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Les stations d?épuration tardent à fonctionner à plein volume

3 octobre 2003, 20:00

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La concrétisation de divers projets dans l?assainissement tarde. Tout en s?accumulant, ces retards entraînent parfois une utilisation peu judicieuse des fonds publics pour la maintenance des équipements déjà installés et non utilisés. Cela, alors que de gros investissements estimés à environ Rs 5 milliards, ont été effectués dans le secteur du tout-à-l?égout. La situation risque de s?étendre à deux ou trois ans.

Manoherlall Kerof, directeur général de la Wastewater Management Authority (WMA), conteste cet argument. «La création de la Wastewater Management Authority date d?environ 18 mois. Les choses bougent très vite mais il y a toujours un fine-tuning à faire. Nous faisons de notre mieux et allons dans la bonne direction», précise-t-il.

Il n?empêche que certains habitants dont ceux de Baie-du-Tombeau et de Grand-Baie, grognent. Les connexions avec les résidences (house connections) accusent du retard. «Il y a un grand nombre de connexions qui ont été faites dans le cadre du Baie- du-Tombeau Sewerage Project et nous voulons faire davantage de connexions», réplique Manoherlall Kerof.

Depuis deux ans, la station d?épuration de Baie-du-Tombeau est opérationnelle à 60 %. Elle traite les eaux usées des régions de Riche-Terre, de Roche-Bois et des compagnies de la zone portuaire. Les eaux usées du Nord de la capitale sont traitées à hauteur de 50 %.

L?appel d?offres pour quelque 2000 «house connections» sera très probablement lancé dans deux mois. Le temps des procédures pour l?allocation du contrat, les travaux devraient démarrer dans six mois et durer 15 mois. Ce qui signifie que les résidents de Baie-du-Tombeau devront patienter jusqu?à fin de 2005.

DÉLAIS RESPECTÉS

Baie-du-Tombeau a eu tout d?abord à subir un retard de deux ans dans l?allocation du contrat à la firme helvético-suédoise ABB. Un des soumissionnaires avait porté l?affaire en cour, d?où le retard dans le démarrage des travaux.

Mais malgré ce contre-temps, ABB a terminé la construction de la station d?épuration dans les délais prescrits. Délais également respectés par deux autres entreprises, General Construction Co. Ltd et la compagnie belge Jan de Nul, respectivement responsables des travaux de génie civil et de l?installation d?un émissaire en mer. Mais le plus gros problème a été l?installation de tuyaux dans les ruelles. Cette phase a accusé beaucoup de retard, ce qui n?a pas manqué de provoquer la colère des autorités.

A Grand-Baie, la construction de la station d?épuration s?est achevée depuis six mois. La fin de la pose des tuyaux est prévue pour la fin du mois. Mais le hic est que la station restera longtemps inutilisée. Entre-temps les fonds publics seront dépensés pour les travaux d?entretien. Mais pour Manoherlall Kerof, cela ne peut pas être considéré comme une mauvaise utilisation des fonds publics. «Il y a une formule spéciale de paiement pour les travaux de maintenance. Ce n?est pas le même taux qui est appliqué. L?entretien est indispensable. Une fois les connexions faites, nous allons récolter les bénéfices», ajoute Manoherlall Kerof.

Les «house connections» à Grand-Baie ont aussi accusé du retard et ne seront pas bouclées avant fin 2005 ou au début de 2006. Le premier appel d?offres a dû être annulé, les soumissionnaires n?étant pas satisfaits des critères de présélection. Cet inconvénient a ainsi repoussé l ?appel d?offres qui sera lancé vers fin 2004.

Le projet de construction de la station d?épuration à Montagne- Jacquot est bloqué par une affaire entrée en cour par un des soumissionnaires. L?affaire, entendue cette semaine, a été renvoyée au 13 novembre. «C?est un problème hors de notre contrôle. Nous n?y pouvons rien», explique Manoherlall Kerof.

TRAVAUX ADDITIONNELS

La WMA avait prévu le début des travaux pour mai. Ils devaient se terminer en novembre l?année prochaine. Mais avec ce recours en justice, la construction s?en trouve retardée. Entre-temps les tuyaux déjà installés doivent être entretenus par une compagnie chinoise. La situation risque de durer pendant au moins trois ans encore.

L?entrée en opération de la station d?épuration de St.-Martin, accuse de son côté un retard de sept à neuf mois. Une des principales raisons étant que des travaux additionnels ont dû être exécutés en cours de route. ?Avec un projet de génie civil d?une telle envergure, on ne peut pas toujours prévoir avec précision quand ils seront complétés?, explique-t-on au sein de la WMA et du consortium qui a décroché le contrat.

Initialement, il était prévu que la construction se termine en janvier 2004. Mais selon toute pro-babilité, ce n?est pas avant septembre que la station d?épuration traitera les eaux usées venant des Plaines-Wilhems. Il est difficile à ce stade de dire si le retard va entraîner des pénalités au consortium, explique la WMA.

«Aucune décision n?a encore été prise au sujet de ces pénalités», souligne la WMA. Le coût des travaux additionnels avoisinerait actuellement les Rs 60 millions. La WMA avance toutefois que le coût de ces «variations» est insignifiant comparé au coût du projet mais elle s?est abstenue de les quantifier.

Avant la recommandation des paiements, les réclamations sont examinées par les consultants, le management, le Tender and Finance Committee, le Board et le ministère, explique le directeur général. Une fois la construction terminée, la station d?épuration desservira, en 2006, une population de 223 000 habitants des Plaines-Wilhems, contre 90 000 actuellement

Le financement est en grande partie assuré par l?Union européenne. La station de St.-Martin fonctionnera probablement bien au-dessous de sa capacité pendant au moins cinq à six ans. Le temps que le conduit principal (Trunk Sewer Main) soit installé et les connexions aux résidences soient effectués.

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