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Dr Mulu Ketsala, ministre d?Etat éthiopien au ministère des Finances et du Développement économique
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Dr Mulu Ketsala, ministre d?Etat éthiopien au ministère des Finances et du Développement économique
Protéger l?économie rurale en Afrique veut dire obtenir des marchés d?exportation garantis pour les produits agricoles?
La survie des régions rurales dans plusieurs pays africains dépend de l?exportation des produits agricoles. Dans notre cas, en Ethiopie, il s?agit principalement du café. Durant ces dernières années, sur le marché international, ce produit a adopté une tendance à la baisse. Cela a beaucoup affecté les fermiers qui dépendent de cette culture. Nous avons essayé de diversifier nos exportations vers les produits transformés. Mais les marchés sont difficiles à pénétrer. La majorité des pays avancés protègent leurs fermiers à travers des subsides. Nous constatons des progrès sur ce plan mais il faut du temps pour obtenir des résultats concrets.
Faites-vous allusion aux réformes de la politique agricole commune (PAC) en cours en Europe ?
L?Union européenne (UE) a fait part de son intention de réduire les subsides accordés aux fermiers européens. Mais elle a aussi dit que cela se fera dans les temps. Je pense que nous devons travailler ensemble au niveau régional, par exemple, à travers le COMESA (Common Market of Eastern and Southern Africa) et la SADC (Southern African Development Community), afin d?améliorer notre capacité de négociations. Nous devons pouvoir changer l?opinion des Européens sur ce sujet. Cela s?applique aussi aux Etats-Unis et aux autres pays qui subventionnent l?agriculture domestique. Nous devons parallèlement améliorer la qualité de nos produits et aussi encourager la diversification de nos exportations.
L?Afrique n?a pas pu acquérir les technologies nécessaires pour permettre à son agriculture de passer à un stade supérieur de développement. Comment remédier à ce manque ?
En Ethiopie, nous avons fait beaucoup d?efforts en vue d?améliorer la capacité du secteur privé. Nous avons créé un ministère dont la tâche est d?identifier et de corriger les faiblesses des différents secteurs dont le secteur privé. Nous disons que les institutions devront se renforcer. Toutefois, c?est très difficile pour un pays de faire cela seul. Nous avons besoin de la collaboration des autres pays africains. Nous comptons encourager notre secteur à former des alliances avec des pays tels le Kenya ou Maurice. Nous encourageons aussi les investisseurs étrangers à venir s?implanter chez nous et ainsi faciliter le transfert de technologie, du savoir-faire et de managerial capacity. A moins que nous arrivions à transformer notre agriculture, il sera très difficile de faire face à la concurrence internationale.
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