Publicité

Langue ourdoue : difficultés et perspectives

5 août 2003, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

La langue ourdoue doit être davantage protégée et soutenue et l?éducation est l?élément clé pour arriver à cette fin. C?est le fruit principal des travaux de la 2nd World Urdu Conference. Des résolutions seront votées dans ce sens lors des sessions finales qui ont lieu aujourd?hui. Quarante délégués de 11 différents pays dont l?Inde, le Pakistan, la Grande-Bretagne, la Russie, l?Allemagne et l?Ouzbékistan sont intervenus pendant trois jours. L?invitation avait été lancée par l?Urdu Speaking Union, le National Urdu Institute, l?Islamic Cultural Centre et le ministère des Arts et de la culture.

Le but de la conférence est de chercher les voies et les moyens pour la survie et le progrès de la langue dans les pays respectifs. Certains intervenants ont fait remarquer que les problèmes ne sont pas les mêmes partout et sont multidimensionnels, chaque pays ayant ses propres réalités. L?hégémonie de l?anglais, le statut de l?ourdou par rapport aux politiques linguistiques, la désaffection des jeunes pour ce médium dans leurs études et la difficulté d?adaptation de la langue aux nouvelles technologies reviennent pourtant comme des constantes.

David Matthews, enseignant à l?université de Londres, est circonspect : même si des millions de personnes parlent toujours l?ourdou, ce serait une erreur de croire qu?elle a un statut qu?en réalité elle n?a peut-être pas. La situation n?est plus la même qu?il y a 150 ans. Selon lui, la valeur principale de la conférence vient de là. ?Un aspect important, ajoute-t-il, c?est que nous voyons ce qui se fait ici, la place accordée à l?ourdou par les autorités. Les enseignants le parlent très bien. C?est dire leur intérêt et leur enthousiasme.?

Le Professeur Anees Ashfaq Abidi livre aussi ses inquiétudes concernant l?avenir de la langue surtout par rapport à la sphère technique : ?Notre langue n?est pas assez riche pour transmettre l?information technique. Donc, nous avons à améliorer notre langue. Les étudiants en ourdou doivent être sensibilisés aux technologies de l?information.? Dans les conditions actuelles, ajoute-t-il, les termes, la terminologie pour une telle éducation ne sont pas encore traduits dans notre langue. Voilà notre problème de base.

Pour Haider Qureshi, intellectuel pakistanais vivant en Allemagne, la marche à suivre est la suivante : favoriser le renouvellement d?une bonne littérature et encourager l?enseignement surtout au niveau des enfants.

Shehzad Ahmed, président de l?Urdu Speaking Union, pour sa part, rappelle l?avancée de l?ourdou des madrassas, à travers le Coran, aux écoles primaires puis secondaires. ?La langue n?est pas dans le programme d?étude et ne va pas jusqu?au Higher School Certificate?, regrette-t-il, avant d?insister que l?hindoustani soit utilisé par la Mauritius Broadcasting Corporation pour les informations en langues orientales.

Jean-Bernard BARBEAU

Publicité