Publicité

Les autorités malgaches renvoient Mahmotaky à Maurice

4 octobre 2003, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Retour à la case départ pour le Malgache Mamode Abasse Mahmotaky. Déporté vers la Grand île vendredi, il est retourné à Maurice le même après-midi, forcé par cinq soldats, armes au poing, de remonter dans l?appareil qui le ramenait à son point de départ. L?encombrant visiteur a donc été une nouvelle fois arrêté par le service de l?immigration à sa descente d?avion. Placé en résidence surveillée à Le Chaland, à l?école des gardes côtes, il sera fixé sur son sort demain, dans l?attente d?une décision favorable des autorités locales.

Le cas de cet apatride allégué est des plus rocambolesques. Il a été expulsé de Madagascar le 14 septembre dernier sous prétexte qu?il ne possède pas la nationalité malgache, selon l?express de Madagascar, bien qu?il soit né dans ce pays. Il s?est retrouvé coincé à l?aéroport de Plaisance lorsque les préposés de la compagnie aérienne Emirates lui ont interdit de prendre place sur un vol à destination du Pakistan en l?absence d?un visa en bonne et due forme.

Asile politique rejeté

Comme il est un passager en transit, l?homme d?affaires n?a pas été autorisé à entrer sur le territoire mauricien et a ainsi été placé en garde en vue à Le Chaland avant d?être transféré à l?hôtel Blue Lagoon à Mahébourg. Mamode Abasse Mahmotaky a alors demandé l?asile politique à Maurice et réclamé un ordre de la Cour suprême visant à interdire le commissaire de police et le Bureau des passeports de le renvoyer à Madagascar. Mais encore une fois, la chance n?était pas de son coté. La semaine dernière, la juge Saheeda Peeroo a rejeté sa demande d?asile politique en indiquant qu?il n?y pas de domestic law en ce qu?il s?agit des réfugiés à Maurice. De Blue Lagoon, le Malgache s?est retrouvé à Le Chaland avant d?être déporté vendredi?

« On est un pays civilisé, ces déportations sauvages doivent cesser. Je demande à l?Etat de nous accorder quelques jours afin qu?une solution juste soit trouvée. Si ni Madagascar, ni le Pakistan ne veut de lui, pourquoi ne pas lui accorder un permis de résidence ? Le gouvernement veut déjà accorder ce privilège aux étrangers pouvant investir $ 500 000 à Maurice? Mon client est un gros investisseur, pourquoi ne pas lui donner sa chance ? » se demande un de des hommes de loi, Me Dick Ng Sui Wa.

L?homme d?affaires n?est pas tenu en odeur de sainteté dans la Grande île, ayant été soupçonné d?être mêlé à plusieurs affaires sordides. l?express de Madagascar rapporte qu?il a déjà été arrêté relativement à l?assassinat de cinq personnes, dont des membres de sa belle-famille à Fenoarivo le 22 avril 2001. Six personnes ont également été blessées dans cet attentat qu?il aurait commandité. Mais l?homme qui a avoué le crime et balancé son nom a toutefois trouvé la mort en prison?

« Tout ce qui est dit sur Mahmotaky est faux, il s?agit un fait d?un pogrom? » clame un des membres du pool d?avocats mauriciens et malgaches engagés pour sa défense.

Du ping-pong

Le Malgache, lui, ne veut pas retourner dans son île natale, de peur d?être abattu. Il dit avoir été arrêté sans raison valable, détenu, privé de son passeport et expulsé. Les autorités malgaches lui auraient alors remis un travel document pour rallier le Pakistan via Maurice et Dubaï. Ce document stipule qu?il est né au Pakistan et que son passeport émis par les autorités de ce pays a été égaré. Ici, les autorités confirment que Mamode Abasse Mahmotaky est déjà venu à Maurice avec un passeport malgache et l?express de Madagascar d?indiquer que son passeport lui a été retiré car il était soupçonné d?être un faux. Ce journal évoque « la question d?une nationalité estimée douteuse » et explique que l?homme d?affaires, d?origine indopakistanaise, est bien né le 6 août 1972 à Mahajanga, mais que la législation malgache ne lui reconnaît pas le droit du sol.

La presse malgache estime qu?il ne sera pas non plus le bienvenu au Pakistan car ce pays a refusé depuis quatre ans de renouveler tous les passeports de sa diaspora de la Grande île qui compte environ 900 personnes. Comme le souligne l?express de Madagascar, ce jeu de ping-pong ne peut durer éternellement?

Publicité