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Beckham, fils de Madrid

24 septembre 2003, 20:00

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Tout simplement méconnaissable! Après trois mois passés à Madrid, David Beckham est comme un poisson dans l?eau. L?idole d?Old Trafford et de toute l?Angleterre réunis s?est fondu avec une aisance et un état d?esprit exemplaire dans le moule madrilène. Loin du climat détestable de ses dernières semaines mancuniennes, le Spice-Boy fait l?unanimité tant auprès des supporters que de ses partenaires. Et si Beck? était finalement bien le chaînon manquant de la ?galactica? merengue ?

Deux minutes de jeu. C?est le temps qu?il aura fallu à David Beckham pour mettre à ses pieds Santiago-Bernabeu et ses 82 000 socios. A peine l?international anglais avait-il foulé la piste aux étoiles madrilène que déjà il était adopté. Un centre millimétré de Ronaldo et le Spice Boy ouvrait la marque dès la première journée de la Liga face au Betis Seville (2-1). Un Beckham déjà buteur mais surtout un Beckham merengue jusqu?au bout des ongles.

Depuis, l?ancien milieu de terrain de Manchester United n?a cessé de convaincre de cette intégration quasi-parfaite à son nouveau monde. Les chiffres parlent d?eux-mêmes. En trois journées de Liga, Beckham a déjà inscrit deux buts et délivré deux passes décisives.

Devenu indispensable

Son dernier chef-d??uvre avait, dimanche, pour scène, l?enceinte de Malaga. Comme à ses plus belles heures sous le maillot des Red Devils, c?est sur un coup franc ourlé par ses soins qu?il a conclu la marque et la nouvelle victoire du Real (3-1). En une tournée en Asie et six rencontres disputées sous ses nouvelles couleurs, Beckham s?est rendu indispensable. Un tour de force pour celui dont le caractère et les frasques à Manchester laissaient à penser que le calcul du président madrilène, Florentino Perez, d?intégrer Beck? à la ?galaxie? Real serait des plus périlleux.

Lorsqu?il débarque dans la capitale espagnole en juillet dernier, le pari économique du transfert du capitaine de la sélection anglaise ne fait l?objet d?aucun doute. A peine a-t-il signé son chèque de 25 millions d?euros que le président Perez sait qu?il rentrera dans ses frais. A peine a-t-on floqué le numéro 23 de l?Anglais que les maillots se vendent par milliers. Ce Beckham que les Anglais aimeraient voir s?afficher sur leurs billets de banque, ce Beckham, première figure occidentale placardée pour une publicité sur les murs de Téhéran depuis la révolution islamique en 1979, comme la planète entière, Madrid en devient folle. Mais quant à son impact réel sur le jeu du Real, l?unanimité est alors loin d?être acquise.

?Plus discipliné, moins glamour?

Aujourd?hui, dans le système mis au point par Carlos Queiroz, le nouveau sorcier de la magie Real, Beckham est un rouage essentiel. Mais la plus forte impression, c?est sur son attitude que l?ancien enfant terrible du football anglais la produit. Nouvelle coqueluche de la presse espagnole, le fils pas vraiment spirituel d?Alex Ferguson fait les gros titres. Pour le quotidien madrilène As, cette mutation a fait de Beckham un joueur ?plus discipliné et moins glamour?.

Les images se succèdent et le milieu de terrain n?en finit plus de conquérir son monde. Il y a cette ouverture inouïe lors du désormais mémorable 7-2 infligé à Valladolid pour la reprise de volée d?un Zidane avec lequel son entente a tout d?une véritable complicité. Il y a ces effusions et ce long baiser adressé à Raul, auteur d?un triplé, ou encore ses interventions à plus de soixante mètres des buts adverses pour venir défendre dans la surface de Casillas. Adoubé par ses illustres partenaires, Beckham profite aujourd?hui au Real comme s?il attendait depuis toujours cette intronisation auprès des plus grands.

A 28 ans, celui qui n?était souvent réduit qu?à l?état de fabuleux produit marketing est en passe de faire taire ses détracteurs les plus véhéments. La reconnaissance sportive unanime et entière n?a jamais semblé aussi proche.

Bel hommage du Real à Di Stefano

Le Real Madrid a battu les Argentins de River Plate 3-1 mardi soir, à l?occasion d?un match de gala rendant hommage à Alfredo Di Stefano, 77 ans. L?ancienne gloire argentine du Real et de River fêtait les cinquante ans de ses débuts dans le club madrilène, club avec lequel il a brandi à cinq reprises la Coupe d?Europe des champions entre 1956 et 1960. Le Real Madrid s?est imposé grâce à un but de Solari et un doublé de Portillo, alors que Luis Gonzalez a réduit le score pour River Plate.

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