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Un attentat suicide à Haïfa cause au moins 19 morts
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Un attentat suicide à Haïfa cause au moins 19 morts
?Nous avons entendu une énorme explosion. Des familles étaient mortes autour des tables, il y avait des enfants sans membres?, a rapporté un témoin de la scène, Navon Hai. Une kamikaze palestinienne s'est en effet fait exploser samedi dans un restaurant du bord de mer à Haïfa, dans le nord d?Israël, faisant au moins 19 morts, dont trois enfants, et une cinquantaine de blessés, a rapporté la police. La tête de la kamikaze aux longs cheveux noirs gisait dans la salle de restaurant au milieu de morceaux de chair, de vêtements tachés de sang.
L?action, condamnée par de nombreux pays dont les Etats -Unis et la France, a été revendiquée par le Djihad islamique. Le mouvement radical palestinien a indiqué par téléphone à Reuters que la kamizake était une habitante de Djénine en Cisjordanie, Hanadi Tayssir Djaradat. La jeune femme de 29 ans a agi pour venger la mort de son frère et de son cousin, tous deux membres du Djihad, tués par les forces israéliennes, a ajouté le mouvement.
L?armée israélienne a riposté quelques heures après l?attentat à la bombe en lançant deux raids nocturnes d?hélicoptères sur la bande de Gaza. L?un visait la maison d?un membre de l?aile militaire de Hamas à Gaza, l?autre le camp de réfugiés d?El Boureij où un générateur électrique a été touché, privant de courant la partie centrale du territoire. On ne signale pas de victime dans ces deux opérations.
La Syrie compte demander une réunion extraordinaire du Conseil de sécurité des Nations unies après ce raid israélien contre un camp palestinien près de Damas, a-t-on appris hier de source diplomatique. ?Ils (les Syriens) veulent une réunion du Conseil de sécurité pour discuter de l'attaque. Je pense qu'ils vont déposer une plainte officielle?, a dit cette source. Ce raid visait un camp d'entraînement palestinien du Djihad islamique qui a affirmé ne disposer d'aucun camp d'entraînement en territoire syrien.
Après l'attentat suicide de Haïfa, l?armée israélienne a également bouclé hier le principal axe routier traversant la bande de Gaza du Nord au Sud. Cette route, ainsi que celle longeant le littoral, sont désormais interdites à tous les automobilistes palestiniens.
?Il nous faut des actes?
Jonathan Peled, porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, a exigé des actes et non des paroles de la part de l'Autorité palestinienne. ?C'est trop peu et trop tard?, a-t-il dit à CNN. ?Nous avons eu assez de déclarations et de dénonciations. Il nous faut des actes.?
?Arafat est devenu un obstacle vivant à la paix. Il est impératif que nous nous débarrassions de lui?, a dit pour sa part le ministre israélien de la Science Eliezer Sandberg sur les lieux de l'attentat.
Le débat est donc relancé sur l?expulsion du président palestinien Yasser Arafat. Le président égyptien Hosni Moubarak a déclaré hier qu'une expulsion de Yasser Arafat ne servirait pas la cause de la paix, et il a accusé Israël de pousser les Palestiniens à commettre des actes de violence.?Israël cherche à ancrer dans l'esprit de la communité international l'idée que le président palestinien élu, Yasser Arafat, est devenu un obstacle à la paix et qu'il doit être écarté?, a dit Moubarak dans un discours télévisé marquant le 30e anniversaire de la guerre d'octobre 1973, déclenchée par l'Egypte et la Syrie. ?Cette escalade intentionnelle contre le président palestinien ne servira pas la cause de la paix?, a-t-il dit.
Mais le président palestinien a également condamné l'attentat, déclarant qu'il était contraire aux intérêts du peuple palestinien car il donne à Israël ?un prétexte pour faire obstacle aux efforts de paix internationaux?, écrit-il dans un communiqué.
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