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Washington oppose son veto à une résolution sur Arafat
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Washington oppose son veto à une résolution sur Arafat
Les Etats-Unis ont opposé leur veto à un projet de résolution déposé par des pays arabes au Conseil de sécurité des Nations unies et exigeant qu?Israël n?exile pas Yasser Arafat. Onze Etat membres du Conseil ont voté en faveur du texte.
La Grande-Bretagne, l?Allemagne et la Bulgarie se sont abstenues après plusieurs heures de consultations qui n?ont pas permis de dégager un compromis acceptable pour les Etats-Unis ainsi que pour la Syrie, qui parrainait le document.
Les Américains, dont le veto ne constitue pas une surprise, ont fait valoir que le texte mis aux voix omettait de mentionner les groupes palestiniens tenus pour responsables des récents attentats-suicides en Israël.
?Cette résolution ne prenait pas clairement position contre les actions de ces groupes terroristes et n?appelait pas à une action résolue contre eux?, a déclaré l?ambassadeur des Etats-Unis auprès de l?Onu, John Negroponte, en référence aux organisations palestiniennes Hamas, Djihad islamique et Brigades des martyrs d?Al Aksa.
L?ambassadeur d?Israël, Daniel Gillerman, a estimé après le vote que la résolution était ?tragiquement partiale? car elle ?concentrait ses critiques contre les victimes du terrorisme plus que contre les terroristes eux-mêmes? .
Le projet de résolution, rédigé par le délégué palestinien auprès de l?Onu, Nasser al-Kidoua, et soutenu par des pays arabes, ?exige qu?Israël, puissance occupante, s?abstienne de tout acte de bannissement et cesse toute menace à la sécurité du président élu de l?Autorité palestinienne?.
Accusant le vieux ?raïs? palestinien de fomenter la violence, ce que l?intéressé dément, le ?cabinet de sécurité? israélien avait annoncé la semaine dernière sa décision de principe de ?se débarrasser? de cet ?obstacle à la paix?.
Mais les Israéliens ne sont pas encore passé à l?acte en la matière. Cette prise de position de la part d?Israël avait déclenché un tollé dans les chancelleries et durant les débats au Conseil de sécurité qui ont duré près de huit heures lundi, une quarantaine de gouvernement ont condamné la décision de principe concernant Arafat.
Paris satisfait
Réagissant au veto américain, le principal négociateur palestinien, l?ancien ministre Saëb Erekat, a déclaré: ?C?est un jour sombre pour les Nations unies et pour le droit international. J?espère qu?Israël ne l?interprétera pas comme un droit de tuer le président Arafat?.
De son côté, Dore Gold, conseiller du Premier ministre israélien Ariel Sharon et ancien représentant de l?Etat hébreu auprès de l?Onu, a dit:
?Les Israéliens sont en train de se demander où était le Conseil de sécurité des Nations unies lors du massacre la semaine dernière de ressortissants israéliens au moyen d?attentats suicide?.
Avant le vote, Paris avait annoncé que la France ne ferait pas obstacle au projet de résolution. ?Le projet de résolution ne nous pose pas de problème, il nous convient?, avait déclaré Hervé Ladsous, porte-parole du ministère des Affaires étrangères.
Lors des débats, Terje Roed-Larsen, coordinateur spécial de l?Onu pour le processus de paix au Proche-Orient, a estimé que de nouvelles effusions de sang étaient inévitables si les plans de paix, enlisés, n?étaient pas rapidement relancés. Il a affirmé que le meilleur moyen de faire des progrès était qu?Israël abandonne ses colonies dans les territoires palestiniens.
Président légitime
?Sans soutien populaire, aucun Premier ministre palestinien ne peut aujourd?hui s?opposer de façon efficace au terrorisme et aux organisations terroristes. La meilleure façon d?obtenir ce soutien populaire essentiel, dans les circonstances actuelles, serait l?abandon des colonies?, a-t-il dit.
Il a aussi stigmatisé les Palestiniens pour n?avoir pas profité d?un récent cessez-le-feu pour mener des réformes de sécurité, notamment en renforçant les forces de sécurité.
Le diplomate onusien a également critiqué la décision de principe prise par le gouvernement israélien de bannir le président palestinien qu?il a présenté comme ?le dirigeant légitime des Palestiniens?.
Un tel bannissement risque d?être dangereux et contre-productif pour les efforts de paix, a-t-il averti. Le représentant israélien à l?Onu, Dan Gillerman, a répliqué en qualifiant Arafat de ?terroriste professionnel? qui a joué ?un rôle totalement destructeur à chaque étape? du processus de paix.
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