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Les oubliés de Peter White Lane
Derrière le rideau du développement à Poste-de-Flacq se cachent des poches de pauvreté. À Peter White Lane, le petit Ricardo, 4 ans, arrive difficilement à faire quelques mètres à bicyclette. Cette voie, qui mène vers les maisons occupées par une trentaine de familles démunies, n?est pas asphaltée et se transforme en bourbier à la moindre averse. De plus, elle n?est pas éclairée, ce qui pose un véritable problème de sécurité pour les usagers à la tombée de la nuit.
Beaucoup de familles ne sont pas encore pourvues d?eau courante. Liliane Tomin est de celles-ci. Elle a installé un tuyau d?arrosage chez un voisin pour s?alimenter en eau.
Liliane, qui habite ce quartier depuis cinq ans, déplore aussi que les démarches entreprises auprès des autorités concernées n?aient pas abouti. ?En période de pluie, la route devient impraticable et les enfants ne peuvent pas se rendre à l?école. Les taxis refusent d?y entrer même lorsqu?il faut transporter un malade?, se plaint-elle. Selon Banjeet Nirmalsing, conseiller et président du centre communautaire du village, cette situation perdure depuis une dizaine d?années. ?L?eau provenant de la fosse septique des appartements de la National Housing Development Company (NHDC) inonde souvent le Peter White Lane. L?odeur est irrespirable. Jusqu?à présent, les démarches sont demeurées vaines?, dit-il.
Joseph Blaise et Corine Petit-Petit, qui habitent à Peter White Lane depuis douze ans, se considèrent comme des ?oubliés du village?. ?C?est un lieu historique qui abrite le cimetière des Anglais. Aujourd?hui, c?est un endroit abandonné?, fait remarquer Corine. ?Mo ène chômeur, ène zenfant misère. Mo pas pou gagne travail?, ajoute Joseph de son côté.
Pierrot Sakir explique que les familles habitant ce quartier font des petits métiers : ils sont laboureurs, maçons et pêcheurs. Il y a aussi un grand nombre de chômeurs.
laisser-aller
Terrain de foot abandonné
Poste-de-Flacq compte une quinzaine d?équipes de football, mais n?a pas un bon terrain pour disputer des matches. Le travailleur social, Dharmatma Dilloo, montre les grosses pierres qui jonchent le terrain et les mauvaises herbes qui arrivent à hauteur de la taille.
Gregory Labelle estime que par la négligence des autorités concernées, les jeunes du village sont privés d?un sport sain. ?Lorsque les jeunes n?ont rien à faire, ils ont tendance à s?adonner à l?alcool?, soutient-il.
Le jeune homme dit qu?il n?est pas contre la reconstruction du stade George V ou la construction de nouvelles infrastructures sportives, mais il souhaite au moins que les villages comme Poste-de-Flacq ne soient pas pénalisés. ?C?est notre droit d?avoir des infrastructures sportives à notre disposition. Il ne faut pas oublier qu?il y a de bons joueurs dans les villages. Ce qui explique que l?équipe des Faucons de Flacq est en première division?, dit-il.
Rosario Drabucan reproche aux élus de les avoir complètement négligés depuis les élections générales. ?Ils ne vont revenir qu?aux prochaines élections?, lance-t-il. Jean-Pierre Francoeur, lui, dira que le terrain de foot se transforme en ?piscine? après chaque averse.
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