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Koli Kouamé

10 septembre 2003, 20:00

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- Quel est le but de la réunion qui se tient au Centre de conférences de Grand-Baie ?

Cette réunion, qui regroupe les chefs de service chargés de la lutte contre le trafic illicite des drogues en Afrique, comprend quatre volets : l?analyse, les questions de formation, la mobilisation des communautés ? car il faut soutenir les organismes de répression ? et les différentes mesures prises au cours de l?année écoulée.

- Quel est le rôle de l?Office des Nations unies contre la drogue et le crime ?

Notre organisation remplace le Programme des Nations unies pour le contrôle international des drogues et le Centre international de prévention du crime. C?est un service qui est en charge de toutes les questions relatives à la lutte contre la drogue, le crime organisé et le terrorisme.

Nous sommes tenus, selon nos moyens, d?apporter une assistance technique aux pays sur cette question. Nous avons deux fonds, l?un pour la lutte contre la drogue et l?autre pour la prévention du crime, alimentés par des contributions volontaires des pays membres. Nous aidons à renforcer les capacités de répression (police, douane, immigration, port?) Mais nous intervenons aussi à la réhabilitation des toxicomanes.

- D?année en année, le constat empire. Quels changements observez-vous lors de ces réunions ?

Les Etats s?impliquent davantage dans la lutte contre la drogue. Cette année, je note une très forte présence des pays africains. Près de 40 sont représentés sur les 53 États du continent. Le contenu des discussions évolue aussi beaucoup. J?attends des résultats positifs cette année.

- La conférence d?aujourd?hui réunit des représentants des États africains. Mais quel continent souffre le plus de la drogue ?

Au niveau des assistances techniques, nous avons surtout mis l?accent sur les pays producteurs. Une grande partie de ces assistances va à l?Amérique du Sud, pour lutter contre la culture de coca, et à l?Asie, pour lutter contre la culture de l?opium. Nous avons aussi lancé un programme en Afghanistan, qui est l?un des plus gros producteurs de drogue.

En Afrique, il est encore possible d?agir grâce à la prévention, même si la situation se détériore. On constate qu?il y a de plus en plus d?abus et les saisies et le nombre de toxicomanes augmentent. Mais plus la situation s?aggrave, plus il faut être déterminé. Je ne suis pas un naïf mais je pense que le travail que nous faisons est utile. Il faut toujours garder l?espoir.

- Et l?île Maurice dans tout ça ?

Le problème existe à Maurice. Ce qui est différent par rapport aux autres pays africains, c?est qu?ici, le gouvernement a mis les moyens et les infrastructures nécessaires pour lutter contre ce fléau. La répression, au niveau des forces policières, est bonne. Vous avez la Natresa, qui subventionne des Organisations non gouvernementales. Les nouvelles lois, notamment celle contre le blanchiment d?argent, viennent renforcer l?arsenal juridique. Bien sûr, comme partout, tout n?est pas parfait. Mais je sens une détermination, une volonté du gouvernement.

Propos recueillis par Sonia SERRA

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