Publicité

Cité Saint-Luc suffoque

19 juillet 2003, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Les résidents de Cité St-Luc, à Camp-Bombaye, Forest-Side, ne savent plus à quel saint se vouer. Depuis des lustres, ils font les frais de Ferney Spinning Mills Ltd, qui se trouve juste à côté. Comme à Valentina et à Petit-Camp, à Phoenix, usines et zones résidentielles ne vont pas de pair.

« Fatigué faire démarche », lance Devi Pydayah, du seuil de sa porte entrouverte. Comme elle, les autres résidents sont désabusés, résignés, incapables de croire en une amélioration de leur sort. Ils ont tenu maintes réunions, alerté les autorités et même coopéré avec les responsables de l?usine. En vain.

<B>« Nu la vie ène l?enfer »</B>

« Guette sa ! », lance Devi Pydayah en montrant les balustres blancs qui ornent son porche. Des taches cuivrées s?y sont incrustées. « Pas konné ki la poussière zotte boiler largué ! Linge fek lavé vinne kouma chiffon sale ! » ajoute cette ménagère. Elle dit regretter d?avoir fait l?acquisition d?une maison là. « Nu la vie ène l?enfer ». Une autre ménagère, Monique Amélia, explique que les femmes du village vaquent difficilement à leur ménage dans de telles conditions. « Quand zotte largue sa la poussière-là ou bizin rentré, ferme la porte ek la fenêtre. »

Pour sa part, Harel Célestin, travailleur social habitant l?endroit, montre son antenne de télévision. « L?émanation sulfurique de la chaudière de l?usine rouille tout, même le tuyau supportant l?antenne. » Les antivols, les poutres en fer, tout y passe. « Mo banne fleurs vine noire. Zot dire ou faire petite entreprise, mais guette la perte ki mo faire », se lamente-t-il.

Malheureusement, cette pollution n?affecte pas que les choses. Harel Célestin cite le cas de cet habitant de l?endroit qui a récemment passé 15 jours à l?hôpital de Poudre- d?Or, souffrant de problèmes respiratoires. Contacté, celui-ci refuse de témoigner, craignant d?éventuelles représailles.

Au ministère de l?Environnement, un préposé, Raj Kallee, concède qu?il y a un véritable problème environnemental. « Nous suivons la situation de très près. » Il affirme cependant qu?à la suite de rencontres avec la direction de l?usine, des mesures ont été arrêtées pour assainir la situation. « Des bambous ont été plantés pour créer une zone tampon et un muret construit pour contenir les effluents. »

Publicité