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Polo à dos d?éléphant

27 septembre 2003, 20:00

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Un grand terrain, une balle, des maillets, des éléphants et des transsexuels... Pays ayant un goût prononcé pour les matches de polo à dos d?éléphant, extravagance sportive surréaliste s?il en est, la Thaïlande vient de rendre ce sport d?autant plus étrange en introduisant des joueurs transsexuels et travestis dans son tournoi national.

Pour la première fois cette année, transsexuels et travestis, appelés « katoeys » en thaï (prononcer katoï), jouent au polo à dos d?éléphant, un jeu calqué sur le véritable polo (à cheval) et devenu une véritable attraction touristique en Thaïlande depuis quelques années.

C?est Alf Erickson, un avocat à la retraite, originaire de Floride et installé à Bangkok depuis quatre ans, qui a eu l?idée d?inviter des katoeys à participer pour apporter quelque chose d?« extrêmement exotique » à l?édition 2003 du tournoi.

« Je leur ai dit, ce qui compte ce n?est pas tant la qualité de votre jeu, mais la beauté de votre apparence et cela les a rendus heureux », explique Erickson. « Vous savez, ils sont un peu des filles, dans un sens? »

Face à des joueurs expérimentés venus d?Australie, de Grande-Bretagne, d?Inde, du Sri Lanka et de Thaïlande, l?équipe de transsexuels, baptisée les « Screwless Tuskers », jouit toutefois d?un avantage supplémentaire.

Au polo, les joueuses sont autorisées à poser les deux mains sur les maillets pour déplacer la balle, tandis que les hommes ne peuvent utiliser qu?une main. Du coup, les katoeys jouent à deux mains, au grand dam de leurs adversaires mâles.

« C?est juste parce que mon corps est comme celui d?une femme », assure Phruts, un transsexuel de 22 ans aux sourcils épilés et visage fraîchement maquillé. « J?ai de petites mains, un petit corps et peu de muscles. Je ressemble à une femme, alors pourquoi ne pourrais-je pas utiliser mes deux mains ? »

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