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Pascal Lamy

16 septembre 2003, 20:00

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- La cinquième conférence ministérielle de l?OMC, a laquelle vous avez participé en tant que commissaire européen chargé du commerce, vient de s?achever. Au cours de ces cinq jours de négociations à Cancun, qu?est-ce qui vous a le plus... surpris ?

La décision de Luis Ernesto Derbez, le président de la conférence, de suspendre les travaux. La discussion du dimanche matin, le 14 septembre portait sur la transparence dans les marchés publics, la facilitation des échanges, les investissements et la concurrence. Après avoir constaté que l?ouverture de négociations sur certains de ces points posait un sérieux problème à certains pays en voie de développement, j?ai accepté, au nom de l?Union européenne, de limiter nos demandes à deux sujets sur quatre. Les pays africains n?en voulaient pas, et la Corée les voulait tous ! Les charmes de l?unanimité ! Constatant ce blocage, Luis Derbez a décidé d?arrêter les frais immédiatement. Deux choses qui ont contribué à ce scénario en deux actes : d?abord l?habileté de la diplomatie brésilienne, qui est parvenue à monter une coalition de pays en voie de développement; et la rapide réaction des Africains, qui en ont pris clairement ombrage au nom de leurs propres intérêts.

- Réjoui ?

L?unité des Européens, à tous moments de la négociation et à tous niveaux, qu?il s?agisse du conseil des Etats membres ou du Parlement européen, avec lesquels, comme c?est la règle, j?ai été en contact permanent. C?est ce qui fait notre force dans ces négociations.

- Déçu ?

On a raté une occasion précieuse de faire un pas supplémentaire contre la loi de la jungle ! Cette réunion, destinée à engager la deuxième partie de la négociation lancée à Doha il y a dix-huit mois, devait montrer la volonté de tous de poser des règles communes au commerce mondial. Pour cette fois, c?est loupé !

© Le Monde

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