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La persévérance est la clé de son succès

14 juillet 2003, 20:00

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En se distinguant comme le champion de Maurice, le 29 juin dernier, Pascal Lapérotine a prouvé qu?il était le meilleur au 100m nage libre pour handicapés physiques. Arrêtant le chrono à 1?40?95, Pascal Lapérotine s?est ainsi assuré d?une place au sein de la sélection nationale de natation.

?À mes débuts dans la natation, il y a quatre mois, une place en sélection était inimaginable?, confie cet habitant de la cité Mangalkhan à Floréal. Inimaginable parce qu?à l?époque, le jeune homme de 18 ans ne savait même pas nager. ?Quoique je l?aie toujours désiré, je n?avais jamais eu l?occasion auparavant d?apprendre?, raconte-t-il.

Pourtant, ce jeune homme qui suit actuellement une formation en menuiserie connaissait déjà le tennis, l?athlétisme, le football, le basket-ball ou encore la pétanque. ?Depuis petit, je suis un fervent du sport. Avant mon accident qui est survenu alors que j?en étais à ma deuxième année du cycle primaire, j?étais très actif?, confie-t-il en se souvenant de cette triste journée où en sortant de l?école, il fut heurté par une voiture.

?Il ne me restait qu?un pas à faire pour atteindre le trottoir quand j?ai entendu : Attention! Mon pied droit était déjà sur le trottoir et la voiture a heurté celui de gauche. Mon tibia fracturé avait transpercé ma chair. C?est là que le calvaire a commencé?, raconte-t-il. Pascal est resté à l?hôpital pendant cinq ans sans en sortir. ?J?y ai subi plusieurs opérations et également des greffes. J?en suis sorti alors que j?étais âgé d?environ douze ans. Les plaies étaient sèches mais je boitais. Et comme je n?avais pas eu de vie sociale je me conduisais toujours comme un enfant de huit ans?, se rappelle-t-il. Pour l?aider à grandir, son père, Emmanuel, l?inscrit avec difficulté à l?école. Et là, il recommence sa vie là où elle s?était arrêtée : ?J?ai refait la seconde. Comme j?avais échoué en CPE, ma s?ur Linda m?a inscrit à l?école préprofessionnelle de Saint-Aubin où j?ai commencé une formation en menuiserie.? ?Quoique dans mes rêves, je ne me visse pas menuisier mais mécanicien, j?étais heureux?, relate-t-il.

En effet, sur l?avis de son père, Pascal avait renoncé à une formation en mécanique et du coup d?avoir un jour son propre garage. ?Avec mon handicap, je ne pouvais soulever des trucs lourds. Dans le métier de mécanicien, soulever des moteurs, c?est chose courante?, déclare-t-il. ?Quoi qu?il en soit, à l?école préprofessionnelle, ma vie commençait à avoir un sens. J?avais des amis et je pouvais pratiquer à nouveau du sport. Pendant la récré, je m?adonnais au foot?, poursuit-il.

Un double handicap

Et là, un nouvel accident allait le conduire à une autre hospitalisation : ?J?avais chuté. Et pendant la chute, un os de ma hanche droite s?était déplacé. Une nouvelle opération allait me contraindre de garder le lit pendant cinq mois.?

Le garçon souffre désormais d?un double handicap. ?À une certaine époque, j?ai été très déprimé. Je n?arrivais pas à m?accepter comme je suis. Les remarques des autres m?accablaient. J?étais même arrivé au point de chercher à l?insu de mes parents, un médecin qui aurait pu m?opérer et me débarrasser de mon handicap?, raconte-t-il. Comme ses recherches se sont révélées vaines, Pascal a dû faire face à la réalité : ?J?avais une chance sur cent de remarche sans boîter.?

Il a donc tourné la page et a appris à avoir confiance en lui. ?Ma grande passion pour le sport allait m?aider à m?affirmer. Je me débarrassais de tous complexes à travers le tennis, l?athlétisme ou autres?, raconte-t-il.

Aujourd?hui, grâce à sa persévérance, il se retrouve dans la sélection nationale de natation. Mais même après avoir survécu à tant de périples, cette prochaine bataille aux Jeux des îles lui donne un peu les jetons. ?C?est un rendez-vous d?envergure où j?aurais la possibilité d?inscrire mon nom dans l?histoire du sport mauricien en devenant l?un des premiers médaillés handisportifs de l?histoire des Jeux. Et ce défi, je pense le gagner pour ma mère Maude, décédée en 2001?, dit-il avec détermination.

Et pour arriver à surmonter son stress, le nageur compte sur le public mauricien. ?Si je suis arrivé à me jeter à l?eau pour les Championnats nationaux, c?est grâce aux encouragements du public et des autres nageurs et... au bon ragga qui se faisait entendre à travers les hauts parleurs?, avoue ce grand amoureux de la black music.

<B>Stage à la Réunion du 11 au 17 août</B>

Dix handisportifs retenus

Dix nageurs et athlètes de la Physically Handicapped Persons Sports Federation (PHYSFED) feront un déplacement à la Réunion, du 11 au 17 août. Ils y suivront un stage sous la houlette du Réunionnais Claude Tirrel et seront en compétition le 16 août. Les trois nageurs sélectionnés pour le déplacement sont Pascal Lapérotine, José Lolotte et Sachin Radam, tandis qu?en athlétisme, seuls les noms de ceux en masculin sont connus. En effet, ce sont Jason François, Jean-François Favory, Bruno Samoisy et Jean-Marie Maleppa qui feront le déplacement. Les noms des trois filles seront connus la semaine prochaine. Les handisportifs seront accompagnés par les entraîneurs Michaël Lim Kee et Ajay Gukhool. Le chef de délégation sera Hewlett Nelson.

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