Publicité
Pravind Jugnauth :l?occasion de faire ses preuves
Par
Partager cet article
Pravind Jugnauth :l?occasion de faire ses preuves
Paul Bérenger affirme qu?il n?existera pas un ministère des Finances parallèle. Mais avant de partir, il a clairement défini les priorités que son successeur devra avoir. Pravind Jugnauth devra combler le déficit budgétaire, alléger la dette du gouvernement et faire croître le volume d?investissement. Aux directives de Bérenger s?ajoutent le contrôle de l?inflation, la lutte contre le chômage ou encore la consolidation du secteur des Technologies de l?information et de la communication et des services financiers.
Résorber le déficit budgétaire semble être une tache difficile à accomplir pour Pravind Jugnauth. Ce taux est resté aux alentours de 6 à 7 % du produit intérieur brut (PIB) depuis le premier budget Bérenger en 2001. Principalement à cause des investissements publics massifs dans les infrastructures, dans l?éducation et l?aide social durant les 3 dernières années.
Pravind Jugnauth se fixera un objectif de 5,5 % de déficit pour son prochain exercice budgétaire, comme l?a préconisé Paul Bérenger. George Chung Tick Kan, président de la Financial Services Promotion Agency (FSPA) prévient : « Le contrôle du déficit budgétaire est vital pour l?économie. Il devrait être ramené 3 à 3,5 % du PIB dans les années à venir ».
Il s?agit de diminuer les dépenses de l?État tout en augmentant ses revenus. Pravind Jugnauth devra poursuivre la politique d?investissement déjà mise en place par Bérenger. « Préoccupé par l?approche des échéances électorales de 2005, le ministre des Finances pourrait être tenté de proposer des mesures budgétaires populaires qui coûteront encore de l?argent à l?État », spécule un cadre d?une banque.
Reste donc la possibilité d?augmenter les revenus de l?État. Par de nouvelles taxes ?
« C?est un outil à double tranchant », rétorque George Chung Tick Kan. Gilbert Espitalier Noël, président du Joint Economic Council (JEC), rappelle que le secteur privé s?attend à une réduction de certaines formes d?impôts.
Le président de la FSPA estime donc que le seul moyen d?augmenter les revenus tout en ne sacrifiant pas les dépenses consiste à accroître la productivité dans tous les secteurs de l?économie, public et privé inclus. La dette publique qui devrait avoisiner les 95 milliards en 2003 sera l?une des préoccupations majeures de Pravind Jugnauth car son financement privera le gouvernement de plus de 20 % des revenus de l?État pour le prochain exercice budgétaire. Une seule solution s?impose selon Gilbert Espitalier Noël et George Ching Tick Kan : la baisse des taux d?intérêts pour diminuer le coût de l?emprunt.
L?investissement stagne autour de 22 %. Mais Gilbert Espitalier Noël estime qu?une meilleure performance est possible si l?on créé le climat propice. Le président du FSPA va plus loin, selon lui il s?agira de travailler sur le « attraction power » de Maurice. George Chung Tick Kan croit que les investisseurs étrangers et locaux n?investiront que s?ils ont en face d?eux une main- d??uvre motivée, un service public performant et un taux de fraude et de corruption négligeant. « C?est seulement à ce prix qu?ils viendront », assure-t-il. Pravind Jugnauth, aidé par ses collègues, devra donc veiller à ce que ce cadre existe.
Le chômage est un dossier brûlant. Rien que dans le secteur textile-habillement, on estime que 20 000 à 30 000 emplois pourraient disparaître. Il lui faudra déployer des trésors d?imagination pour trouver des formules de recyclage pour ces employés. Car les programmes actuels n?ont pas encore fait toutes leurs preuves.
Un cadre du ministère de l?Industrie commente la situation : « La Textile Emergency Support Team a couvert près de 60 % des grosses entreprises textiles. Pravind Jugnauth devra étudier ce qui ressort de ses enquêtes et proposer les meilleures solutions. » Le JEC préconise le clustering et l?intégration des usines textiles entre elles pour réduire les coûts et proposer les produits qui ne seraient pas en concurrence direct avec ceux de la Chine ou d?Inde.
La knowledge industry dont rêvent les décideurs commence à naître. Et ce sera à Pravind Jugnauth d?en accélérer le développement. « Il faut mettre en place un cadre fiscal et législatif pour faciliter la mise en place d?écoles et d?universités », pense Gilbert Espitalier Noël. De son côté, Azad Jeetun, président de la Mauritius Emplo-yers?Federation assure : « Nous allons collaborer avec le gouvernement s?il décide de mettre en ?uvre des programmes de formation en marketing ou dans les TIC ».
Publicité
Publicité
Les plus récents