au frais jusqu?au moment de la distribution. « Les produits sont posés sur une table dans la cuisine avant d?être offert une heure trente plus tard pendant le premier break. » Interrogé, l?attaché de presse du ministère de l?Éducation avoue ne pouvoir se prononcer à ce sujet?

La distribution de yaourts et de pains fourrés a été stoppée jusqu?à ce que les résultats des analyses soient connus. Le ministère de la Santé poursuit son enquête sur les raisons de l?intoxication. En attendant, le ministère de l?Éducation a dû parer au plus pressé : trouver une solution pour que les enfants aient leur pain quotidien.

Du pain aux nécessiteux

L?achat des pains a été temporairement confié à la School Development Unit (SDU) composée du maître d?école, d?organisations non gouvernementales, de l?association des parents d?élèves et de partenaires privés. « Pour le ministère de l?Éducation, il s?agit de ne pas pénaliser les enfants en les privant de repas avant la fin du trimestre. Les ressources financières nécessaires seront accordées à chaque SDU. Ils devront assurer l?achat et la distribution des pains, de fruits ou de jus de fruits », indique le conseiller au ministère de l?Éducation et coordonnateur du projet ZEP, Eshan Abdul Rahman. Cette solution ne va-t-elle pas créer plus de problèmes ? Eshan Abdul Rahman assure que non. « Au contraire, les responsables d?école ont l?expérience de la distribution d?aliments aux enfants. Avant la réforme, ils avaient l?habitude d?offrir du pain aux élèves nécessiteux. »

Une bonne partie des vingt-sept écoles ZEP a choisi d?offrir du pain, du fromage et un fruit aux élèves. « Ces fromages ont été choisis pour des raisons pratiques. Déjà emballés, ils seront faciles à distribuer. Les responsables d?écoles doivent se montrer vigilants car certains produits contiennent du jambon ou du veau », souligne un enseignant. Pour qu?ils s?en sortent, les élèves des régions défavorisées méritent que les autorités se mettent en quatre pour eux.

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