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De l?espoir pour Alizée atteinte d?une tumeur

16 septembre 2003, 20:00

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En salopette bleue et chandail blanc, Alizée Dromart trottine derrière ses deux grands-mères en grignotant du pain. Elle porte une fine cicatrice au front. La fillette de deux ans semble en bonne santé malgré ses cheveux ternes, séquelle de la chimiothérapie chez les cancéreux.

Dès qu?Alizée aperçoit un visage inconnu, elle se renfrogne et court se réfugier dans les bras d?un adulte. Jusqu?à ce qu?elle se rende compte qu?un des deux arrivants n?est autre que sa mère. ?Lorsqu?elle voit quelqu?un qu?elle ne connaît pas, elle croit que c?est l?infirmière qui vient pour une prise de sang. Elle doit le faire deux fois la semaine et c?est un martyre pour elle?, explique sa mère Joëlle.

Des bras de sa grand-mère, Alizée examine le visiteur et finit par se rapprocher. Si elle est rassurée, elle se laisse apprivoiser et consent même à faire des câlins.

Joëlle et Jean-François Dromart, tous deux employés chez Goupille & Co., mènent une vie de couple sans histoire. La naissance d?Alizée, le 23 avril 2001, illumine leurs existences. L?enfant grandit normalement. A 14 mois, lorsqu?elle est admise en clinique pour un bobo, une infirmière remarque alors que l?enfant garde la main droite toujours fermée.

Joëlle se rend compte alors que sa fille n?utilise que sa main gauche. Ses parents décident de l?emmener chez son pédiatre. Suit une série de tests avant un CT Scan.

L?examen révèle qu?Alizée présente une tumeur interne sur le côté gauche du cerveau qui affecte son côté droit. C?est cela qui est cause de la faiblesse de sa main et de sa jambe droite. Les Dromart, accablés, se rendent d?urgence à Durban en Afrique du Sud. Le médecin sud-africain, après examen du CT Scan, est dérouté. C?est la première fois qu?il voit une tumeur logée à cet endroit précis du cerveau.

Diagnostic sans appel

Son diagnostic est sans appel : la grosseur est inopérable. La tentative de biopsie destinée à évaluer sa malignité se solde par un échec car si les vaisseaux sanguins tout autour se percent, ils peuvent déclencher une hémorragie. Le praticien préfère ouvrir le crâne d?Alizée pour prélever un échantillon de la grosseur. L?analyse permet de diagnostiquer un Gliome II, c?est-à-dire une tumeur bénigne au développement lent.

Les Dromart sont soulagés, mais aucune opération n?est envisageable. Le médecin sud-africain leur conseille un centre spécialisé dans le traitement du cancer en Europe ou aux Etats-Unis. Ils se rendent aussitôt en France à l?Institut Gustave Roussy à Villejuif. Alizée y subit plusieurs tests dont l?Imagerie à résonance magnétique.

Un panel de 20 oncologistes et cancérologues examinent son cas. Ils confirment le diagnostic du praticien sud-africain et s?attellent à trouver le traitement approprié. D?emblée l?intervention, si risquée pour Alizée à son âge, est écartée. Pas de radiothérapie non plus car les rayons de cobalt peuvent détruire les tissus sains du cerveau. Ils optent finalement pour la chimiothérapie ? injection de produits chimiques par perfusion ? et établissent un protocole pour 16 mois de traitement, soit à intervalles de trois semaines.

Le premier traitement d?Alizée a lieu à l?institut français en septembre dernier. Il continue à l?Hôpital des enfants à la Réunion. Tous ces déplacements et ces frais grèvent le plafond de l?assurance médicale des Dromart, qui est de Rs 1 million.

Ils savent qu?ils risquent d?avoir besoin d?argent. Ils envoient un courrier électronique à leurs amis pour les informer de la gravité du cas d?Alizée. Et les dons affluent. Leurs proches organisent des levées de fonds ? bingo, concert de charité, soirée dansante ? et la solidarité joue à fond. ?Nos patrons, Edouard Espitalier-Noël et Eric Adam, sont formidables : ils comprennent qu?on doive s?absenter toutes les trois semaines pour les soins de notre petite fille à soigner à la Réunion. Le collège de Lorette de Curepipe nous a aussi beaucoup aidés.?

Alizée ne peut plus voir l?aéroport SSR et l?Hôpital des enfants à la Réunion. ?Même si elle ne fait pas des phrases complètes, elle comprend tout. Dès qu?elle voit un avion à l?aéroport, elle devient rétive, voire agressive. Quand la voiture s?arrête dans la cour de l?Hôpital des enfants, elle se met à pleurer. C?est un calvaire pour elle !?

Tous les quatre mois, la fillette doit effectuer un bilan complet en France. En janvier dernier 2003, l?examen à l?Institut Gustave Roussy révèle que la tumeur n?a ni grossi, ni régressé. Les spécialistes décident de poursuivre le traitement. Et les Dromart reprennent leur va-et-vient à la Réunion. Le traitement peut prendre un jour ou deux à trois jours. A 720 euros, la journée d?hospitalisation, cela revient cher.

Tumeur en régression

En août 2002, Alizée a pourtant été examinée par le Medical Board du ministère de la Santé qui l?a jugée inopérable. De ce fait, les Dromart auraient dû bénéficier de Rs 200 000. Or, ils n?ont rien reçu jusqu?ici. Début septembre, les Dromart achètent des billets d?avion, mais Alizée n?est pas en mesure de faire sa chimiothérapie car le taux de ses plaquettes sanguines est bas. Ils retournent jeudi pour un nouveau traitement.

Depuis peu, le couple s?accroche à une lueur d?espoir. Joëlle a reçu un courrier électronique de l?hôpital réunionnais l?informant que la tumeur a légèrement régressé. Les parents notent aussi qu?Alizée garde moins le poing de la main droite fermé, qu?elle est plus solide sur ses jambes et qu?elle a meilleur appétit.

Financièrement, ils peuvent tenir le coup jusqu?à fin janvier 2004, date du dernier bilan d?Alizée en France. Ce sera plus dur si le traitement doit être poursuivi. Joëlle se dit surprise que son courrier électronique, adressé à ses connaissances l?an dernier, circule encore sur le Net. ?C?est embarrassant car il est question du début de la maladie d?Alizée et le numéro de compte est en devises. Les gens peuvent penser que c?est de l?arnaque, mais nous n?en avons aucun contrôle.?

Joëlle tient à remercier tous ceux qui les ont aidés. ?A tous, et ils se reconnaîtront, un gros merci de notre part et d?Alizée. Ceux qui n?ont eu le e-mail que récemment et qui veulent aider, peuvent encore le faire. On les remercie d?avance. Il se peut qu?on soit obligé de refaire un appel de solidarité. Tout dépendra de son bilan de janvier prochain.?

Les Dromart confient qu?ils vivent dans l?angoisse. ?A aucun moment, les spécialistes ne se sont prononcés sur le devenir d?Alizée. Nous essayons de penser positivement. Pour nous, chaque jour est un jour de gagné. En sus de l?aide financière, beaucoup de gens ont prié pour nous. Notre espoir est qu?elle guérira, par la grâce de Dieu??

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