Publicité
Kailash Sunneechurra :Robotop
Se voir confier la tâche de fabriquer un robot par le Head of School of Engineering de l?université de Manchester, en Angleterre, et avoir la chance de compléter son doctorat comme ingénieur aérospatial à l?âge de vingt ans, est un défi que n?auraient pas relevé beaucoup de jeunes.
Passionné par l?ensemble des techniques et des activités relatives à la construction et à l?utilisation des avions, Kailash Sunneechurra, fils de l?assistant commissaire de police s?est laissé pourtant séduire.
C?était en l?an 2000. Kailash qui étudiait les sciences techniques vient tout juste de quitter l?école, après avoir brillamment réussi ses examens de Higher School Certificate au collège Royal de Port-Louis.
Et attendant d?obtenir une réponse pour une bourse d?études, Kailash, enfant de Rose-Belle, profite de son temps libre pour faire un crochet aux Casernes centrales avant d?aller rendre visite à son oncle Ranjit Appa, qui travaillait à cette époque au sein de la compagnie d?aviation Air Mauritius. Ce dernier détient également une maîtrise en aérospatiale.
?J?étais très impressionné après une longue discussion que nous avons eue sur les transports aériens et le prodigieux développement que connaît l?aviation dans le domaine technologique?. Etant fasciné par cette formidable invention qu?est l?avion, Kailsah, Elvin pour les intimes, décide de suivre les traces de son oncle.
Sa demande d?adhésion ayant été acceptée, il prend l?avion et débarque à Manchester pour sa première année d?études dans l?aérospatiale .
Conscient que ses parents ont consenti d?énormes sacrifices, Kailash ne perd pas son temps et se met sérieusement au travail pour réussir sa première et deu-xième années haut la main.
Les meilleurs résultats obtenus et les difficultés financières qu?il a rencontrées pour continuer après la première année en Aerospace Engineering ne laissent pas insensible le professeur Norman Wood, Head of School Engineering de Manchester.
Un après-midi, le professeur convoque Kailash à son bureau et lui confie un premier emploi comme technicien de réseau au sein du Development Alumni Relations Office (DARA), une firme spécialisée dans la mise en place de réseaux informatiques avant de passer à British Gas pour un autre emploi où il doit bosser trente heures par semaine, pendant plus de six mois, pour payer ses études. ?Ce n?était pas facile d?être à la fois étudiant et employé?, explique-t-il.
Comme il n?était pas loin de la piste d?envol, Kailash ne recule pas et fonce avec pour seul objectif : réussir à tout prix à relever le défi.
Le professeur Norman faisant toujours confiance à son protégé lui confie alors trois nouveaux projets : construire un avion de petite taille pour la compagnie Overview Ltd pour pouvoir capter, par voie aérienne, des images qui donneraient une vue d?ensemble sur une piste où se déroulent des courses hippiques, conduire des investigations avant de fabriquer des portes qui permettraient de résister à une certaine température et un autre projet, plus important celui-là : construire un? robot. Un système robotique capable de suivre les pas d?une personne qui marche sur une distance raisonnable et qui lui servirait de support pour transporter des outils qu?elle utilise pour son travail. Ce robot devait pouvoir suivre quelqu?un même dans un tournant.
Kailash réussit à mettre au point cet automate sophistiqué. ?Most importantly, it was found to work well in a semi-structured uncontrolled environment?, précise l?inventeur.
Kailash qui peut se permettre de retourner au pays natal tous les six mois grâce au sponsorship obtenu de la compagnie Airbus, contribue actuellement au nouveau projet d?Airbus A380.
?L?univers de l?aviation en cache toujours un autre. On ne finit pas d?apprendre et de découvrir?.
Kailash envisage-t-il de retourner pour servir son pays ? ?Pas question. Avec le recul, je constate que l?Etat n?a pas contribué de manière concrète à favoriser mon retour afin de travailler pour mon pays comme je le souhaitais. C?est pour cette raison que je ne me sens pas redevable envers mon pays. Ma réussite est le fruit des sacrifices de mes parents. Je regrette d?avoir à le dire mais je n?y peux rien.?
Comme conseil pour ceux qui font leurs valises pour des études à l?étranger, Kailash leur demande de persévérer et de tout faire pour réussir ?parce qui la vie pas facile dehors ban zènes?, avertit-il .
Publicité
Publicité
Les plus récents