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Le patron, c?est Moosa
La finale du National Snooker Open 2003, samedi soir, au Mauritius Gymkhana Club, a viré au marathon. Entamée à 19 heures, elle ne s?est achevée que sur le coup de 23 h 25 ! Il a donc fallu près de quatre heures et demi à Saleem Moosa pour qu?il vienne à bout de son adversaire héréditaire, Ismaël Teeluck, le tout en six cadres, 4-2 (24-59, 74-47, 44-66, 58-43, 55-40, 62-6).
Comme prévu, le combat fut d?abord tactique. Le beau jeu espéré par tous les puristes se résuma très souvent (trop souvent ?) à un interminable chassé-croisé entre deux joueurs qui avaient pour priorité de fermer le jeu à l?autre. C?est ainsi, par exemple, qu?ils s?acharnèrent pendant près d?une demi-heure sur la bille jaune du quatrième cadre, au grand désespoir de ceux présents dans la salle.
Mené 2-1 avant la pause, Saleem Moosa a su se donner les moyens de renverser la tendance, remportant trois cadres consécutifs.
Lauréat du seul Honda-McKay Open cette saison, Saleem Moosa avait besoin d?inscrire son nom au palmarès du National. D?abord pour prouver qu?il est encore le patron du snooker mauricien. Ensuite pour conforter sa première place au classement national.
Avant que ne débute le tournoi, Kaviraj Bissessur, l?actuel n° 2, pointait en effet à seulement huit points de Moosa. A la faveur de cette belle victoire, l?ancien milieu de terrain du Sunrise a repris du terrain et son avance pourrait avoisiner les 25 points au prochain réajustement.
?Je suis heureux d?avoir gagné. C?est vrai que j?avais besoin de prouver aux autres que j?étais toujours là?, reconnaissait Saleem Moosa quelques minutes après avoir réussi un break victorieux de 23 points lors du sixième et dernier cadre. ?Ismaël étant un joueur d?expérience que je respecte forcément, j?ai abordé cette finale avec beaucoup de sérieux et de détermination, explique Saleem Moosa. Comme prévu, il n?a eu de cesse de serrer le jeu, de jouer la défense, ce qui m?a quelque peu gêné. Après la pause, je suis rentré dans son jeu. J?ai moi aussi opté pour un combat tactique, histoire de le pousser à la faute.?
?Ce fut un match en deux temps?, dissèque pour sa part Ismaël Teeluck, visiblement déçu d?être passé à côté de son premier titre de la saison. ?Les trois premiers cadres ont été de très haute facture. Mais, après le break, le jeu a perdu de son intensité.?
Et l?ancien champion d?Afrique de poursuivre : ?Je savais que ça allait être difficile de venir à bout de Saleem ce soir (samedi). Il a été parfait. Le moins que l?on puisse dire c?est que le plus fort a gagné.?
Pour Ismaël Teeluck, le fait d?avoir atteint la finale du National Snooker Open 2003 constitue déjà une énorme satisfaction. ?Je suis resté éloigné des tables pendant de très longs mois, ce qui m?a valu de perdre de précieux points, d?où ma sixième place au classement. J?avais perdu un peu de ma motivation. A force de gagner, on finit par se blaser. Là, ça va, je reprends goût au jeu. Et je suis forcément heureux d?avoir atteint la finale.?
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