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Marche de protestation : les anti-mondialistes demandent le respect des travailleurs

10 septembre 2003, 20:00

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Les ?alter-mondialistes? ont fait entendre leurs voix hier dans les rues de la capitale. Regroupés au sein d?une plate-forme commune anti-mondialisation, plusieurs organisations syndicales ont ainsi organisé une marche de protestation en marge de la tenue du sommet de l?Organisation mondiale du commerce (OMC) à Cancun, au Mexique. La manifestation s?est déroulée sans anicroche.

Munis de pancartes et de banderoles, les quelque 300 participants à la marche se sont donné rendez-vous au Champ-de-Mars, peu après 14 heures, pour entamer leur marche pacifique. L?objectif était de faire parvenir une lettre au ministre de la Sécurité sociale, Samioullah Lauthan, et à celui du Commerce, Jayen Cuttaree. ?Banne travailleurs pé exploité par banne capitalistes. Nou pé faire parvenir ca lettre là pour dimand zot défan nou droits?, explique Ashok Subron, membre de la plate-forme commune anti-mondialisation.

Avant que ne débute la marche, les dernières consignes sont données pour éviter tout dérapage. Les manifestants viennent de participer à des débats sur les impacts ?néfastes? de l?OMC sur les pays les plus pauvres.

Le départ est donné vingt minutes plus tard. Les participants quittent le Champ-de-Mars et les slogans fusent déjà : ?OMC : Organisation mondiale capitalistes?, scande-t-on dans la foule. Une forte présence policière a été dépêchée sur place pour éviter tout débordement. Les ?alter-mondialistes? prennent la direction du ministère de la Sécurité sociale.

Parmi les manifestants se trouvent plusieurs licenciés de la compagnie textile Leisure Garments venus exprimer leur détresse. Vinod Neerunjun, 40 ans, est de ceux-là. Il ne peut retenir ses larmes. Ce père de famille a travaillé dans l?usine pendant 18 ans comme Senior Supervisor. ?Maintenant, je me retrouve sans rien. Je suis venu ici pour me défendre?, lâche-t-il en étouffant un sanglot.

Les ?alter-mondialistes? n?en démordent pas : ils entendent bien faire valoir leurs droits. ?La pension de vieillesse est un droit acquis et certains veulent maintenant nous l?enlever?, dénonce Atma Shanto, l?un des organisateurs de la marche.

?The people united will never be defeated?, poursuit un participant. Un slogan qui avait résonné pour la première fois dans les rues de la capitale en janvier dernier lors d?une précédente marche de protestation organisée en marge de l?Africa Growth & Opportunity Act.

?On ne touche pas à la pension?

Le cortège arrive bientôt à la hauteur du ministère de la Sécurité sociale, à l?angle des rues Jules Koenig et Maillard. Sur place attend le secrétaire permanent du ministère, Reshad Hosany.

Atma Shanto, muni d?un porte voix, lit à haute voix le contenu de la lettre au ministre de la Sécurité sociale. ?Nous lui adressons cette lettre pour manifester notre opposition au projet de revoir le système de pension de vieillesse?, lance-t-il.

Dix minutes plus tard, la lecture est finie, les slogans reprennent de plus belle. ?Faire tension. Na pas touche nou pension vieillesse. Pension minis ek dépité augmenter. Le peuple so pension ménacé.?

Le cortège prend la direction du Paille-en-Queue Court pour remettre la lettre au ministère du Commerce. ?Nous demandons que le ministre du Commerce, qui assiste au sommet de l?OMC au Mexique, défende des positions qui correspondent aux intérêts des travailleurs mauriciens?, dit Atma Shanto.

Sur place, une délégation, composée des principaux organisateurs de la manifestation accompagnés de deux ouvrières licenciées de la zone franche, montent au ministère. Ils remettent leur missive et ressortent aussitôt.

La manifestation a pris fin vers 15 h 30. Les organisateurs se disent ?satisfaits? du déroulement de la journée. ?Nous espérons que les revendications des travailleurs seront entendues et prises en compte?, disent les manifestants.

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