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« L?affaire MCB aurait pu être moins spectaculaire »

26 juillet 2003, 20:00

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Depuis l?affaire MCB-NPF, le secteur bancaire connaît une crise de confiance. Comment redorer son image ?

Presque toutes les banques à Maurice sont très rigoureuses. Elles savent qu?il est important de contrôler ce qu?elles font, aussi bien par rapport aux clients qu?aux personnes qu?elles emploient. Je trouve dommage que tout cela ait pris cette ampleur avec des accusations et ces affaires en cour. La MCB et la Banque de Maurice (BM) savent exactement ce qu?il faut faire pour que cela ne se reproduise plus. On aurait dû voir comment régler ce problème rapidement et de façon plus discrète.

Êtes-vous satisfait de la manière dont la crise a été gérée par la MCB et par la BM ?

Je n?ai pas envie de polémiquer dessus. C?est une affaire qui aurait pu être réglée d?une façon moins spectaculaire. Les banques auraient dû travailler ensemble pour trouver une solution. Cela ne doit pas être difficile, je le regrette.

Le départ en congé du Top Management de la MCB est-il une bonne chose selon vous ?

C?est un bon signal. Cela permet aux gens qui sont un peu dans la ligne de mire de s?écarter du quotidien de la banque vis-à-vis des clients et du staff. C?est mieux qu?ils aient clarifié la situation.

Croyez-vous que l?Independant Commission against Corruption (Icac) fait un peu d?excès de zèle ?

On est tombé au moment où l?Icac est en phase de démarrage. C?est une occasion pour elle de montrer qu?elle a l?intention de faire les choses sérieusement. L?Icac a besoin de se roder, de recruter des gens compétents. Par ailleurs, il y a aussi des avocats qui n?ont pas mesuré les conséquences ultérieures de leurs actions légales. Tout le monde tâtonne un peu en fait parce que toute cette situation est exceptionnelle.

Le gouverneur de la BM convoqué par l?Icac pour s?expliquer sur la gestion de l?affaire. Cela vous inspire quel commentaire ?

Cela me semble tout à fait normal. Mais tout est dans la façon de faire. Je suis convoqué parfois par le gouverneur ou le ministre. Cela ne me gêne pas ; on discute et je reviens avec un sourire en disant que c?était très intéressant. Le problème, c?est comment on réagit. Il y a des gens qui ne supportent pas l?idée d?être convoqués et qui vont en faire toute une histoire. Si je suis impliqué dans une affaire, je préfère qu?on me convoque parce que j?ai une chance de m?expliquer. Mais j?ai bien aimé les commentaires du gouverneur après sa convocation. Il a minimisé la gravité.

Quelle image renvoie Maurice à la communauté internationale avec ces affaires ?

Cela donne probablement une impression qu?on ne sait pas très bien comment régler le problème. Mais je ne pense pas que cela détruit l?image de la qualité et de la solidité financière des banques à Maurice. Dans certains pays où il y a eu des catastrophes énormes, la Barclays s?est dit « on ferme ». Mais à Maurice, on continue. C?est un élément rassurant de voir que la Barclays ou la HongKong Bank continuent. Tout cela semble managable.

Quels enseignements tirez-vous de cette crise ?

Dès qu?on a vu cette affaire arriver, nous avons fait un tour complet de la banque pour voir si cela pourrait se produire à la Barclays. On a cherché les points faibles où nous pourrions avoir des problèmes. Cela nous a aussi permis de mesurer à quel point on a de la chance de faire partie d?un groupe international qui a une capacité de résistance encore plus grande face à ce type de crise.

La Barclays a-t-elle profité des déboires de la MCB ? En lui raflant des clients par exemple ?

Peut-être un peu. Cette affaire a aidé certains clients qui étaient en pourparlers avec nous à se décider. Certaines entrées en relation ont été accélérées. Mais cela n?a pas non plus été un raz-de-marée.

Vous nourrissiez l?ambition de talonner la MCB et la State Bank en absorbant la Banque nationale de Paris intercontinentale (BNPI) il y a près d?un an. Cet objectif a-t-il été atteint ?

On a fait une bonne partie du chemin. On est aujourd?hui autour de 13 % de parts de marché. L?objectif n?est pas de talonner une banque plus qu?une autre, mais d?avoir une part plus importante pour que le marché soit plus équilibré. Il y a eu un effet momentum depuis l?absorption de la BNPI. Quand on l?a rachetée, cela a été un pas assez important aux yeux du public et des employés parce que c?était la preuve qu?on développer nos activités à Maurice. Cela a convaincu certains clients qui voulaient venir vers nous. Notre objectif est fixé à 20 % de parts de marchés. Si on continue sur notre lancée, je pense qu?on aura doublé nos résultats financiers à la fin de l?année.

Comment attirer de nouveaux clients dans ce climat de morosité ambiante ?

Il y a quelques années, on considérait que les petits clients nombreux n?étaient pas intéressants. Les petites entreprises non plus. Mais on s?est aperçu que si on offrait des produits spéciaux et si on s?occupait d?eux avec une méthode différente, ça pouvait être rentable pour nous et en même temps les aider.

L?image grand public ne fait-elle pas justement défaut à la Barclays ?

Probablement. Mais il y a un équilibre à trouver, car quand on est grand public, il y a aussi une structure assez lourde et une qualité de service assez difficile à maintenir. Avec quinze succursales dans l?île, nous ne pouvons pas concurrencer une autre banque qui en a une quarantaine. On s?assure de maintenir un bon service avant d?élargir.

La perception du banquier froid et distant qui en veut avant tout à notre argent perdure. Comment comptez-vous améliorer l?image de la banque ?

Le sort du client et du banquier doit être lié. Ce n?est pas le client qui va se faire exploiter par le banquier ou le banquier qui se fera tromper par le client. Cette image change. On parle beaucoup plus de partenaires aujourd?hui. Je vous aide à développer vos affaires, à financer vos investissements et moi je gagne de l?argent avec vous. Alors qu?autrefois, le banquier restait plutôt sur un piédestal dans son beau costume. On va beaucoup plus vers l?idée d?association entre la banque et son client.

La Barclays s?est beaucoup intéressée au secteur offshore notamment lors du sommet de l?Agoa à Maurice en janvier dernier. Où en êtes-vous dans ce secteur d?activité ?

On est déçu car il n?y a pas eu d?affaires concrétisées. Cela reflète l?ensemble du problème : on ne construit pas du jour au lendemain une cinquantaine de filatures en Afrique ou à Maurice. Mais nous demeurons disponibles. C?est du cas par cas, nous aidons les Mauriciens qui veulent investir dans le textile au Ghana par exemple. Il n?y a pas eu de gros projets qui ont suivi l?Agoa. On ne peut pas dire qu?il y a des conséquences très concrètes.

Comment entrevoyez-vous l?avenir du secteur bancaire à Maurice ?

À chaque fois qu?une banque arrive avec un produit original, au bout de six mois, les autres vont le copier. Il y a donc une nécessité de proposer tout le temps des nouveaux produits. Il va y avoir aussi une plus grande automatisation de tout ce qui est répétitif pour libérer les gens de toutes les tâches administratives. Cela permettra de privilégier les relations avec les clients. Le telephone banking, l?Internet banking ont aussi un avenir certain.

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