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Vivre dans la dignité ! le cri désespéré des vieux
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Vivre dans la dignité ! le cri désespéré des vieux
Punjabi Kalachand le père Noël des démunis
Punjabi Kalachand, directeur d?une entreprise qui fabrique des matelas, est au service des démunis depuis plusieurs années. Il a reçu un shield pour son engagement social et parce qu?il offre un matelas à tous les centenaires. C?est à la suite d?un grave accident qu?il s?est mis à penser aux autres. « J?étais sur mon lit d?hôpital, incapable de faire quoi que ce soit. C?est un vieux du couvent de Calebasse qui s?occupait de moi, qui appelait les infirmiers quand j?avais un problème. » Lorsque Punjabi s?est rétabli, il a organisé un déjeuner au couvent en hommage à Dioune, son bienfaiteur. Depuis, il a continué sur cette voie. Il rêve qu?on prévoie des aménagements dans les autobus pour faciliter la vie des passagers âgés. Il souhaiterait que le gouvernement aide les vieux qui vivent seuls à s?équiper de systèmes d?alarme. Son v?u le plus cher, c?est l?augmentation de la pension mensuelle. « Quand vous pensez que beaucoup de nos personnes âgées commençaient à quatre heures du matin dans les champs de canne, qu?elles étaient maltraitées, qu?il n?y avait ni syndicat, ni bureau du travail, mais qu?elles ont quand même contribué pour que le pays soit ce qu?il est aujourd?hui?
Il faudrait être plus reconnaissant à leur égard. »
Denise Vaulbert de Chantilly travailleuse sociale acharnée
Denise Vaulbert de Chantilly est l?un des membres fondateurs de l?Association des clubs du troisième âge. Elle est active dans plusieurs fédérations et s?occupe des person-nes qui souffrent de la maladie d?Alzheimer.
Elle a également reçu une distinction et insiste sur le fait que le trophée qui lui a été remis est un hommage à tout le troisième âge.
Denise estime que la société met beaucoup l?accent sur les jeunes et qu?il faut rétablir l?équilibre. « Il y a quelque chose à faire, mais quelque chose d?indéfinissable. D?un côté, les scientifiques apportent des solutions, de l?autre, il y a un travail qui se poursuit sur le terrain pour améliorer la vie des personnes âgées. Pourtant, il faut encore travailler parce qu?il y a beaucoup de malheureux. » Elle fait également ressortir que la solitude est la pire des choses pour une personne âgée. « Alors, on vit dans son passé, on rumine tout ça. » Mais Denise ne reproche rien aux plus jeunes qui, selon elle, négligent parfois les vieux sans intention de leur nuire. Elle comprend qu?à cause de leur travail, il leur est difficile de s?occuper de leurs aînés. « Il faut consolider les relations entre les générations pour qu?il y ait plus de compréhension des deux côtés. »
Lucrèce Brunet entre amertume et entrain
Lucrèce Brunet a gardé le feu de sa jeunesse. An effet, elle a sorti à 68 ans sa première audiocassette de séga et espère en produire d?autres avec ses amis musiciens malvoyants.
Par ailleurs, elle regrette profondément ce qu?elle appelle une « tendance égoïste » dont fait preuve notre société : « Dans la rue, qu?on soit vieux ou non, les gens vous traitent de la même façon et avec la plus grande indifférence. Ils ne vont pas se dire que certains ont des problèmes de vue ou qu?on peut avoir des difficultés à traverser la route. Non seulement personne ne vous aide, mais en plus, les automobilistes perdent patience. »
Si elle estime que le traitement que les malades reçoivent dans les hôpitaux publics s?est amélioré, elle a cependant remarqué que là-bas, il n?y a jamais de fauteuil roulant disponible et que personne ne se préoccupe de vous indiquer avec précision où aller. Comme Denise, elle n?en veut pas aux jeunes qui négligent leurs parents : « Avec cette vie stressante, eux-mêmes n?ont pas de temps pour eux. C?est dur de le dire, mais c?est comme ça. Les vieux doivent se débrouiller autrement. » Malgré tout, le shield qu?elle a reçu l?encourage à croire dans l?avenir.
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