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Test réussi pour le plan de sauvetage du textile-habillement

31 juillet 2003, 20:00

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Accueil positif pour le plan de sauvetage de l?industrie textile-habillement présenté, hier, par la Textile Support Emergency Team (TEST). Toutefois, les industriels ont émis quelques réserves sur certaines implications du plan et aussi sur l?importance des facteurs externes aux entreprises.

Le taux de participation à cette demi-journée de travail témoigne déjà de l?intérêt porté à la TEST. Ils étaient en effet plus d?une centaine de chefs d?entreprise du textile et de la confection à répondre à l?invitation de la TEST hier.

Il s?agissait d?une session d?explication sur son fonctionnement et sur les moyens déployés pour aider le secteur à se restructurer. Raj Makoond, directeur du Joint Economic Council (JEC) et Radhakrishna Chellapermal, directeur du Financial Policy Analysis au ministère des Finances, qui sont les co-présidents de la TEST, en ont fait une première présentation générale.

Nikhil Treebhoohun, directeur du National Productivity and Competitiveness Council (NPCC), Raj Ringadoo, Chief Manager de la Banque de développement de Maurice (BDM) et Seilendra Gokool, Managing Director de la State Investment Corporation (SIC) ont, pour leur part, expliqué le mécanisme d?intervention de la TEST.

Confiance et confidentialité

L?approche préconisée est microéconomique. Elle se concentre sur les problèmes de productivité de l?entreprise individuellement. Viennent ensuite les sous-secteurs, l?industrie dans son ensemble et en fin de compte l?environnement des affaires au niveau national.

Avec l?aide du NPCC, la TEST compte effectuer un diagnostic des entreprises à travers des mesures de productivité. Celles-ci concernent notamment la globalité de l?entreprise, la main-d??uvre et le capital. Ces indices de productivité seront dérivés des bilans financiers des entreprises au cours des trois dernières années.

Sur ce point, Jean de Gaye, consultant, met en garde contre le fait que plus de 60 % des entreprises n?ont pas une comptabilité à jour. Si elles en ont une ! renchérit un autre intervenant. L?intégrité des données fournies aura à être vérifiée pour veiller à une analyse juste, poursuit Jean de Gaye.

Pour un autre responsable d?une entreprise phare, une des principales difficultés de cette méthode sera de convaincre les chefs d?entreprise à communiquer leurs données. Avertis sur ce problème, les responsables de la TEST ont, à maintes reprises, souligné que les données seront traitées avec la plus rigoureuse confidentialité. Selon eux, la confiance sera l?élément déterminant.

Les indicateurs de productivité et leurs influences sur la rentabilité permettront d?identifier la contribution de chaque intrant aux coûts et bénéfices. Il existe deux types d?intrants, ceux internes à l?entreprise ? équipement, main-d??uvre ? et ceux que l?entreprise se procure en externe ? utilités publiques et financement.

L?analyse des indicateurs de productivité aidera donc à identifier les principales faiblesses des entreprises. Des mesures correctives pourront ainsi être proposées à travers des plans de restructuration. Ceux-ci comprendront, entre autres, des réajustements internes et aussi, selon les cas, une assistance financière à travers la BDM ou le National Equity Fund (NEF).

La nécessité d?actions urgentes et concrètes explique également cette approche microéconomique. Comme l?a souligné Nikhil Treebhoohun, cela fait dix ans déjà que les rapports, analyses, séminaires et autres états généraux se succèdent pour résoudre les problèmes du textile-habillement. ?Nous savons quel est le problème mais il nous faut changer d?approche.?

Yayanth Murthy, consultant du Kaizen Institute, abonde dans le même sens. Les problèmes sont connus, mais la difficulté est de savoir comment les résoudre. Pour lui, la solution est simple : se retrousser les manches et se mettre au travail. La restructuration d?une entreprise pour améliorer sa productivité ne se fait pas dans les boardrooms et séminaires mais sur le ?factory floor?, précise-t-il.

Nicolas Maigrot, directeur exécutif de Floréal Knitwear, a témoigné de la justesse de cette approche. Un processus de ?reengineering? est en cours depuis octobre de l?année dernière chez le fabricant de pulls. Il a permis d?éliminer le ?gras? de l?entreprise. Les délais de production ont été écourtés, le coût de la main-d??uvre a été réduit de Rs 25 millions annuellement et 3 000 mètres carrés de bâtiments récupérés grâce à une meilleure organisation de la superficie.

A l?instar de Harold Mayer, Executive Operations Officer de Ciel Textile, les industriels se disent convaincus de la justesse de cette approche. ?Tout le monde devrait participer à la TEST pour permettre au gouvernement d?être plus proche de nos réalités.?

Pour Thierry Lagesse, patron du groupe Palmar, l?approche microéconomique est également excellente. Il soutient néanmoins que les aspects macroéconomiques tels que le coût élevé du financement ne doivent pas être ignorés. Une des grandes faiblesses du plan est que la BDM ne propose pas de meilleurs taux d?intérêt : entre 8 % et 10 %. C?est encore trop cher, déplore Thierry Lagesse.

Autre préoccupation du patron du groupe Palmar et de Jean de Gaye : le NEF n?accorde pas d?argent pour le refinancement de la dette. Vikash Nathoo, Fund Manager du NEF, répond que le ?refinancing? peut être considéré uniquement si cela fait partie d?un plan intégral de restructuration.

Sur l?aspect financier, les responsables de la TEST répondent que c?est le diagnostic du secteur qui permettra de déterminer véritablement le poids des charges financières dans la performance des entreprises. ?Nous ne perdons pas de vue l?aspect macroéconomique mais sans benchmarking, nous ne pourrons pas savoir quels sont les principaux problèmes?, explique Raj Makoond.

Pour Thierry Lagesse le message est clair. ?L?approche de la TEST est excellente. Tout le monde devrait participer pour donner au gouvernement un benchmarking de nos entreprises. Cela aidera le gouvernement à formuler des politiques en conséquence.?

Stéphane SAMINADEN

Benchmarking

Le test pratique

  • La méthodologie utilisée pour le diagnostic des entreprises est celle développée par Melkote Ram Ramsay. Des indicateurs de productivité sont dérivés des bilans financiers. Pour l?exercice, les entreprises auront à fournir leurs bilans pour les trois dernières années financières.

Les données seront saisies informatiquement selon un formulaire préconçu. La TEST envisage plusieurs options pour la collecte des données. Les entreprises peuvent télécharger le questionnaire du site du National Productivity Competitiveness Council (NPCC), le remplir et le renvoyer électroniquement.

Selon la demande, le NPCC peut envoyer ses cadres dans les entreprises pour les aider à remplir le questionnaire. Mais cette option est la moins prisée car elle prendrait trop de temps.

La troisième solution serait de réunir toutes les entreprises intéressées au quartier général de l?Industrial and Vocational Training Board qui dispose d?un laboratoire informatique comprenant 48 postes d?ordinateurs. En deux heures, 96 entreprises pourront soumettre leurs données, explique Nikhil Treebhoohun. Cet exercice pourrait se faire le 6 août.

Après la collecte des données, l?analyse par le NPCC avec l?aide d?experts étrangers prendra une dizaine de jours. Des rapports individuels et confidentiels seront renvoyés aux entreprises participantes. Une deuxième analyse plus approfondie permettra d?identifier individuellement les problèmes spécifiques des entreprises. A l?issue de cette étude et ce, vers le début de septembre, la TEST pourrait soumettre ses conclusions et recommandations à la Policy Intervention Team. Celle-ci agira ensuite au niveau de l?environnement national des affaires.

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