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La Banque centrale sépare les opérations monétaires de la gestion de la dette

9 septembre 2003, 20:00

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Le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Paul Bérenger, avait annoncé ces changements lors du dernier budget. Dorénavant, les bons du gouvernement, les Mauritius Development Loan Stocks (MDLS) serviront uniquement à lever des fonds pour financer le budget de l?Etat. La Banque centrale émettra, elle, des Bank of Mauritius Bills, ou Treasury Bills (T-bills) dans l?unique but de gérer la liquidité dans le circuit monétaire.

Ces changements répondent aussi à un autre besoin : réagencer les échéances des dettes publiques domestiques. Les titres du gouvernement comporteront dorénavant des maturités beaucoup plus longues. Cela permettra aux autorités de mieux gérer les emprunts dans le court terme. La structure des échéances est d?une importance vitale pour la trésorerie de l?Etat dans le contexte des risques d?instabilité des marchés.

Les BOM Bills auront, eux, des échéances beaucoup plus courtes. La Banque de Maurice émet quatre T-bills aux échéances suivantes : trois mois, six mois, une année et deux années. Les dettes du gouvernement ont des maturités plus longues.

Ces transformations visent à rendre les transactions sur les instruments obligataires plus intenses et plus fréquentes (soit un marché plus liquide). Une courbe de rendement (yield curve) plus fiable devrait émerger à la faveur de ces nouvelles donnes.

Pour les gestionnaires de portefeuilles, une courbe de rendement leur permet de prendre des positions plus actives sur le marché grâce à une meilleure visibilité des taux futurs. Des marchés monétaires et obligataires actifs et liquides aident à amortir les effets des chocs internes et externes car ils permettent aux emprunteurs un financement intérieur aisément accessible.

?Les changements envisagés apporteront des mutations profondes sur la manière de lever des fonds à Maurice Nous nous dirigeons vers une culture de risque plus balancée à Maurice?, a expliqué le Managing Director de la Banque centrale, Anil Gujadhur, lors de la présentation des conclusions du Financial Sector Assessment Programme (FSAP) lundi dernier à Pointe-aux-Piments.

La Banque de Maurice travaille activement à la mise en place d?un Credit Information Bureau (CIB). Cette structure devrait être opérationnelle à partir du début de l?année prochaine. Le CIB constituera une base de données sur les profils et les références des débiteurs. Les institutions financières et autres investisseurs pourront consulter ces données et ainsi être plus à même de prendre des décisions d?investissement plus informées.

La Banque centrale envisage aussi de créer un service de notation (credit rating) pour les banques opérant à Maurice. La Banque se basera sur les résultats des off-site examinations qu?elle effectue à intervalles réguliers auprès des institutions bancaires pour pouvoir allouer ses notes.

Au chapitre de la régulation et de la supervision financière, les autorités sont en faveur d?une infrastructure intégrée qui puisse couvrir les différentes prestations et opérateurs financiers. De ce fait, l?intégration de la Banque de Maurice et de la Financial Services Commission (FSC) est à l?ordre du jour, même si aucune décision dans ce sens n?est envisageable dans le court terme. ?L?intégration complète de ces deux institutions sera évaluée l?année prochaine. Une décision sera prise à la lumière de leur niveau de préparation respective?, indiquait le ministre des Services financiers et des affaires corporatives, Sushil Kushiram, lundi dernier lors de la présentation des résultats du FSAP.

Le FSAP, une initiative conjointe de la Banque mondiale (BM) et du Fonds monétaire international (FMI). Il avait pour but de passer en revue le secteur financier et de faire des propositions en vue de résoudre les failles identifiées. Selon le constat de la BM et du FMI, les risques d?instabilité dans le système financier demeurent relativement faibles et les institutions affichent, en général, une bonne santé financière. Toutefois, il existe un manque de diversité dans le marché financier, tandis que le secteur bancaire demeure très concentré, avec les deux principales banques commerciales du pays, la Mauritius Commercial Bank et la State Bank of Mauritius occupant 70 % du marché.

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