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Discordantes

9 octobre 2003, 20:00

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Le gouvernement zimbabwéen est finalement parvenu à faire taire le Daily News, le seul quotidien privé du pays. Le journal aux 900 000 lecteurs, très critique à l?égard du régime de Robert Mugabe, s?est vu refuser, le 12 septembre, l?autorisation de paraître par la commission gouvernementale des médias. Cet agrément est obligatoire depuis l?adoption d?une loi répressive sur l?information, promulguée après la réélection contestée de Mugabe, en mars 2002. En quelques jours, seize de ses journalistes ont été inculpés ?pour exercice illégal de leur profession?. Des dizaines d?ordinateurs ont été saisis au siège du journal par les forces de l?ordre.

Ce quotidien était dans le collimateur du pouvoir depuis des années. C?est le Daily News qui avait révélé les augmentations substantielles du salaire des ministres, alors que 80 % de la population vit sous le seuil de pauvreté. Le journal avait aussi stigmatisé les dépenses, chiffrées à plusieurs milliers de dollars, de la première dame du Zimbabwe dans un pays à court de devises. Chaque jour ou presque, il dénonçait les violations des droits de l?homme. En janvier 2001, le ministre de l?Information, Jonathan Moyo, avait qualifié le Daily News de ?menace pour la sécurité nationale?. Quarante-huit heures plus tard, un attentat visait l?imprimerie du journal. Le quotidien zimbabwéen a reçu, il y a quelques jours, le soutien d?un hebdomadaire sud-africain, le Mail and Guardian, qui lui a réservé quatre pages, ainsi que sa une titrée : ?Ces voix que Mugabe a réduites au silence?. Le rédacteur en chef de l?édition dominicale du Daily News, Bill Saidi, y fustigeait la ?diplomatie silencieuse? des autorités de Pretoria, qui continuent d?appeler au ?dialogue? entre le régime de Mugabe et le MDC, le principal parti d?opposition à Harare.

Depuis la promulgation de la loi sur l?information, une quarantaine de journalistes indépendants ont été arrêtés puis relâchés.

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