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Les rêves de Nazir engloutis par les flots
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Les rêves de Nazir engloutis par les flots
Les larmes de Sultana Toorabally ont cédé la place à la colère. Une colère motivée par les rumeurs sur les « activités douteuses » de son mari, Nazir, 43 ans, disparu au large de Péreybère, dimanche dernier. Une colère si profonde qu?elle a parfois l?impression d?étouffer.
« Li ti éna ene magasin CD, sa même tout. Line mort et mo fine accepter. Mais tou sa banne mensonges mo pé tender là pé fatigue moi. Zot pé traîne so nom dans la boue », dit-elle, la gorge nouée. Les rumeurs ont débuté lorsque Jabran Menon, l?associé pakistanais de Nazir Toorabally, est interrogé sur ses nombreuses visites à Maurice. « Nous devons explorer toutes les pistes », explique un policier. En trois mois, Jabran Menon a été interrogé à six reprises. L?enquête a révélé qu?il fournissait des CD à Nazir.
Sultana est d?autant plus effondrée qu?elle est persuadée que son époux Nazir, aurait pu être sauvé. Elle allègue que les membres de la National Coast Guard (NCG) n?ont pas entrepris les recherches à temps. Certains lui auraient même ri au nez alors qu?elle était au bord de la détresse. « Quand je leur ai dit que mon mari était en train de nager vers la côte et qu?il fallait le chercher, certains se sont moqués de moi. » Selon elle, l?un d?entre eux lui aurait répondu : « Laisse li nager madame? » La famille n?écarte pas la possibilité d?engager des poursuites judiciaires. « Je ne veux pas qu?une autre famille se retrouve dans la même situation. »
Mais selon la NCG, toutes les dispositions ont été prises pour tenter de retrouver le disparu. Elle réfute ces affirmations et explique que dès « l?appel reçu à 14 h 50, nous avons donné des directives à une équipe qui patrouillait à Grand-Baie pour qu?elle se rende immédiatement à l?endroit indiqué ». Elle précise que dès que Jabran Menon, celui qui accompagnait Nazir, a révélé aux officiers venus le secourir que Nazir s?était jeté à l?eau pour aller chercher de l?aide, elle a entamé des recherches. « De 15 h 03 à 17 h 45, nous avons envoyé successivement trois bateaux de Grand-Baie et de Trou-aux-Biches pour prêter main-forte à la première équipe. L?hélicoptère de la police a débuté les recherches à 17 h 55. Tout cela montre que la NCG a fait tout son possible pour tenter de retrouver la personne disparue. De plus, si nous n?avions pas agi aussi rapidement, il y a de fortes chances qu?avec la mer démontée et le courant, on n?aurait pas pu récupérer l?embarcation aussi vite », explique un officer de la NCG.
Dans son campement à Perey-bère, le week-end dernier, Nazir Toorabally se trouvait en compagnie de plusieurs membres de sa famille. Son associé, Jabran Menon, était là. Nazir venait d?acheter un speed-boat, baptisé Samsufy.
Un nouveau jouet
L?homme d?affaires s?était transformé en joyeux drille devant son nouveau jouet. « La mer, c?était sa passion et il avait pu réaliser son rêve le plus cher, celui d?acheter un bateau », explique Sultana. Dimanche, il décide de l?essayer. Son ami Jabran est déjà installé à bord. Le speed-boat démarre pour tomber en panne à 500 mètres de la plage.
Nazir s?obstine à mettre le moteur en marche, mais sans succès. Sultana, qui est sur la plage en compagnie d?une dizaine de proches dont son fils et son gendre, ne le quitte pas des yeux. Mais elle ne s?inquiète guère. « Je pensais qu?il n?allait pas tarder à revenir, mais l?embarcation a dérivé derrière les rochers en s?éloignant de la côte. »
Les regards sont rivés sur la frêle embarcation alors que la NCG est appelée à l?aide. Quelqu?un remarque qu?un des occupants du speed-boat s?est jeté à l?eau. Il s?agit de Nazir, Jabran Menon ne sachant pas nager. « Au début je ne l?ai pas cru. Je me suis dit que c?était impossible que Nazir décide de regagner la côte en nageant. » C?est la dernière fois qu?on le verra, avant qu?il ne disparaisse, englouti par la mer.
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