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La revanche de Laval Collet

25 septembre 2003, 20:00

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Laval Collet est devenu un héros à l?avenue des Manguiers à Bambous. Dès que la voiture de l?express s?arrête devant sa porte et que la photographe descend caméra en bandoulière, voilà trois goses qui entourent la voiture et qui lancent à notre intention : ?Zot vine guette Laval?. L?un d?eux court dans la maison pour appeler son oncle, qui est devenu son héros.

Laval Collet est une vedette depuis les 6e Jeux des îles de l?océan Indien. A Bambous, tout le monde le connaît et il suscite l?admiration. Ce judoka de vingt-six ans est le premier habitant du village à avoir décroché une médaille d?or à cet événement sportif.

L?histoire d?amour entre Laval Collet et le judo ne date pas d?hier. Le judoka a à peine sept ans quand un concierge de l?école primaire de la localité invite les écoliers à s?inscrire dans une école de judo du village. Comme tout enfant de son âge, Laval Collet est emballé de pouvoir pratiquer un art martial. D?emblée, il en a parle à son père, Jacques, pour avoir son approbation. Mais le jeune garçon doit déchanter.

?Non, je ne veux pas que tu pratiques le judo. Pas question que tu rentres à la maison les bras plâtrés.? Telle est la réponse du père. Mais Laval est déterminé. Pas question de laisser passer une occasion pareille. A l?insu de son père, il file au gymnase de la Swami Sivananda State Secondary School plusieurs fois la semaine pour l?entraînement. Toutefois, le pot aux roses est vite découvert.

Première compétition

?Mon père m?a donné une raclée que je n?oublierai pas de sitôt. Il était vraiment hors de lui?, se souvient encore le judoka. Mais c?était mal le connaître. Malgré la correction reçue, il continue son entraînement avec le soutien de sa mère Marina, même si le père est toujours contre l?idée que son fils pratique ce sport.

Une année plus tard, à 18 ans, Laval Colet maîtrise tant bien que mal cette discipline. Il est enfin prêt pour sa première compétition nationale qui se déroule au collège Royal de Port-Louis. ?J?avais vraiment le trac, mais finalement tout c?est bien passé.? Sa persévérance et le dur labeur finissent par payer. Le jeune judoka obtient sa première médaille d?or.

Jacques qui n?était pas d?accord que son fils pratique le judo n?en revient pas. Il fait volte-face et encourage son fils dans ce qu?il a entrepris. Cette première médaille d?or est le tremplin qui pousse Laval Collet sur la scène nationale et internationale.

Depuis, il ne cesse de récolter des médailles comme cela a été le cas aux Seychelles, en 1991, avec la sélection nationale cadette lors du championnat de la Commission Jeunesse et Sports de l?océan Indien (CJSOI). Il décroche l?or dans la catégorie de 60 kg alors qu?il est âgé de 14 ans. Quatre années plus tard, le jeune judoka fait le grand saut dans la sélection nationale où il côtoie les grands du tatami. Il met le cap à l?île de la Réunion où il touche l?or une nouvelle fois.

Grâce à son intégration dans la sélection nationale, Laval Collet ne cesse de voyager pour défendre Maurice. C?est ainsi qu?en 1995, il participe au Tournoi International de Madagascar pour ramener l?or dans sa valise et quelques mois plus tard il prend la deuxième place au podium lors d?une compétition à l?île s?ur.

?Je défends mon pays avec honneur et je fais tout pour que les Mauriciens, mes proches et mes entraîneurs soient fiers de moi.? Lors du championnat d?Afrique en 1997 et du championnat de la Francophonie, Laval Collet se mesure contre des judokas étrangers et décroche le bronze dans les deux compétitions.

Toute bonne chose à une fin. La belle série de Laval Collet prendra un rude coup pendant les jeux des îles de 98 à la Réunion alors qu?il concourt dans la catégorie des moins de 60 kg. ?J?avais un surplus de 200 grammes. Il m?était impossible de défendre le quadricolore. Cela a été un des moments le plus durs de ma carrière.?

Le judoka arrive à peine à oublier ce moment. Toute la délégation mauricienne est au dojo mais, lui, reste au village des jeux. ?Depuis, cette mésaventure, je me suis promis que je serai sur la plus haute marche du podium lors des prochains jeux devant le public mauricien. J?ai travaillé deux fois plus et maintenant je récolte les fruits de mes efforts.? C?est sa belle revanche.

Il dédie sa réussite à l?entraîneur national, Joseph Mounawah et à l?expert français, Ahcène Goudjil ainsi qu?à ses parents. Le judo lui a donné l?occasion de voyager pour défendre sa patrie et surtout découvrir l?esprit d?équipe. Son prochain objectif est les Jeux d?Afrique qui se tiendront à Abuja, au Nigeria du 4 au 13 octobre.

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