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Rajesh Bhagwan : ?Je ne suis pas en quête de pub?

13 août 2003, 20:00

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  • On est tous un peu étonné de voir le ministre de l?Environnement jouer les premiers rôles dans les préparatifs menant aux Jeux des îles. Pas vous ?

? L?environnement est aujourd?hui une priorité mondiale. Et le sport, on s?en est rendu compte, peut s?avérer un tremplin exceptionnel pour faire passer le message écologique. Cela s?applique déjà à l?échelle olympique. Je vous rappelle d?ailleurs que Sydney 2000 avait été proclamé ?The Green Games?.

Le concept du développement durable a aujourd?hui fait son chemin. Il prône l?amélioration du style de vie des citoyens. Cela passe, bien évidemment, par l?esthétisme des villes et des villages, qui a une influence directe sur le moral des gens, donc sur la productivité.

  • Je vous rappelle qu?on parlait des Jeux des îles?

? Les Jeux des îles sont arrivés au bon moment. Au ministère de l?Environnement, nous avons saisi la balle au bond pour nous positionner comme un partenaire naturel du sport. Ce n?est pas pour rien que les Jeux de 2003 ont été placés sous les signes de l?unité nationale et de l?environnement, deux piliers de notre qualité de vie.

Nous avons profité de cette occasion unique pour concrétiser nos nombreux projets. Il fallait améliorer le cadre physique dans lequel évoluent les Mauriciens et sensibiliser ces derniers sur la nécessité d?une île Maurice propre. Les Jeux nous ont donné cette possibilité.

C?est bien d?investir des millions dans des infrastructures sportives de haut niveau. Mais, pour les rendre encore plus accueillantes, plus chaleureuses, il fallait embellir leurs environnements immédiats.

  • A la limite, c?est plus facile de construire un nouveau gymnase que d?habiller ses alentours. Comment avez-vous procédé ?

? Dans ma tête, il était clair, dès le départ, que l?environnement serait un maillon essentiel de cette grande chaîne que sont les Jeux des îles. Nous avons donc procédé par étapes, soucieux que nous étions, mes officiers et moi, d?avoir une approche à la fois rigoureuse et méthodique.

Nous avons commencé par faire un inventaire. Nous nous sommes rapidement rendus compte qu?un vaste chantier nous attendait, qu?il y avait tout un travail à faire pour améliorer l?environnement immédiat des sites de compétition, les rendre plus dignes des infrastructures qui y ont été construites ou rénovées.

On s?est mis au travail après avoir situé les responsabilités de tout un chacun : les autorités, le privé, les individuels.

  • Et, aujourd?hui, pour reprendre vos propres mots, le miracle s?est produit?

? Oui. Au ministère de l?Environnement, nous ne sommes pas peu fiers d?avoir relevé cet immense défi. Il faut que les gens l?admettent : nous avons transformé le paysage immédiat des Mauriciens.

Allez au stade Anjalay, au stade de Bambous, à la piscine Serge Alfred et vous verrez que nous avons complètement réaménagé leur extérieur, que nous avons nettoyé les terrains vagues pour en faire des espaces verts agréables. Regardez à quoi ressemblent maintenant les routes Shivananda, près du nouveau stade George V, et Boundary, à l?arrière du gymnase de badminton. Voyez ce que nous avons fait de l?ancien bureau de la CHA à Rose-Hill. Il était en ruine. Il respire aujourd?hui le neuf. Les exemples ne manquent pas.

  • S?il n?y avait pas eu les Jeux des îles, rien de tout ça n?aurait été fait ?

? Bien sûr que si. Mais les Jeux des îles nous ont donné l?occasion d?accélérer le processus. J?ai pris sur moi. En tant que ministre et patriote, je ne pouvais pas concevoir que le pays accueille des milliers d?athlètes et dirigeants étrangers sans qu?un effort ne soit fait pour embellir notre cadre physique. On n?avait pas le droit de projeter l?image d?une île Maurice sale, mal entretenue.

  • En deux mots, il fallait leurrer nos amis des îles voisines ?

? Non, pas du tout. Il y a, derrière tout ça, une volonté politique sincère. L?esthétisme, l?embellissement de nos villes a toujours fait partie des priorités du ministère de l?Environnement. Avec les Jeux, l?occasion était trop belle. On l?a saisie. Et c?est tout à notre mérite.

  • Que répondez-vous à ceux qui disent que Rajesh Bhagwan est un opportuniste, qu?il procède par calcul politique ?

? Je leur réponds qu?ils ont tout faux. Je ne suis pas un opportuniste. J?ai été maire de Rose-Hill à trois reprises, je suis député depuis 20 ans. Croyez-vous vraiment que je suis en quête de pub ? Non. La vérité elle est toute simple : en tant que patriote, j?ai voulu, humblement, contribuer à la réussite des Jeux des îles. Et cette contribution, elle est aujourd?hui visible.

J?ai par ailleurs beaucoup d?amitié pour Ravi Yerrigadoo, mon collègue des Sports. Il fallait que je lui rende service. Je suis par ailleurs heureux d?avoir travaillé avec Michael Glover, le Chief Executive du COJI. J?ai été, dans le temps, un de ses plus farouches adversaires sur la scène politique. Beaucoup d?eau a coulé sous les ponts depuis et on a eu la chance de se retrouver à la même table. Si je vous dis que j?en suis heureux et fier, croyez que c?est mon c?ur qui parle.

  • Certains vous prêtent l?intention de poser un jour vos valises au troisième étage de l?immeuble Emmanuel Anquetil. Le sport, vous aimez?

? (Longue hésitation) J?adore le sport. Surtout le football et Manchester United. Voyez vous-même (Il nous montre toutes sortes de gadgets à l?effigie des Red Devils dont un ballon de collection dédicacé par les joueurs mancuniens). Je suis par ailleurs un grand fan d?athlétisme. Mon oncle, Shantilal Dhanjee, y a longtemps été associé. Mais, pour vous répondre franchement, je n?ai jamais pensé à devenir ministre des Sports. Et ce n?est pas à 55 ans que je vais le faire. Il y a une jeune génération qui est arrivée et c?est à elle d?assumer ses responsabilités. Alors, la question ne se pose pas.

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