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Cinq à 40 ans de servitude pénale pour les violeurs
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Cinq à 40 ans de servitude pénale pour les violeurs
Les députés ont adopté hier le ?Sexual Offences (Miscellaneous) Bill?, avec amendements additionnels. La loi prévoit des peines plus lourdes pour les violeurs et une comparution de l?accusé devant au moins deux magistrats. Ainsi, la peine encourue est à présent entre cinq et 20 ans de prison, voire 40 ans en cas de viol collectif, contre huit ans auparavant.
Pour éviter des traumatismes supplémentaires à la victime, celle-ci peut assister au procès à l?aide de la vidéoconférence, a expliqué Emmanuel Leung Shing, le ministre de la Justice et Attorney General qui présentait le texte de loi.
Pour les députés, le viol est un cas d?abus très particulier qui est jugé de différentes manières par l?opinion publique. ?Le viol a fait l?objet d?intenses débats pendant des années?, estime la ministre de la Femme et du bien-être de la famille, Arianne Navarre-Marie. ?Lorsqu?une femme est violée, des commentaires ignobles visant à blesser cette femme sont faits par certains?, ajoute-t-elle.
32 % n?en parlent pas
La ministre souligne également qu'il existe encore de nombreux préjugés par rapport au viol. ?Selon des études, 81 % des abus sexuels sont prémédités et 61 % de viols sont faits par une personne connue de la victime.? Arianne Navarre-Marie évoque ensuite le fait que de nombreuses victimes de viol hésitent à en parler. Chiffres en main, elle souligne que la moitié des victimes parlent bien après l?acte commis et que 32 % n?en parlent jamais. C?est pour cela, dit-elle, que des structures d?accueil doivent être mises en place pour accueillir les victimes.
Le député de l?opposition, Siddick Chady, abonde dans ce même sens.
Selon ce dernier, la police n?est pas suffisamment équipée pour traiter du problème. ?La dénonciation commence au bureau de police. Mais un officier lambda n?est pas suffisamment habilité?, soutient-il.
Mais, si la victime doit bénéficier de tout le support possible, le violeur doit également être suivi. ?Ce sont des gens malades qui doivent être réhabilités avant de les renvoyer dans la société?, ajoute, le député Chady. Les travailleurs sociaux ont leur rôle à jouer, affirme alors le ministre de la Sécurité sociale, Samioullah Lauthan. Françoise Labelle, députée de la majorité, souligne que les enfants sont tout aussi concernés que les adultes par des cas d?abus sexuels.
La députée Veda Baloomoody estime qu?il faudrait des directives émises par la justice pour que les avocats de la défense ne commettent pas d?abus lors du contre-interrogatoire de la victime. Sur ce point, Emmanuel Leung Shing et le vice-Premier ministre Paul Bérenger partagent les mêmes vues que Veda Baloomoody.
À la discrétion de la cour
Pour Devi Dookun-Luchoomun, la question de ?consentement?, dans un viol, doit être révisée si une victime ne résiste pas à ses violeurs. ?Cela ne veut pas dire qu?il y a consentement.? Pour Emmanuel Leung Shing, cet aspect doit demeurer à la discrétion de la cour.
Alan Ganoo, le ministre des Services publics, aborde un autre aspect de la loi. ?Il ne faut pas uniquement durcir les peines mais aussi combler toute lacune dans notre arsenal légal. Il faut réviser les règles de preuves qui handicapent les enfants victimes lors de leurs témoignages.?
Paul Bérenger souligne enfin qu?il est primordial que les agresseurs sexuels comprennent qu?ils seront rattrapés par la loi.
Patrick HILBERT
Alain BARBÉ
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