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Consensus pour une rentrée dans la sérénité

26 juillet 2003, 20:00

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Malgré la crise qui secoue l?Église et l?État depuis novembre dernier sur la question des 50 % des places réservées dans les collèges catholiques, le Bureau de l?éducation catholique et le ministère de l?Éducation jettent les bases pour une rentrée sans problème en janvier prochain.

La rentrée 2004 s?annonce sereine. Cela malgré la crise qui mine les relations entre l?Église et l?État depuis le jugement du 13 novembre dernier. Ce verdict avait qualifié de « discrimination illégale » la pratique des autorités catholiques de réserver des places dans leurs collèges. Le diocèse de Port-Louis a, ensuite, fait appel contre ce jugement auprès du Privy Council. Toutefois, en décembre dernier, le Senior Puisne Judge, Vidya Narayen, et le juge Eddy Balancy ont suspendu le jugement jusqu?à fin du mois de novembre 2003 (stay of execution).

Le Bureau de l?éducation catholique (Bec) et le ministère de l?Éducation ont laissé transparaître vendredi en Cour suprême, leur intention de tout mettre en ?uvre pour que la rentrée 2004 se fasse sans problème. Ces deux instances avaient été appelées pour faire état de la progression des discussions relatives à l?appel devant le Privy Council. Les autorités catholiques ont obtenu que cet appel soit entendu les 15, 16 et 17 décembre.

Vendredi, l?avocat de l?évêché, Me Raymond d?Unienville QC, a informé le juge Eddy Balancy qu?il compte déposer une motion réclamant une extension de l?ordre de stay of execution. Il a évoqué à cet effet la difficulté de mettre au point une nouvelle formule d?admission pour la rentrée 2004. De l?autre côté de la barrière, l?avocat du State Law Office, Me Satyajit Boolell, a indiqué que l?État ne compte pas objecter à une éventuelle motion de l?appelant en ce sens.

Par ailleurs, lors d?une rencontre avec la presse vendredi, l?évêque de Port-Louis, Mgr Maurice Piat, a fait état des consultations entre le ministère de l?Éducation et les différents responsables de l?éducation catholique au sujet de la rentrée 2004.

« Il ressort de ces consultations que tant que le Privy Council n?aura pas rendu son verdict, les admissions dans les collèges catholiques ne pourront se faire que sur le système en vigueur jusqu?en 2003 », a-t-il précisé.

<B>Rencontres tous azimuts</B>

Parallèlement, des rencontres et consultations tous azimuts entre le ministère de l?Éducation, le Bec et les responsables des collèges secondaires privés se poursuivent actuellement pour aplanir les difficultés et accueillir en janvier prochain les quelque 18 000 nouveaux élèves dans les 40 collèges d?État et 103 collèges privés confessionnels et non confessionnels de l?île.

De même, les préparatifs d?admission ont débuté jours-ci, car les procédures dans les collèges en janvier 2004 commencent elles-mêmes dès septembre prochain. Sans vouloir préjuger de la décision de la Cour suprême le 8 septembre au sujet d?une prolongation ou non du stay of execution, le directeur du Bec, Michaël Atchia, a évoqué la nécessité pour ces jeunes élèves d?avoir une admission sans problèmes. « La génération des élèves du CPE de 2003 a tous les droits d?avoir une rentrée au secondaire sans anicroche. » Les examens du CPE auront lieu cette année du 20 au 23 octobre.

Pour leur part, les responsables des collèges privés ne prévoient pas non plus de problèmes pour la rentrée 2004. « Nous avons eu des discussions avec le ministre de l?Éducation et il nous a assuré que, par rapport aux procédures d?admission, nos doléances seront prises en considération cette année », explique le vice-président de la Federation of Managers of Private Secondary Schools (FMPSS), Harold Chan Lam. La FMPSS regroupe les responsables de près d?une centaine de collèges privés confessionnels et non confessionnels.

L?année dernière, les membres de la FMPSS s?étaient plaints que les facilités qu?ils offrent dans leurs collèges ne figuraient pas sur la liste des collèges distribuée aux parents par le ministère de l?Éducation. « Les parents ne pouvaient pas faire un choix en connaissance de cause, car il y a des collèges privés aussi bien cotés que certains collèges d?état, sinon mieux », explique Harold Chan Lam. Selon le vice-président de la FMPSS, le ministère a en outre institué un comité pour examiner comment traiter sur le même pied d?égalité collèges privés et collèges d?État.

Une certaine réserve

Par ailleurs, la crainte des directeurs des collèges privés de se voir avec moins d?élèves à la suite de la construction de nouveaux collèges par l?État s?est atténuée. « D?une part, le gouvernement a accepté le principe d?une compensation en cas de fermeture à cause de la réforme et d?autre part, notre fédération a accepté le principe de la fermeture de collèges sub-standard », explique encore Harold Chan Lam.

Au ministère de l?Éducation, on affiche toutefois une certaine réserve. « Il est trop tôt pour commenter l?admission 2004. Les préparatifs ont à peine débuté », explique le ministre Steven Obeegadoo. Il ne prévoit pas cependant de grands changements par rapport à l?année dernière. « Le calendrier des procédures d?admission n?a pas encore été finalisé », a-t-il encore laissé entendre.

Si les critères d?admission dans les collèges d?État et les collèges privés non confessionnels demeurent les mêmes, rien n?est moins sûrs pour ceux des collèges confessionnels. Le directeur du Bec, Michael Atchia, s?est refusé cependant à donner une réponse catégorique. « Cette affaire est entre les mains de la justice. » Cependant, tout porte à croire que ce sont les mêmes critères d?admission que l?année dernière qui seront utilisés cette année.

<b>Les modalités d?admission dans les collèges en Form I</b>

Chaque année environ 29 000 élèvent participent aux examens du CPE. Sur les 19 000 élèves qui réussissent, 18 000 environ vont chercher à se faire inscrire dans les 143 institutions secondaires du pays. Les autres redoublent ou quittent l?école pour diverses raisons.

Les autorités catholiques offrent un total de 1 500 places dans leurs collèges et le gouvernement en offre environ 5 000. Les autres collèges privés confessionnels et non confessionnels offrent, quant à eux, 11 500 places.

- Septembre (1e quinzaine) : l?inscription est obligatoire pour tous les élèves qui ont passé le CPE pour obtenir des places dans les établissements suivants :

- les collèges d?État

- les établissements MEDCO

- la moitié des places dans les collèges catholiques, ainsi que dans les collèges confessionnels non catholiques et dans un certain nombre de collèges privés.

Les critères d?admission sont :

- L?aggregate obtenu au CPE

- La situation régionale, à savoir :

(i) Zone 1 Port-Louis-le Nord

(ii) Zone 2 Beau-Bassin-Rose-Hill et l?Est

(iii) Zone 3 Curepipe et le Sud

(iv) Zone 4 Vacoas-Phoenix, Quatre-Bornes et l?Ouest.

- Octobre : Examens du CPE

- Novembre : le Bec rencontre les parents pour des explications « personnelles, directes et verbales » sur l?admission dans les collèges catholiques.

- Décembre : résultats du CPE, admission dans les collèges privés reconnus par la PSSA (selon leurs propres critères), et enregistrement pour les 750 places disponibles au Bec.

L?année dernière, les critères suivants ont été appliqués par le Bec :

1. L?enfant est admis dans un collège qui dessert la zone où il habite. Il doit avoir un aggregate de 20 à 25.

2. Les enfants du personnel des institutions scolaires catholiques sont admis avec un aggregate de 20 à 25.

3. Six places sont réservées pour l?admission des hardship cases.

- Mi-décembre : les enfants admis en Form I (par le ministère, le Bec et les collèges privés) se rendent dans leurs collèges respectifs.
  • Début janvier : rentrée des collèges.

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