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Cinq membres d?une famille tués sur une route à Verdun
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Cinq membres d?une famille tués sur une route à Verdun
La route a une nouvelle fois tué hier. Le bilan est très lourd : cinq membres de la famille Badulla, dont un garçonnet de deux ans, ont péri dans un accident survenu à Verdun, alors qu?ils se dirigeaient vers Quartier-Militaire. Ils ont été inhumés hier soir.
La voiture dans laquelle ils voya-geaient, une Honda de petite cylindrée, a été violemment percutée par une Ford 2X4 venant en sens inverse. Le chauffeur de la Ford, qui était seul, en est sorti indemne, malgré de légères blessures.
Il est environ 14 h30. La voiture dans laquelle se trouvent Idriss Badulla (58 ans), son épouse Bibi Aïcha (57 ans), ses deux filles Amirah (17 ans) et Naizirah (24 ans) et son petit-fils Naim (2 ans) traverse le village de Verdun. Les Badulla, qui habitent Port-Louis, vont vers Quartier-Militaire.
Arrivée à la hauteur de la jonction de Bar le Duc Branch Road, située entre Verdun et Alma, la Ford, roulant vers St-Pierre, double une autre voiture. C?est à ce moment que la collision frontale a lieu. Le véhicule, conduit par Idriss Badulla, est complètement écrabouillé.
?J?ai vu le 2X4 venant en notre direction à vive allure. Le véhicule a frôlé une mini se trouvant devant notre 4X4. J?ai bifurqué brusquement à gauche afin de l?éviter. Une fraction de seconde après, j?ai entendu un bruit assourdissant. A travers mon rétroviseur, j?ai aperçu une fumée noire émanant de la voiture des Badulla?, raconte Vishal P., témoin oculaire de l?accident.
Sans perdre de temps, Vishal fait marche arrière pour se rendre sur le lieu de l?impact. La scène est macabre. La Honda Civic a la partie avant complètement défoncée. Quant aux occupants, ils sont dans un état très grave.
Néanmoins, après avoir tâté le pouls de chacun, il se rend compte que trois d?entre eux sont toujours en vie. Aidé de son père, Vishnu, il les transfère dans son 4X4. Direction : l?hôpital Victoria, à Candos. ?J?ai fait de mon mieux. J?ai même brûlé les feux pour se rendre aussi vite que possible à l?hôpital?, fait-il ressortir.
V. D., chauffeur de la mini, qui l?a échappé belle, vient au secours. Il prend à bord l?unique occupant de la 2X4, une Ford, pour l?emmener aux urgences. ?Son visage était recouvert de sang?, souligne-t-il. A Candos, V. D. aide à établir l?identité des victimes.
L?accident s?est produit dans une zone non résidentielle. La route principale est bordée des deux côtés de champs de cannes. Raison pour laquelle il y a peu de témoins du drame.
Les Badulla, qui sont dans le commerce, sont très connus dans la capitale. Certains d?entre eux sont importateurs de voitures retapées. Idriss, l?une des victimes, est issu d?une famille nombreuse. Quatrième enfant d?une famille qui compte neuf garçons, il habitait rue d?Entrecasteaux, à Port-Louis et travaillait au ministère de l?Environnement.
Deux mariages en préparation
Ce drame frappe les Badulla alors que ceux-ci s?apprêtaient à célébrer deux mariages : celui de la nièce de l?époux de Naizirah, prévu pour le 10 août, et celui du neveu d?Idriss, fixé au 17 août. Jusqu?à hier, chacun s?affairait aux préparatifs.
Naizirah, la fille aînée d?Idriss et d'Aicha, vit à la Réunion depuis son mariage et elle était justement à Maurice, accompagnée de son fils de deux ans, pour participer à l?événement. Ameerah, la s?ur cadette, qui poursuit aussi ses études à la Réunion, est rentrée elle aussi pour être de la fête. Les deux s?urs sont arrivées ensemble il y a trois semaines. Mais hier après-midi, à Verdun, elles avaient rendez-vous avec la mort.
L?atmosphère est lourde chez Monaf, l?un des frères d?Idriss. C?est chez lui, rue Raoul Rivet, que proches et amis ont convergé hier soir pour présenter leurs sympathies. La gorge nouée par le chagrin, les membres de la famille arrivent difficilement à s?exprimer.
Assises en petits groupes, les femmes essaient de retenir leurs larmes. L?un des oncles des victimes raconte avoir appris la nouvelle alors qu?il distribuait des cartes d?invitation à des parents de Plaine-Magnien. ?Mo ti pé remette ène carte à ène famille quand mo gagne ène coup de téléphone dire moi revinne Port-Louis. Ler mo arrivé ki mo fine comprend tout?, confie Mahmood Badulla, complètement abattu. Idriss et Bibi Aïsha Badulla laissent derrière eux leur fils aîné, Rukhman, étudiant en informatique en France.
A 17 heures, les proches sont massés à proximité du bloc des urgences, à Candos. L?atmosphère est lourde, emplie d?émotion. Ceux au courant du sort des victimes informent les nouveaux arrivés. Ils sont dans l?attente. A la morgue, les médecins légistes ? Satish Boolell, Max Monvoisin et P. Chummun ? effectuent les autopsies. Les témoignages de sympathie affluent.
Les Badulla, en début de soirée, s?étaient groupés près de la morgue. Les policiers, sous les ordres de l?assistant commissaire de police, Rajnarain Budree, confirment l?identité des victimes. A l?extérieur, Imtiaz Badulla, le neveu du défunt, tente de se mettre en contact avec le fils et le beau-fils d?Idriss. Mais en vain. Les autres frères et proches se préparent pour l?enterrement.
Tout est fin prêt. Les vêtements et autres couvertures sont là. L?on attend plus que le feu vert pour préparer les corps. Entre-temps, une unité de la Special Supporting Unit se gare à proximité de la morgue.
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