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Le bonheur est dans la couette

27 septembre 2003, 20:00

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Elle sera l?une des chefs d?entreprises mauriciennes à partager sa success story avec les particpantes de l?Association mondiale des femmes chefs d?entreprise dont le congrès annuel débute mercredi à Maurice.

« Je n?aime pas coudre ! » Étonnant de la part d?une personne qui confectionne housses, tapis de lits, draps et rideaux pour les plus grands hôtels du pays. Ginette Anaudin compte parmi ces chefs de micro-entreprises partis de rien pour connaître le succès dont ils rêvaient.

On est en 1996 et Ginette Anaudin quitte le ministère de l?Agriculture, le jour de ses 50 ans. « J?y étais bien, j?avais eu des promotions, j?occupais alors le poste de Senior Personnel Officer. Mais je voulais partir pour tenter autre chose, aller à l?aventure », explique-t-elle. Elle sait qu?elle veut devenir entrepreneur, obéir à son côté « fonceuse », mais elle n?a pas encore choisi sa voie. Elle s?essaie à la pâtisserie, puis jette l?éponge. Pas assez passionnant ce métier.

Elle veut changer d?air, voyager? elle choisit l?Afrique du Sud et y découvre? la couette ! « Je me suis dit : voilà quelque chose d?intéressant et qui n?est pas très connu à Maurice », se souvient Ginette Anaudin. De retour à Maurice elle se lance : elle sera fabricante de couettes et fonde son entreprise Cosicouette. Elle démarche les entreprises et les hôtels, sans grand succès. Elle se fait aider par son fils aîné qui a une formation en marketing et décroche son premier gros client, But. Le magasin vient d?ouvrir ses portes et recherche un fournisseur de couettes à Maurice. Il trouve Ginette sur son chemin. Mais avec le volume, il faut recruter. Elle ne va pas chercher loin et emploie une dizaine de personnes qui n?habitent pas très loin de chez elle à Eau-Coulée.

Tout va alors très vite. « Les opportunités me tombent dessus au moment où je m?y attendais le moins », explique Ginette, le sourire aux lèvres. Elle obtient ensuite un contrat pour 300 couettes avec un grand hôtel du Nord fin 1996. Entre eux, c?est une affaire qui tourne, à telle enseigne qu?elle travaille toujours pour cet hôtel, malgré les changements de direction. Vient ensuite un autre gros contrat avec un groupe hôtelier-phare de la région.

L?affaire grandit, les services de Ginette se diversifient. Elle passe de la confection de couettes aux draps, couvre-lits, rideaux, housses ou oreillers. Mais il ne suffit pas d?avoir des contrats, il faut savoir gérer. « J?ai vite compris l?importance d?une bonne gestion. J?ai appris en côtoyant d?autres femmes chefs d?entreprise et en suivant des cours de gestion. »

Elle cherche à coller à l?évolution du marché. Pour cela, elle effectue de fréquents déplacements à l?étranger dans des foires spécialisées pour suivre les tendances et se constituer un « stock » d?idées. Cette approche paye : elle fidélise ses clients et de grosses commandes continuent d?affluer. Entre 1998 et 2003, son chiffre d?affaires augmente de 400 %. En 2000, elle arrive même à décrocher le prix de « La petite entreprise la plus originale » du ministère de la Femme. Elle adhère à l?Association mauricienne des femmes chefs d?entreprise (AMFCE) dont elle est actuellement la vice-présidente.

Ginette pense maintenant à l?après-Cosicouette. « Je me donne encore deux ou trois ans pour consolider ma société. Ensuite je la laisserai à mes six enfants. » Après, elle compte se consacrer à des choses plus sérieuses? Un tour du monde « parce qu?il faut s?amuser un peu ! »

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