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Décès suspect de Devdass le chômeur épileptique

4 octobre 2003, 20:00

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Comment Rajen Mattapullut a-t-il trouvé la mort ? C?est ce que doit prouver la police criminelle du Nord depuis qu?il a rendu l?âme des suites de ses blessures à la tête, mercredi, après une semaine passée dans le coma.

La tâche des enquêteurs est d?autant plus difficile car le chômeur avait été découvert inanimé sous la varangue d?une boutique à Plaine-des-Papayes tôt le matin du 26 septembre. Il empestait l?alcool et une bouteille vide se trouvait à ses côtés.

Sans ennemis connus, sans suspects potentiels, les enquêteurs dirigés par le surintendant Bala Kamatchi et l?inspecteur Gobin tentent d?en savoir plus sur cet homme qui menait quasiment une vie de bohème. Agé de 35 ans, Rajen Mattapullut gagnait sa vie tant bien que mal comme gardien chez des particuliers dans la région de Plaine-des-Papayes.

Nature paisible

Père d?une fillette en bas âge, il passait le plus clair de son temps libre dans les boutiques et les tavernes du village. Parfois il ne rentrait pas la nuit, trop éméché pour se déplacer jusqu?à chez lui. D?où son sobriquet Devdass, tiré du film en hindoustani du même nom, dont les villageois l?ont affublé.

Travailleur saisonnier, il n?était pas d?un grand support pour sa famille. Sa femme trimait comme ouvrière dans une usine de textile pour subvenir à leur besoin. Originaire de Fond-du-Sac, Devdass s?est installé chez sa belle-famille à Plaine-des-Papayes il y a quelques mois.

De nature paisible, on ne lui connaît aucune bagarre. « Li ti éne dimoune mari cool. Mem si li ti éne soulard, li ti conne vive. Li ti éne mari bon dimoune, zamé li fer la gueule et li ti pé amène so la vie kuma Devdass mem, sa personnage film indien la ki ti passe so la vie boire », confie l?une des personnes l?ayant côtoyé. D?où le doute entretenu par sa belle-famille à l?effet qu?il aurait été tabassé.

Avant qu?il ne sombre dans le coma, à l?hôpital, ses proches ont remarqué qu?il avait un ?il au beurre noir. Sa femme a bien tenté de le faire avouer qui l?avait agressé, mais il aurait déclaré : «Mo pane gagne narien? »

L?autopsie, pratiquée par le médecin légiste Dr Amah Charrya Gujjalu, a permis de déceler des blessures à la tête et le fait qu?il a bien reçu des coups au visage. Mais reste à savoir s?il a été agressé ou s?il est tombé.

C?est la deuxième thèse que privilégient les enquêteurs pour l?instant d?autant plus qu?aucune autre blessure n?a été décelée sur son corps et qu?il était connu comme étant épileptique. Vendredi, les enquêteurs ont procédé à une reconstitution des faits devant la boutique Nohur où Rajen Mattapullut avait été découvert. L?exercice a été conduit en présence des deux personnes l?ayant trouvé sur place.

Reconstitution de la soirée

Depuis vendredi, les enquêteurs ont tour à tour interrogé l?épouse du défunt, ses beaux-parents, d?autres proches et des habitués de la boutique Nohur afin de reconstituer la soirée du disparu. Comme ses proches soupçonnent un « foul play », ils gardent le silence, de peur que les éventuels agresseurs s?en sortent à bon compte.

« La police nous a dit d?être prudents sur ce que nous allons dire à la presse », commente une connaissance de la présumée victime. Quoi qu?il en soit, si des suspects sont arrêtés dans cette affaire et reconnaissent avoir tabassé Rajen Mattapullut, ils seront poursuivis sous une accusation d?homicide involontaire, c?est-à-dire coups et blessures sans intention de tuer.

Dans le Nord, l?aîné des Mattapullut mène une enquête personnelle afin de connaître les origines de ce proche dont il ne connaissait même pas l?existence. « Je suis le plus vieux de la famille. J?ai 83 ans et cela ne m?a pas empêché d?aller à ses funérailles lorsque j?ai appris son décès tragique à la radio. Mo ti envie conné si li éna mem signatir ki mwa. Kan mone alle là-bas, dimoune ine dire mwa so mama papa fine mort kan li ti enkor zenfant. Peut-être que si les proches l?avaient bien élevé, il n?aurait pas mal tourné. Je vais aller chez sa belle-famille la semaine prochaine pour en savoir plus sur lui », lance Ramlukun Mattapullut, un habitant de Montagne-Longue.

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