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L?Icac part en campagne

10 septembre 2003, 20:00

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?Nou attane qui l?Icac faire ène travail propre dans pays. Parce qui éna trop beaucoup magouilles?, lance Renouka Joomuck avant de prendre place dans le centre social de Rose-Belle où discutent quelques officiers du bureau de l?Independent Commission against Corruption, (ICAC).

Satianand Ramdhayan, Bernadette Sew Chung Hong et Artee Hurloll, des officiers de l?Icac y étaient jeudi pour animer une session de formation et une campagne de sensibilisation sur le rôle de cette institution à Maurice à l?intention d?une cinquantaine de femmes faisant partie de l?Association féminine de Rose-Belle.

Aidé d?un support audiovisuel, Satianand, l?officier de l?ICAC, explique à ces mères de famille que la corruption pourrait sérieusement menacer les fondements de notre société si des mesures drastiques ne sont pas prises pour essayer de l?éradiquer. L?animateur explique qu?il faut lutter contre la corruption autour de nous. La femme étant plus proche de la cellule familiale, elle est bien placée pour participer activement à cette campagne.

Pour éviter que les enfants succombent aux pièges de la corruption, les officiers ont suggéré aux parents de transmettre des valeurs comme la politesse, le partage et le goût de l?effort à leurs enfants. ?Quand donne zot deux quitchose, zot bien capave prend ziste ène seule par exemple. Pour cé qui vine par derrière li aussi li gagné?, conseille l?officier Satianand.

Pour Bernadette Sew Chung Hong, il est important d?inculquer les notions de civisme aux enfants dès leur plus jeune âge pour qu?ils grandissent avec ces valeurs.

Ayant constaté que la méconnaissance des lois serait une des sources principales de l?ampleur de la corruption, Bernadette a mis l?accent sur le rôle de chaque individu sur son lieu de travail, que ce soit dans le service public ou dans le secteur privé. ?Si ou conne ou droit, personne pas pou capave embête ou?.

Et d?insister pour que la corruption ne devienne pas un mode de vie.

Inconnue au bataillon

Malgré les raisons avancées par Mantee Bhagawan, Premila Jeebaun, et Mohinee Ramkissoon, les trois principales animatrices de ce centre social pour convaincre leurs membres à assister à cette première causerie, il semblerait que l?Icac était jusqu'à jeudi dernier, une commission très peu connue voire inconnue auprès de certains membres de cette association. Les témoignages ne manquent pas.

?Je n?en ai jamais entendu parler. Je suis venue par curiosité. Mo ti a content découvert qui li été sa l?Icac là?, déclare Dorooawatte Ramdhun, habitante de Rose-Belle.

Marie-Ange Brutus, elle aussi, veut comprendre le rôle de cette comission. ?Nek tane cosé, nou ti envi conné qui zot faire?.

Mais l?autre réalité, c?est cette soif chez certains de découvrir les membres de l?Icac autrement qu?à travers la radio, la télé et la presse écrite. ?J?en ai entendu vaguement parler à travers la publicité. Mais qui sont-ils ? C?est pour cela que je me suis fait un devoir de venir assister à cette causerie?, explique Agnès Errigadoo qui ne quitte des yeux les diapositives qui donnent une définition détaillée de la corruption.

Après la causerie, Mantee Bhagawan se dit satisfaite de l?écho reçu. ?Je ne m?y attendais pas. Les membres se sont montrés très intéressés. Certains se sont même rendus à Nouvelle-France mardi dernier pour assister à une autre causerie sur le même sujet?.

Il se pourrait que des animateurs des sessions de formation se rendent très prochainement dans les zones industrielles et dans les hôtels pour le même exercice.

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