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Le CSO révise la croissance à la baisse
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Le CSO révise la croissance à la baisse
Après la Mauritius Commercial Bank (MCB) en début de semaine, c?est au tour du Central Statistics Office (CSO) de réviser, lui aussi, à la baisse ses prévisions concernant la croissance économique cette année. Un constat qui préoccupe le secteur privé.
Le National Accounts Estimates, publié hier par le CSO, prévoit ainsi un taux de croissance de 4,8 %, au lieu du taux de 5,8 % annoncé en mars 2003. Mardi, la MCB avait estimé la croissance à 4,7 %.
Le bureau central des statistiques justifie sa révision par la baisse attendue de la production sucrière et par la contraction de la zone franche manufacturière. La production sucrière devrait en effet tourner autour de 570 000 tonnes, au lieu des 600 000 tonnes estimées en mars. Les conditions climatiques défavorables ainsi que les passages des cyclones Gerry et Manou en sont la cause.
Du côté de la zone franche, le CSO tablait en mars sur une croissance de 3 %. Il comptait sur les bénéfices de l?AGOA II et sur une reprise des activités textiles à Madagascar. Mais aucune de ces tendances ne s?est concrétisée. ?Malheureusement, les derniers chiffres disponibles concernant les exportations de la zone franche n?indiquent pas d?améliorations. Et cette tendance ne devrait pas être renversée de sitôt?, commente le CSO.
Les exportations de ce secteur devraient atteindre Rs 34 milliards cette année. Or, on s?attendait en mars à des exportations de Rs 35,5 milliards. Ainsi, tout comme la MCB, le CSO s?attend à une contraction de 2 % de la valeur ajoutée de la zone franche.
Par ailleurs, le CSO a réactualisé ses chiffres concernant l?année 2002. La performance économique du pays a été encore pire que prévu. La croissance du produit intérieur brut n?a été seulement que de 2,3 %, au lieu de 2,5 % comme annoncé précédemment. Cette correction est principalement due à une révision à la baisse de la croissance du secteur du transport et de la communication, laquelle passe de 8,3 % à 7,4 %.
Conséquemment, la révision à la baisse des prévisions de la croissance économique par la MCB et le CSO inquiète le secteur privé. ?Il y a de quoi être préoccupé. Après n?avoir fait que 2,3 % en 2002, nous ne ferons que 4,7 % de croissance cette année. Si ce chiffre n?est pas de nouveau révisé à la baisse... Même en excluant le secteur sucre, nous constatons que la croissance économique est en baisse depuis ces dernières années?, lance un responsable du secteur privé.
Pour les économistes, ces dernières prévisions démontrent clairement que l?économie souffre d?un problème structurel. Si le sucre est sujet aux aléas climatiques, les autres piliers ? tels que la zone franche, le tourisme et les services financiers ? s?essoufflent.
La zone franche subira cette année sa deuxième contraction en près de vingt ans (- 4 % l?an dernier et - 2 % cette année). C?est inquiétant. Au niveau du tourisme, les recettes sont en baisse malgré l?appréciation de l?euro. Selon la Banque de Maurice, les recettes ont diminué de 7 % entre juillet 2002 et mai 2003 comparativement à la même période en 2001 et 2002.
Le secteur des services financiers préoccupe aussi. Le Financial Intermediation n?a en effet enregistré qu?une croissance de 2 % en 2002, contre 11 % en 2001. Ces 2 % ne sont en fait attribuables qu?à l?assurance, qui a progressé de 8 %. Les autres services financiers, notamment les banques, n?ont pour leur part enregistré aucune croissance.
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