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Décès suspect à Poste-de-Flacq : L?époux passe aux aveux

31 juillet 2003, 20:00

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Marie Lucille n?en finit pas de pleurer la perte de sa fille. Elle l?a revue après deux ans, mais pour assister à ses funérailles. Simonette Delphine, 33 ans, habitant à Allée- Mangue, Poste-de-Flacq, aurait succombé, dans la nuit de mardi, aux multiples coups infligés par son époux Ricar. Ce dernier, un cordonnier de 33 ans, répond d?une accusation provisoire d?assassinat.

La vie conjugale de Simonette Delphine, à en croire ses proches et voisines, n'a été que soucis, agressions et tristesse. Depuis mardi, son époux est placé en détention préventive.

Sans l?intervention des trois cousines de Simonette, la famille Francoeur n?aurait jamais connu les causes du décès. En effet, dans la matinée, l?oncle Dartagnan apprend le décès de sa nièce. Il se rend à Allée- Mangue où Ricar sollicite son aide pour procéder, le même jour, à l?enterrement de Simonette. Un médecin signe même l?acte de décès.

Le dernier bain

En début d?après-midi, les trois cousines arrivent à la modeste maisonnette en tôle pour aider aux préparatifs. A ce moment précis, on donne à la défunte son dernier bain. ?Nous avons vu des ecchymoses sur le corps de Simonette et des traces sur son cou. Les proches de Ricar nous ont expliqué que l?origine de ces traces découle des crises de la défunte. En ce qui concerne celles au cou, sa belle-mère nous a précisé que ce sont là les marques causées par des feuilles de canne?, relate Angélique Edouard, l?une des cousines.

Elles se rendent au poste de police de Flacq pour consigner une déposition sur la mort étrange de leur cousine. Les grands moyens sont déployés pour stopper l?enterrement. L?autopsie, pratiquée par le médecin légiste Amah Charya Gujjalu, le même jour, attribue le décès à des traumatismes découlant d?un éclatement du foie. Interpellé, Ricar passe aux aveux.

Chez les Francoeur, la tristesse est couplée à l?impuissance de n?avoir pu tirer Simonette ?mère de trois enfants ? de la brutalité de son époux. D?ailleurs, dès le début de cette relation en 1988, Ricar annonce la couleur. Son épouse n?a pas le droit de rendre visite à ses proches. Le comble c?est que les deux familles habitent dans la périphérie de Flacq.

?Mon gendre a toujours été violent. Un jour il a roué de coups ma fille alors qu?elle était venue me rendre visite avec ses deux enfants?, se rappelle la mère. La s?ur aînée de Simonette l?incite à abandonner le toit conjugal, mais en vain.

Il y a deux ans, le couple Delphine se retrouve sans toit. Il loue par la suite une maison à Rivière-du-Rempart. Mère de deux enfants, Simonette est employée par les planteurs de la région à labourer et à sarcler leurs terres. Étant donné le caractère de bagarreur de Ricar, souligne Marie-Lucille, le couple est obligé de chercher refuge ailleurs. La famille atterrit finalement dans une maisonnette à Chemin Rail, Poste-de-Flacq.

Les bagarres entre Simonette et Ricar étaient coutumières, précise une voisine. ?Quand il la frappe, son époux augmente le volume de la télévision. Le lendemain, lorsque nous interpellons Simonette, elle affirme que les lamentations sont celles du diable ! ? Son mutisme lui a valu la mort. Ricar Delphine a comparu en Cour de district de Flacq hier. Il est en détention provisoire jusqu?au 7 août.

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