Publicité
Bénéfice du doute à un ancien président du Nord
Par
Partager cet article
Bénéfice du doute à un ancien président du Nord
Krishna Kistnen, l?ancien président du conseil des districts du Nord accusé d?avoir sollicité un pot-de-vin, s?en sort avec le bénéfice du doute. Idem pour le coaccusé, le conseiller Bhagwandass Bhoyroo. Le magistrat Denis Vellien, dans son jugement en date du lundi 10 septembre, met en doute la version du principal témoin à charge, Raja Bhadain, ancien maire de Curepipe.
Le procès a pour toile de fond l?octroi de permis à Raja Bhadain et Emtel. Nous sommes en juillet 1993. Le dénonciateur s?apprête à vendre une partie de ses terres à Emtel afin que l?entreprise de téléphonie cellulaire puisse y ériger une ?base station?. D?une part, Raja Bhadain cherche un permis d?excision. De l?autre, il sollicite le conseil des districts pour un permis de développement. Ces requêtes sont déposées le 16 juillet 1993.
Une semaine plus tard, raconte-t-il en cour, il reçoit un appel de Jean-Marc Monplé d?Emtel à l?effet q?un comité du conseil qui étudie ses demandes ne serait pas favo-rable à l?allocation de ces permis. Raja Bhadain appelle tout de suite au trésorier du conseil pour qu?il s?enquière de la situation avant de s?y rendre.
Peu après son arrivée, le trésorier l?informe que le comité n?a pas agréé à ses requêtes pour des raisons techniques. Il demande alors si le représentant d?Emtel est en mesure de s?expliquer. Jean-Marc Monplé est appelé à l?intérieur du Committee Room.
Bhagwandass Bhoyroo sort de la salle pour informer Raja Bhadain que ses pétitions ont été refusées. Selon le dénonciateur, ce conseiller lui aurait remis ses coordonnées de même que celles de Krishna Kistnen, ?un bon ami à lui?.
A la barre des témoins, Raja Bhadain affirme avoir appelé le conseiller le même jour à 18 heures. Rendez-vous est pris à la résidence du président de conseil à Terre-Rouge le lendemain matin à 8 heures.
Rs 5 000 pour chaque membre
C?est ainsi, souligne le dénonciateur, que Bhagwandass Bhoyroo exige Rs 5 000 pour chaque membre du comité pour que cette instance approuve ses requêtes de permis. Raja Bhadain indique qu?il fera le nécessaire auprès d?Emtel tout en insistant que ses dossiers soient pris en considération dans les plus brefs délais. Le même jour, l?ancien maire prend contact avec l?assistant-surintendant Narain Peerun, à l?époque, principal enquêteur du Unified Revenue Board.
Raja Bhadain indique à Narain Peerun le jour où il va prendre possession des permis. L?argent, Rs 30 000, est remis dans les locaux d?un ingénieur et déposé par le président dans un casier. Au même moment, l?assistant-surintendant débarque dans la pièce, fouille et retrouve l?argent au même endroit.
Mais la version de Krishna Kistnen, qui avait retenu les services de Me Rama Valayden, est différente. Il maintient que c?est l?ancien maire qui le rencontre le jour de la réunion du comité. Il souligne aussi qu?à l?issue des explications non convaincantes de Jean-Marc Monplé, c?est le dénonciateur qui essaie de solliciter les autres membres du comité pour renverser la décision.
Le jour de la remise de permis, Krishna Kistnen affirme avoir vu Narain Peerun pousser Raja Bhadain à l?intérieur d?une pièce. L?enquêteur l?interroge sur son identité, procède à une fouille corporelle, avant de monter sur une chaise et de découvrir les Rs 30 000 dans le casier. Il est arrêté et emmené aux Casernes centrales. Quant au conseiller Bhagwandass Bhoyroo, il insiste que c?est Raja Bhadain qui lui a proposé de renverser la décision du comité.
Tenant compte des dépositions, le magistrat Denis Vellien est critique à l?égard de l?ancien maire: ?The disturbing features highlighted cannot but undermine the credibility of Mr Bhadain.?
Il ajoute : ?And it is clear that he had an interest of his own to serve not only in exculpating himself as a party in the alleged bribery but also in the sense that it was imperative for him to obtain the permits in question without delay in order to realize the sale he intended to make, it is difficult to act on his uncorroborated evidence in relation to the disputed facts of this case including the alleged agreement between the accused parties to claim a reward from Emtel.?
Publicité
Publicité
Les plus récents