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ange exterminateur de la division
«Exterminer la négativité.» Mots pour maux, c?est la «mission» de Blakkayo. Armé d?une époustouflante virtuosité vocale, le toaster de Otentik Street Brothers (OSB) sort à nouveau en solo. Trois ans après l?album Tchek To Life, celui qui «coz en mélodie» livre toujours bataille contre «bann profiters et bann dominers.» S?appuyant sur les remparts de la maison de disques Melimelo, il nous présente Xterminator, le deuxième album à son nom. Ce CD, enregistré au studio Scorpio, sera disponible sur le marché début août à Rs 200.
Concept rastafarien repris par les voix du ragga mauricien, la négativité stigmatise les maux de la société : drogue, prostitution, inégalités sociales. Quand on a, comme Blakkayo, pour source d?inspiration le coaltar, quoi de plus naturel que de calmer sa colère musicale en chanson. Sur Xterminator, l?auteur-compositeur-interprète de Bois d?Oiseau, nous livre treize morceaux illustrant ses constantes préoccupations.
La chanson-titre a des allures de chant guerrier. Blakkayo, métamorphosé en ange exterminateur, y dit son refus d?être privé de liberté. Au propre comme au figuré. Jusqu?à prendre le risque de déclarer : «Je suis en faveur de la dépénalisation du gandia et je suis contre les drogues dures.» Position équivoque que l?artiste-militant prône en usant de sa voix comme d?un instrument, au milieu des effets électroniques ménagés par Georges Corette, l?arrangeur musical d?Xterminator.
Ma cible, c?est la mentalité des gens
Au fil de l?album, l?oreille est accrochée par des cuivres qui ont la pêche, des steel drums qui fleurent bon les Caraïbes et des guitares électriques persuasives. Blakkayo a enveloppé ses messages dans un ragga dansant, allégrement mélangé à une touche de biguine.
Cette tendance s?entend surtout sur Foss Destination, l?un des morceaux les plus entraînants de l?album, qui ne lésine pas sur une partition pour trompette des plus jubilatoire. Soutenu par le plan rythmique de Georges Corette, qui en sus des arrangements, assure également la batterie et les bruitages, Xterminator bénéficie, entre autres, du doigté de Gino Chantoiseau à la basse et de Patrick Antoine au clavier. La choriste attitrée de OSB, Marie-Michèle Perrine est aussi de la partie. «Ma cible, c?est la mentalité des gens.» Pour taper dans le mille, Blakkayo s?est entouré d?une série d?invités. A commencer par Tian Corentin, qui fait du featuring sur le morceau d?ouverture de l?album : Monn Refuz Sa.
Compagnon de route de longue date, Tian Corentin fait des apparitions ponctuelles dans l?univers de Blakkayo depuis Expresyon Libéré, l?un des premiers albums de OSB, sorti au début des années 90. «A l?époque, nous avions repris Eloigné, l?une de ses chansons. Il était à nouveau au rendez-vous en 2000 sur Tchek to Life et la chanson Nou Lil. Au début de l?année, j?ai collaboré à la nouvelle version de Perdition que Tian a enregistré pour son Best Of. Notre combat se ressemble.»
Même quand Blakkayo sort en solo, l?équipe de OSB n?est jamais bien loin. Cela fait neuf ans que Blakkayo, de son vrai nom Jean-Clario Gateaux, 24 ans, a intégré cette formation.
D?abord comme membre ardent du fan club. Pour se retrouver, au fil des sound system, à tenir le micro, aux côtés de Bruno Raya. Le mentor, le collègue, l?ami : Master Kool B. Relation à ce point fusionnée que dans Bati Sur le Rock, le toaster affirme sans détour, «Pas de Blakka sans Kool B, Pas de Kool B sans Blakka.» C?est sa manière à lui de répondre aux rumeurs de séparation du groupe qui fêtera ses onze ans d?existence le 30 août. A la grâce de Jah.
A.G.
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