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La fin de la galère?

24 septembre 2003, 20:00

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Pryska, jeune Quatrebornaise de 19 ans, croyait faire plaisir à ses cousins et cousines venus passer leurs vacances à Maurice, le mois dernier. ?On avait décidé, pour changer un peu, de faire découvrir le pays à nos visiteurs par autobus. Et bien, croyez-moi ou non, à même pas un quart du trajet, nous avons dû changer de plan.?

Nul besoin pour Pryska de nous faire un dessin de la pénibilité de ce court trajet. Voyager par autobus est un véritable calvaire pour encore de nombreux Mauriciens : absence d?aération quand les fenêtres sont fermées, sièges inconfortables aux dimensions approximatives, couloirs trop étroits, espaces insuffisants pour les jambes, quand ce n?est pas le moteur qui rend l?âme au beau milieu du trajet...

Mais disons tout de suite que Pryska a vraiment joué de la malchance ce jour-là. Car certaines compagnies ont beaucoup amélioré leur service ces dernières années. Et il fait bon voyager sur certaines lignes et dans certains autobus. Ainsi, les nouveaux règlements que le ministère du Transport compte bientôt introduire ne s?appliqueront qu?aux opérateurs qui ne respectent pas les normes.

Les derniers règlements datent de 1954, nous dit Naseer Ally Khedun, Deputy Road Transport Commissionner à la National Transport Authoritry (NTA), et ?il est grand temps que le pays se dote de nouvelles réglementations pour une industrie de transport en harmonie avec le développement socio-économique du pays.?

Qualité et sécurité

Le texte du Road Traffic and Construction and Use of Vehicles Bill est actuellement au bureau du ministère du Transport pour un examen final avant d?être proposé à l?approbation de l?Assemblée nationale. Un comité technique de la NTA s?est adjoint la contribution des opérateurs du secteur pour l?élaboration de la nouvelle législation.

Celle-ci concernera, il faut le préciser, tous les types de véhicules : autobus; voitures privées; taxis; camions engagés dans le transport de gaz, de produits chimiques ou pétroliers; véhicules d?ingénierie de construction et d?agriculture; camions de voierie; bus scolaires, etc.

Il est ici question de qualité et de sécurité, explique Naseer Khedun. ?Nous voulons que le public voyage confortablement et en toute sécurité.? Raisonnement qui fait l?unanimité chez les opérateurs de l?industrie du transport public par autobus.

?La législation annoncée va dans le sens du progrès, commente Sanjeev Gobhurdun, directeur de la compagnie Rose-Hill Transport (RHT), L?introduction de nouvelles normes pour la construction des autobus, et le respect de ces normes bien sûr, par les commanditaires et constructeurs, ne pourront qu?être bénéfiques au public voyageur?. Le directeur de la United Bus Service, Swaley Ramjane aborde dans ce sens : ?L?introduction de normes pour un produit ou un service est toujours bon pour le public consommateur.?

Mais les opérateurs de l?industrie du transport par autobus précisent qu?ils ?n?ont pas attendu les bonnes intentions du ministère du Transport et de la NTA pour pratiquer le passenger care?. Viraj Nundlall, directeur de Triolet Bus Service (TBS) rappelle que sa compagnie a été la première à introduire, en 1997, des autobus climatisés sur la ligne Port-Louis-Grand-Baie. D?autres devaient suivre.

Saleem Nabee, ingénieur mécanique chez AG Nabee and Co, spécialisée dans la construction de carrosseries pour autobus, nous apprend que ses clients sont très conscients de l?importance d?investir dans la qualité. ?Les matériaux et les accessoires aussi bien que les dimensions répondent aux normes.? Saleem Nabee nous parle de tôle laminée, de panneaux isolants, d?éclairage fluorescent, de rideaux ou de vitres teintés pour protéger contre le soleil. ?Les compagnies font beaucoup d?efforts pour offrir des autobus de qualité?, fait-il observer.

?Toutefois, la qualité a un coût?, souligne le directeur de la UBS. Argument que reprend Saleem Nabee : ?C?est bon de parler de new generation buses, mais il y aura un prix à payer. Certaines exigences que proposeraient les nouvelles normes vont doubler les prix de montage d?un autobus. C?est le voyageur qui en fera les frais?. Viraj Nundlall, de TBS, demande aux rédacteurs du projet de loi de tenir compte des coûts d?opération des compagnies. ?Il faut être raisonnable. Tout ce que demande le passager, c?est d?arriver à destination à l?heure, sain et sauf. Il n?en demande pas plus. Il ne faut pas que la qualité vienne compromettre la rentabilité.?

Porte supplémentaire

Face à la proposition d?inclure une porte supplémentaire au milieu, il réagit : ?Cela équivaudra à quatre ou six places en moins, cela voudra dire aussi plus de difficultés de contrôle. De plus, on veut abolir les sièges de trois places, mais il vaut mieux s?asseoir à trois que voyager debout pendant trente ou quarante-cinq minutes. Les sièges à trois places ne sont pas si inconfortables que l?on dit. De nouvelles normes de construction auront pour conséquence directe une hausse des coûts d?opération, ce qui entraînera inévitablement une demande de hausse du coût du ticket?.

Le directeur de RHT développe, lui, un point de vue contraire. ?Quand nous avons apporté des améliorations à notre service, nous avons vu le nombre de nos passagers augmenter de façon substantielle. Nous opérons sur une ligne à très forte concurrence, mais c?est grâce à la qualité de nos autobus et de notre service que nous sommes arrivés à gagner une nouvelle clientèle. La qualité a un coût, certes, mais elle apporte toujours des bénéfices.D?autre part, il existe d?autres secteurs où l?on peut faire baisser les coûts d?opération ; dans la gestion de la flotte, par exemple.?

Voilà donc un argument de poids. Il faut juste regretter que le public voyageur n?ait pas été invité à donner son point de vue sur les normes pour la construction des autobus?

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