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Bush peine à convaincre l?ONU
George Bush, contesté vivement sur la question de la guerre en Irak par Kofi Annan et Jacques Chirac, a tenté mardi devant l?Assemblée générale de l?Onu de convaincre une communauté internationale sceptique de participer à la reconstruction de ce pays tout en excluant un transfert rapide de souveraineté aux Irakiens.
?Aujourd?hui, la nation irakienne a besoin de notre aide et la mérite ? et toutes les nations de bonne volonté devraient se porter volontaires et fournir un tel soutien?, a déclaré Bush à la tribune de la 58e assemblée générale annuelle de l?Onu. Il a justifié l?intervention anglo-américaine de mars et avril derniers en évoquant la découverte en Irak de fosses communes et de lieux de torture. ?A mesure que nous découvrons les lieux de massacres et les fosses communes, se révèle l?ampleur réelle de la cruauté de Saddam?, a-t-il dit.
?Le régime de Saddam Hussein entretenait la terreur tout en fabriquant des armes de destruction massive. Il se servait de ces armes pour des massacres, et a refusé d?en rendre compte lorsque le monde le lui a demandé?. Le président américain a estimé que le processus de transfert des pouvoirs à une administration irakienne devait se faire ?par des moyens démocratiques ordonnés?. ?Ce processus doit se dérouler selon les besoins des Irakiens - sans le hâter ni le freiner selon les souhaits des autres parties?, a-t-il ajouté.
Bush, qui voici un an déclarait que les Nations unies risquaient de perdre leur légitimité si elles ne se dressaient pas contre l?Irak, n?a pas évoqué le fait qu?aucune arme de destruction massive (ADM) n?avait été retrouvée à ce jour en Irak. Les ADM ont été invoquées comme prétexte numéro un à l?invasion de l?Irak. Tour à tour, le secrétaire général de l?Onu Kofi Annan, le président Jacques Chirac puis son homologue brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, ont dénoncé l?unilatéralisme comme principe d?action internationale.
Bush a dit reconnaître que ?certains des pays souverains de cette assemblée ne sont pas d?accord avec notre action?, mais a estimé que l?unité prévalait sur les principes et objectifs fondamentaux des Nations unies. ?Alors, allons de l?avant?, a-t-il dit.
Bush en a profité pour exhorter les Nations unies à adopter une résolution censée empêcher la propagation des armes chimiques, biologiques et nucléaires.
Avant lui, Annan avait estimé que la crise irakienne avait amené les Nations unies à un ?moment charnière? tout aussi décisif que sa fondation au sortir de la Seconde Guerre mondiale.
Annan a remis en question les arguments de Washington selon lesquels les Etats avaient le ?droit et l?obligation d?user de la force de manière préventive? contre les systèmes d?armements non-conventionnels, même si ces derniers ne sont qu?en cours de développement.
?Ce qui m?inquiète c?est que, si (ce principe) est adopté, il pourrait constituer un précédent qui résulterait en une prolifération des recours unilatéraux et illégaux à la force, avec ou sans justification crédible?, a déclaré Kofi Annan.
?Ebranlé le système multilatéral?
Contesté avant son discours par Annan, Bush l?a aussi été juste après par le président Jacques Chirac, qui a lancé un vibrant plaidoyer en faveur des Nations unies qu?il souhaite voir superviser un transfert rapide de la souveraineté aux Irakiens.
?Les Nations unies viennent de traverser l?une des épreuves les plus graves de leur histoire?, a déclaré le chef de l?Etat. ?Engagée sans l?autorisation du Conseil de sécurité, la guerre a ébranlé le système multilatéral?, a-t-il affirmé.
Jacques Chirac a estimé d?autre part qu??il n?y a pas d?alternative aux Nations unies?.
?Dans un monde ouvert, nul ne peut s?isoler, nul ne peut agir au nom de tous et nul ne peut accepter l?anarchie d?une société sans règles?, a déclaré le chef de l?Etat français. Tout en réaffirmant le caractère irremplaçable des Nations unies, Jacques Chirac a reconnu la nécessité d?engager une ?profonde réforme? du système, qui emploie aujourd?hui 7.660 fonctionnaires, dont 636 Français, pour un budget annuel de 1,3 milliard de dollars.
Il a souhaité notamment ?un élargissement à de nouveaux membres permanents?. Outre le Japon et l?Allemagne, vaincus d?hier écartés d?office lors de la naissance de l?Onu en 1945, Jacques Chirac suggère une représentation de ?quelques grands pays d?Asie, d?Afrique ou d?Amérique?.
Le président français a eu ensuite un entretien d?une quarantaine de minutes avec George Bush à l?issue duquel il a tenu à minimiser les divergences franco-américaines, limitées selon lui au dossier irakien et loin de remettre en cause ?l?amitié profonde? entre les deux pays. ?Sur les choses essentielles, on est d?accord?, a assuré Jacques Chirac.
Lors de l?entretien cependant, a indiqué un haut responsable américaine, le président Bush a clairement fait savoir à son homologue français que la question d?un transfert rapide n?était pas à l?ordre du jour.
Le président en exercice du Conseil intérimaire de gouvernement irakien, Ahmed Chalabi, présent à New York, a déclaré au New York Times qu?il souhaitait voir l?assemblée générale de l?Onu donner à son conseil, dont les membres ont été nommés par Washington en juillet, la pleine souveraineté. Mais cette hypothèse a été écartée par un responsable de Washington, qui a souligné que le CIG n?était pas une instance élue.
Lula, pour sa part, a jugé que seule une action dirigeante des Nations unies pouvait surmonter l?actuel climat d?insécurité en Irak. ?Une guerre peut parfois être gagnée isolément. Mais la paix ? une paix durable ? ne peut être obtenue sans le soutien de tous?, a-t-il dit.
NATIONS UNIES
Les enquêteurs hésitent à s?installer en Irak
Une commission d?enquête indépendante formée à la demande des Nations unies pour évaluer la sécurité en Irak après l?attentat du 19 août pourrait devoir renoncer à s?installer à Bagdad en raison de l?insécurité qui persiste dans la capitale irakienne. ?Tout ce que je peux dire, c?est que la situation est extrêmement difficile pour l?Onu et toutes les autres organisations internationales?, a déclaré l?ancien président finlandais Martti Ahtisaari, chef de ce groupe d?experts mis en place par le secrétaire général de l?Onu Kofi Annan.
Un mois après l?attaque au camion piégé qui a fait 22 morts dont le représentant spécial de l?Onu Sergio Vieira de Mello, un autre attentat suicide a visé lundi le siège des Nations unies à Bagdad, tuant un garde irakien. ?Avant l?attentat de lundi, je pense qu?il aurait été encore possible d?aller à Bagdad?, mais le panel d?experts pourrait désormais se rabattre sur Amman, la capitale jordanienne, a indiqué Ahtisaari.
Une décision sera prise cette semaine par l?ensemble de la commission réunie à New York en marge de l?Assemblée générale annuelle de l?Onu. Les experts doivent remettre un rapport d?ici six semaines environ. ?J?espère que ce rapport sera lu attentivement par tous les représentants des gouvernements qui prennent des décisions sur l?Onu?, a déclaré Ahtisaari lors d?une conférence de presse organisée à quelques heures de son départ pour New York.
BAGDAD
Une bombe fait un mort et 22 blessés
Une bombe, qui visait apparemment l?armée américaine, a explosé hier près d?un autobus à Bagdad, tuant un Irakien et faisant 22 blessés, indique la police locale. ?Nous avons un mort et 22 blessés, tous Irakiens?, a déclaré un officier de police présent sur les lieux.
Selon un porte-parole de la Ière division blindée de l?armée américaine, la bombe déposée sur le bord de la route a explosé au passage d?un convoi américain et l?autobus qui se trouvait à proximité a été touché. Aucune victime n?est à déplorer dans les rangs de l?armée américaine, a-t-il précisé.
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