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Premier round démocratique en Irak

14 juillet 2003, 20:00

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Le nouveau conseil se donne comme priorité le rétablissement de la sécurité, la relance de l?économie, la mise au point de la Constitution et la préparation d?élections générales.

La première action du Conseil de gouvernement irakien, mis en place trois mois après la fin de la guerre par l?administration américaine, a été de proclamer le 9 avril, date de la chute de Saddam, comme fête nationale.

Une décision à la fois symbolique et consensuelle, pour cette première ébauche d?un véritable pouvoir civil irakien représentatif. ?Il est des moments fondateurs dans l?histoire et pour l?Irak, ce jour en est indiscutablement un?, a affirmé lors de la séance inaugurale Sergio Viera de Mello, le représentant spécial de l?ONU, qui a joué un rôle important de médiateur entre les forces irakiennes et l?administrateur américain Paul Bremer, au début très réticent à doter cette structure de réels pouvoirs.

Ce conseil de 25 membres, dont 3 femmes, pourra finalement fonctionner presque comme un gouvernement. ?Il aura immédiatement un réel pouvoir politique, nommera les ministres intérimaires et travaillera avec la coalition à l?établissement d?une stratégie politique et d?un budget?, a souligné dans une tribune, publiée par le New York Times, Paul Bremer qui disposera néanmoins du droit de veto sur les décisions prises.

?Etape positive?

Salué par de nombreux pays, dont la France, comme ?une première étape positive vers le rétablissement de la pleine souveraineté de l?Irak?, ce conseil intègre les principales personnalités politiques du pays et reflète peu ou prou la mosaïque ethnique et religieuse irakienne.

Majoritaires dans le pays ? 60 % de la population ? les chiites sont représentés par 13 membres, certains revenus de l?exil comme Ahmed Chalabi, banquier protégé des Américains, ou Abedl Aziz Hakim, de l?Assemblée suprême de la révolution islamique en Irak, longtemps réfugié en Iran.

Mais d?autres figures représentent la résistance intérieure comme Abou Hatem, chef tribal des Arabes des marais.

Les Kurdes ont 5 représentants, dont leurs deux grands leaders politiques, Massoud Barzani et Jalal Talabani. Quatre membres du conseil, dont l?ancien ministre des Affaires étrangères, Adnan Pacaci, représentent les Arabes sunnites. Les chrétiens et les Turcomans disposent chacun d?un délégué.

En réunissant les anti-Saddam Hussein, la coalition espère ainsi isoler les partisans de l?ancien dictateur, responsables, selon elle, de la plupart des attaques contre les forces américano-britanniques. Paul Bremer a aussi mis en garde contre le risque de nouvelles violences : ?La conjonction d?infrastructures en ruine et d?actes de sabotage pourrait se traduire par un été difficile.? Il s?y inquiète également d?une ?hausse des actes terroristes commis par des non-Irakiens?.

Marc SEMO <B>Sondage</B>

Un Bush moins populaire

  • La façon dont le président Bush gère la situation en Irak n?est plus approuvée que par 53 % des Américains. Une appréciation en chute de plus de vingt points par rapport au mois d?avril (74 % d?opinions favorables). Selon ce sondage publié dans l?hebdomadaire Newsweek, 45 % se déclarent favorables à un retrait des forces américaines d?Irak contre 40 % pour un renforcement de leur présence. A son plus haut, le soutien à la politique de Washington en Irak avait recueilli près de 75 % d?opinions favorables en avril, quand les forces américaines prenaient Bagdad. Ils sont 38 % à penser que l?administration américaine a manipulé l?opinion sur la menace des armes irakiennes. Seuls 15 % des sondés se déclarent confiants dans la capacité des Etats-Unis à établir un gouvernement démocratique stable. Un sondage de Washington Post-ABC, confirme cette baisse de l?indice de popularité de Bush, avec pour la première fois depuis janvier, un chiffre inférieur à 60 % (59 %) pour ceux qui approuvent sa politique quand 38 % la désapprouvent.

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