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L?opposition réclame davantage de fonds pour la promotion touristique

5 août 2003, 20:00

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Le tourisme pique du nez. Le ministère de tutelle estime que la situation n?est pas dramatique et affirme tout mettre en ?uvre pour redresser la barre. L?opposition est d?avis qu?il faut faire davantage et réclame une augmentation du budget national pour la promotion.

Navin Ramgoolam, leader de l?opposition, a consacré sa Private Notice Question à la contre- performance du secteur hier au Parlement. Ravi Yerrigadoo, ministre de la Jeunesse et des Sports, a répondu pour son collègue, Nando Bodha, en mission à Madagascar.

Les statistiques officielles pour la première moitié de l?année montrent que le nombre d?arrivées touristiques a connu une hausse relative de 3,9 %. Cependant, en moyenne, le taux d?occupation des hôtels a baissé par quatre points pour se situer à 62 %.

Les recettes sont également inférieures malgré l?appréciation de l?euro. Le tourisme a rapporté en-viron Rs 1 milliard de moins durant les dernières périodes de pointe (juillet 2002 à mars 2003) comparé à l?année précédente. L?industrie n?a récolté que Rs 13,7 milliards contre Rs 14,7milliards.

Insécurité grandissante

Navin Ramgoolam s?est intéressé de plus près à la performance du marché français qui est de loin le plus important pour Maurice. Les touristes français ont été moins nombreux à visiter le pays entre janvier et juin : 97 130 contre 100 408 pour la période comparative l?an dernier. La baisse a été de l?ordre de 3,3 %.

L?opposition a voulu connaître les raisons de la contre-performance. Ravi Yerrigadoo a évoqué les difficultés prévalant sur la scène internationale depuis les attentats terroristes de septembre 2001 contre les Etats-Unis. L?insécurité a poussé l?industrie du voyage au repli. Les attaques terroristes de Bali et de Mombassa (Kenya) et plus tard la guerre contre l?Irak n?ont fait que renforcer le sentiment d?insécurité, a expliqué le ministre du Tourisme par intérim. Pour corser l?addition, la morosité économique dans les marchés émetteurs perdure, ajoute-t-il. Et si le taux d?occupation est en baisse, c?est parce qu?il y a plus de chambres en offre cette année.

?L?industrie du tourisme évolue sur fond de grandes incertitudes et de confusion. Les vacanciers et ceux qui vo-yagent pour affaires sont réticents à s?aventurer loin de chez eux. Cependant, l?avenir n?est pas aussi brumeux. Nous réagissons prompte-ment pour contrer de possibles baisses de la demande dans les principaux marchés?, assure Yerrigadoo.

Navin Ramgoolam a voulu connaître les mesures spécifiques prises pour parer aux conséquences de la crise plutôt que les ?excuses? soulevées par le ministre pour justifier les mauvais résultats. Le ministre est resté dans le général : les campagnes de relations publiques ont été étoffées, des publicités très ciblées ont été faites avec le soutien de l?industrie? La Mauritius Tourism Promotion Authority (MTPA) suit la situation de près à travers des réunions de travail régulières avec ses antennes européennes.

Ravi Yerrigadoo martèlera ces propos à plusieurs reprises sans trop impressionner l?opposition. Navin Ramgoolam et, plus tard, le député Xavier-Luc Duval lui ont demandé de réagir au sentiment exprimé par certains dans l?industrie à l?effet que le budget de la MTPA n?est guère suffisant.

Ce budget se chiffre à quelque Rs 139 millions contre Rs 140 millions l?an dernier. Avec l?appréciation de l?euro, le budget réel dont dispose la MTPA a régressé de

20 %, estime Navin Ramgoolam. Il a également évoqué la ?rigidité? perçue au niveau de l?allocation du budget ce qui ferait que la marge de réaction de la MTPA aux situations de crises serait restreinte.

Sans répondre directement à la question, Ravi Yerrigadoo a soutenu que le ministère du Tourisme met ses ressources en commun avec celles de l?industrie pour y faire face. Il a beaucoup insisté sur un partenariat privé-public privilégié par les autorités.

?Havre de paix?

?Nous avons un sound marketing policy et nous savons où nous allons. Notre politique repose sur l?image exclusive et de qualité de Maurice. Nous mettons également de l?avant le concept de havre de paix?, explique Ravi Yerrigadoo.

A Arvin Boolell de demander si cette stratégie de marketing se résume à prendre le ministre du Tourisme en photo avec des starlettes ! Gaëtan Duval s?était aussi fait photographier avec des stars, dont Brigitte Bardot, a rétorqué la majorité dans la bonne humeur. Boolell a voulu aborder la gestion financière de la MTPA. Le vice-Premier ministre l?a interrompu en faisant valoir un précédent ruling du Speaker concernant les organismes parapublics.

Le député Xavier-Luc Duval s?est étonné de la satisfaction affichée par le ministre du Tourisme par intérim. Il a fait remarquer que d?autres destinations concurrentes (Maldives, Barbades, Inde, Afrique du Sud et même Israël) ont réussi des performances plus impressionnantes que Maurice. Comme Navin Ramgoolam, il invitera le gouvernement à cesser de prendre la conjoncture internationale comme prétexte pour excuser sa ?mauvaise gestion? de la crise.

Ravi Yerrigadoo a rejeté la comparaison. On ne parle ni du même produit, ni de la même clientèle-cible, a-t-il insisté.

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