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Peines de mort pour l?exemple au Maroc

14 juillet 2003, 20:00

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Pas moins de dix condamnations à mort, huit réclusions à perpétuité, une volée d?enfermements pour quinze ans, les juges marocains ont lourdement sanctionné, à l?issue du procès d?une trentaine de jeunes islamistes membres du ?Droit Chemin?, l?un des tout premiers groupes fondamentalistes de Casablanca a être passé à la violence.

Un verdict pour l?exemple, sur lequel pèse le profond traumatisme des attentats-suicides du 16 mai. Le fracas des bombes laisse un Maroc abasourdi qui découvre avec stupeur comment une partie de sa jeunesse a bel et bien basculé dans le radicalisme le plus extrême. Malgré les mises en garde des services de sécurité au printemps, la plupart des Marocains se refusaient à croire leur pays malade.

Les 31 militants islamistes n?avaient pas de lien direct avec les récents attentats de Casablanca puisqu?ils couchaient derrière les barreaux depuis plusieurs mois, arrêtés pour une série de meurtres commis au nom de Dieu. Mais tous étaient issus des faubourgs déshérités. Une petite bande, dirigée par Zacaria Miloudi, qui regroupe de jeunes voyous du bidonville de Sidi Moumen récemment revenus à la religion. Le Droit Chemin bascule dans la violence en 1998, lapidant publiquement un alcoolique du quartier dénoncé comme ?impie?. En juin 1999, un autre groupe, dirigé par Bouchaïb Rquiba, se signale par des agressions dans les faubourgs de Youssoufia, expéditions punitives accompagnées de vols. Parmi cette bande, Youssef Fikri, qui vient d?être condamné à mort.

Cet ?émir? débute dans le crime en assassinant son oncle en octobre 1998, ?un débauché? qui aurait trompé sa tante, expliquera-t-il. Vols et agressions lui permettent de se constituer un trésor de guerre. En 1999, à Nador, il découpe en morceaux le corps d?un candidat à l?émigration. Son palmarès criminel lui permet de rapidement s?imposer à la tête du Droit Chemin.

Didier FRANCOIS

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